‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 42 sur 211 · PRINCIPE DE LA POSSIIULITÉ DE LA CULTE · texte numérisé non relu

PRINCIPE DE LA POSSIIULITÉ DE LA CULTE

fait ou ne fait pas. Notre liypothèse du gouvernement j)rimitif des forces de la nature par Thomme, et la supposition de la connaissance qu'il doit posséder des lois de la création pour éviter de les violer en les majiiant afin dVn tirer toutes les jouissances quY'lles com|)ortent, l'ont une seule et même question de cet usage des forces et du devoir envers la sociéti'. Xi Tune ni l'autre irimpliquent à lorigine, ainsi comprise, lobligation, telle qu'elle résullerait d'un commandement divin. Le devoir n'est posé cpie dans Tacception scientifujue de la notion de ce qui est à faire, dans un cas donné, pour atteindi'e une liu proposée qui n'est pas mise en question ; et ce n'est pas là ce qu on nomme devoir moral. L'obéissance à son diclumen, quoique due cà la raison, non à la passion, ne diffère point, pour le mobile, de celle qui naît de rimi)uLsion passionnelle, et qui est à peu près instinctive, étant presque exempte de réflexion, tant cpie n'intervient pas une passion apportant un mobile en sens inverse, (jui balance le |)remier.

Tout acte à faire est naturellement l'objet d'une imj)ulsion passionnelle, quand il est pensé par une lin jugée bonne; et toute fin poscV par la raison est, en cela, juo-éc bonne; toute fin condamnée par la raison, mauvaise. Il faut donc admettre une déviation derimj)ulsion passionnelle par rapport à la raison, pour explicpier l'écart de la loi naturelle, ou scientifique, — les deux termes sont équivalents pour notre hypothèse, — dans la conduite de l'homme qui est su])posé la connaître, et qui, par son acte, introduit dans le monde le mal social, l'injustice, j)riiici])e de la déchéance sociale. Mais cette déviation elle-même, quelle exphcation peut-elle recevoir? Comment comprendre que la science étant en lu't^ (pielque chose soit survenu qui ait dominé F homme et l'ait fait pour m'/tsi dirr p^clave ? C'est Socrate qui parlait ainsi, ne pouvant croire (|ue la science du bien, la raison, soit vraiment là, présente, quand ce fait se produit, qui serait monstrueux, de l'acte dérai-

sonnable; et K;\nt, après tant de siècles, a exprimé le même sentiment; et les moralistes n'ont cessé de se plaindre de la servitude des passions, sans savoir, le |)lus souvent, lui opposer rien de mieux (pic la servitude de la raison : au profit du j)elit nombre de privilégiés.

Si c'est l)ien la nature normale de l'homme qui admet cette déviation, comment ne pas douter de la bonté du Créateur, ou de sa puissance? A-l-il \m regarder comme une perfection, chez sa créature, une loi psychologique des passions comportant la possibihlé, si ce n'est la certitude, de l'écart des passions et de la raison, et, par suite, de la ruine de ce monde dont il confiait la direction à des êtres qui pouvaient se trouver incapables de le conduire ? C'est là que réside la difficulté réelle.

La psychologie des passions repose, en principe, sur l'individualité de l'action chez les êtres animés. L'action individuelle répond à des possibilités diverses pour des circonstances pareilles, et c'est là une condition essentielle de la création, qui autrement n'aurait pas différé de l'application de la puissance divine elle même à la production des phénomènes, en apj)arence remise à des intermédiaires. L'essence de cette individualité, intellectuelle et morale, comme elle est chez l'honune, est la conscience personnelle de ses actes en rap|)ort avec les perceptions et les émotions qui lui viennent de l'ordre externe, et son premier caractère est l'amour-propre, passion de la conservation du moi et de sa liberté, sentiment d'une puissance propre de penser et d'agir, recherche des jouissances attachées à l'usage des .sens, à l'exercice de la force, au commerce de la société et de l'amitié, à la poursuite du Beau. Cela posé, quelque bonnes originairement qu'on suppose les relations établies des personnes entre elles, et pour la jouissance des biens

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