CONDITION DE LA SOCIÉTÉ PARFAITE
Yhumanitarismr au nalîonali^me. Mais les faits donnent un cruel démenti à leur optimisme.
Le spectacle offert, de notre temps, au philosophe, est celui du plus grand effort qui se soit jamais vu peut-être pour armer les p(nq)les et exercer les nations rivales à la lutte pour l'existence. Le monde, d(^puis un demi-siècle, opère à grands pas un retour à la barbarie, et les penseurs siMnblent n'y point faire attention. Il règne un étrange contraste entre les signes précurseurs des catastrophes et la confiance qu'ils sont [)arvenus à donner au public en un avenir inévitablement meilleur que le passé.
L'idt'al de la i)erfection himiaine et sociale, irréalisable avec le caractère humain actuelK^ment donné, dont la transformation radicale, qui serait nécessaire, ne peut raisonnablement être espérée quand on consulte l'expérience et l'histoire entière de l'homme à travers les siècles, cet idéal, inspirateur du socialisme doctrinal optimiste, doit, selon nous, S(^ déplacer et passer hardiment à l'hypothèse transnaturaliste de la perfection initiale du monde et de la soci(Hé des êtres au sein d'une nature aujourd'hui en ruines, et qui doit se reconstituer ai)rès que la loi des phénomènes astronomiques aura conduit notre système à son terme. La nature primitive ayant été corrompue, comme s'expriment les théologiens, par la chute de l'homme, l'introduction du mal dans la société humaine parfaite est notre
premier problème.
La société est une sohdarité. Les relations de la vie et les affections entre des égaux s'altèrent nécessairement par la division entre les particuliers des travaux ou fonctions dont les objets sont pour eux d'utilité commune et, par conséquent, mettent certaines fins de l'un dans la dépendance de certaines actions de Tautre et que l'autre
CONDITION DE LA SOGIl-TÉ PARFAIT!: