‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 47 sur 211 · ORIGINE DU DEVOIR ET DU DROIT · texte numérisé non relu

ORIGINE DU DEVOIR ET DU DROIT

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ment rûel du monde et dv la société, primitivement parfaits, le Créateur ayant institué cette société de personnes autonomes et douées de raison dans les conditions voulues et avec les connaissances recpiises |)Our l'usage et la direction normale des forces naturelles, l'autorité morale résidait dans la raison elle-mùnie et dans les idées di'oites des fonctions que chacun avait à remj)lir pour le maintien de Tordre de la nature et le bien commun de la société et de ses membres. Cette initiation a priori était la loi et le commandement ; toute injonction divine, obligatoire ou irdnbitoire qu'elle pût être, aurait ajouté la menace et fait injure aux lionmics. Telle était l'autonomie dans son am[)l(Mn". La personne, en violant Tordre du montle, n'a j)as maïujué à une promesse, à un engagement j)ris; elle a péché contre elle-même et contre la société, deux choses connexes ; contre la nature aussi, par les suites fatales de ses actes, et des actes qu'ils ont provoqués. Elle s'est donc d('truile elle-même. Les conflits inévitablement soulevés entre des honmies à Tétat de solidarité j)arfaite. cjuand les passions de quelques-uns ont eu des eifets subversifs, et les séditions qui ont du s'ensuivre pour le renversement des défenseurs autorisés de l'institution normale, ont comluil nécessairement la société primitive à cet état qui e.>t Tétat de la notre sur notie globe : Tétat de la connaissance du bien et du mal, le règne du droit [)ositif et la violation du droit natui'el. les propriétés et les conlr-ats, dos lois et des sanctions [)énales, des gouvernenienls et des révolutions j politiques. Mais la constitution de la nature |)rimiti\(' et la grande puissance de Tliomme primitif sur les forces naturelles ne permettaient pas que les choses en demeu[*assent là.

CIIAIMTUE XI il

UE LA NÉlJULEt SE ET DE SUN UAIMMUIT A LA CUIIATION

11 faudrait savoii* comment la société primitive était constituée, alors (jue nous ne pouvons pas môme conjecturer la constitution pliysiologique de Tliommi^ primitif, pour pouvoir nous faire une idé(^ précise des causes et des événements à la suite desquels, sous Tinfluence de la passion antisociale (jue nous avons essayé d'ex|)liquer psvchologi(luement, la société dut descendre de son organisation rationnelle à cet ordre de connnandcment chez les uns, de subordination et d'obéissance, même obtenue par la force, chez les autres, (jui, dans It^ monde déchu, s\\st appelée une hiérarchie, et ([ui se termina elle-même dans iiii désordre mortel pour le monde, à cause des puissants movens de destruction dont disposaient les hommes. Et il faudrait savoir avec exactitude (|uels étaient ces moyens de mc^ttre en jeu les deux forces radicales, la pesanteur et la chaleur, qui étaient cai)ables de l)Ouleverser la constitution du mond(% à la (in de cette guerre antique de Titans (pie nous imaginons, où h 'S forces de la nature, employées à romî)i'e leur propre équilibre, causèrent la destruction pjivsique des agents qui les maniaient.

Heureusement, il nous est facile, en ce qui concerne ce dernier point de notre hy[)olhèse, de la limiter au strict indispensable pour l'objet cpie nous avons en vue. Cet objet est la destinée humaine, qui est comprise, quant aux éléments i)hvsiques de l'humanité, dans la destinée de la Terre, et celle-ci dans la destinée du système solaire. 11 n'est nullement besoin, pour l'hypothèse, que nous étendions notre vue au delà de ce système, à' Tunivers, dont les bornes sont inconnues. La nature entière, en ce qui

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nous louche, est loule renfermée dans les dépendances du soleil, et Tunivers, indéfini pour notre connaissance, ne nous offre, au delà de ces dépendances, que des phénomènes lumineux sans aucune autre aclioa sensible pour nous, sans que na> observations et nos inductions sur la constitution et les propriétés de ces grands corps iimonibrables conduisent à une unité de conception avec notre propre cosmogonie, c^est-à-dire à rien de plus qu'à des analogies entre choses séparées. Quehjues indices (ju'il v ait là pour nous d'œuvres ou de desseins de la création, notre monde est le point de l'univers où tout ce qui nous intéresse est concentré, en remontant jusqu'à l'origine de la vie que le soleil y l'ait naître et y entretient. Soit (pie la terre ait été détachée de ce soleil à l'état incandescent, suivant la théorie le plus communément suivie, ou cpie, originaire d'une nébuleuse distincte, elle ait été ensuite entraînée dans le toui'billon du soleil, c'est toujours à une nébuleuse comme origine que la science nous l'ait remonter, c'est-à-dire à une masse dilîuse d'une densité jKJur ainsi dire infiniment petite, animée d'un mouvement tourbillonnai re.

On peut concevoir une nébuleuse particulière comme avant elle-mènn^ son origine dans un chaos j)rimitir universel qui se concentre* et se divise suivant des lois mécani([ues plus ou moins clairement explicpiées. Mais à la Ncbtilcusc ^si nous applMpions ce nom, comme terme général à une agglomération de matière chaotique ainsi définie) l'astnmomie, aidée des lois de l'attraction universeUe et de la thermodynami(iue, ne possède ni moyens ni ressources pour assigner des antécédents. Nulle science ne peut faire plus qu'imaginer des phénomènes de même sorte, remontant des uns aux autres autant qu'on le voudra avec des concentrations, des divisions, des collisions, des effets d'incandescence, des phases de refroidissements, des produits des forces réglées des éléments sous les lois de la

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physique et de la chimie, une nature vivante, dont cette série de phénomènes est la condition (non l'explication), enfin des conjectures sur la fin d'un tel monde, telle que la pourraient permettre de prévoir et de discut(T ces mêmes lois étudiées dans les évolutions de la matière qu'elles gouvernent.

Alors (jue la métaphysique aurait à prendre les questions à ce point où la physique les amène et les laisse, nous la voyons demeurer presque toujours sur son propre terrain (où elle a d'ailleurs un point de départ indépendant) comme si la physi(pie n'existait pas. Si la métaphysique n'admet pas la création dans ses doctrines, il faut qu'elle en prenne le fondement en des idées abstraites, et c'est le réalisme (la substance, l'absolu, les hypostases, les essences spirituelles, etc.), ou (pi'elle subisse pour le fondemi^nt du monde la matière physico-chimicjue imposée parla science; et c'est le matérialisme. Si elle admet la création, elle est impuissante à découvrir, dans ses théories, une voie pour la cosmogonie. Entre les données mécaniques et physiques, ramenées par la science à la plus grande abstraction, et le principe de la vie et de l'inteUigence, — dont le développement est le fait capital de la période pendant laquelle s'étabht sur le globe terrestre une température modérée, — il faut que cette métaphysique laisse une lacune, comme si ce monde de l'expérience ne la regardait pas.

Avant que l'origine de la terre et celle des espèces se fussent imposées à la spéculation, comme elles font aujourd'hui, on portait un regard direct sur l'acte de la création, sans tenir compte de ce grand ensemble de phénomènes qui sont les précédents et les conditions nécessaires de la production des espèces et de l'homme sur cette planète. Il était alors possible d'abréger, dans une énorme proportion, l'intervalle de la création et de l'histoire humaine; il n'y avait pas de paléontologie. Cet intervalle,

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on le déguisait par riiivcnlion des mvthes et des Ic'-vndes, au travers desquelles on se tlattait de rattacher, presciue immédiatement encore, Thumanité à Tauteur dcvs choses, cl de comprendre leur ra[)port. Les philosophes qui repoussaient le concept de création se trouvaient, eux aussi, dispensés parle vide (pie la physique et Thistoire naturelle de leur temps laissait subsister entre Tétat présent et létal orioinaire de la planète, de donner leur attention aux orin-ines physiijues réelles. Rapportant directement ce qu'on sav^ail alors des corps et de leur histoire à des notions qualitatives, dites matérielles, dureté, divisii)ilitt', résistance, impénétrabilité, posaient ce genre d'abstractions, sans aucune évolution naturelle, pour principes du monde. Enjoignant à ces philosophes ceux qui recouraient à l'autre genre^rabstractions, Ames, esprits, idées, formes, essences, on fait un seul corps de toute la suite des doctrines acréationistes, depuis la haute anticpiité grec(piejus(prau néoplatonisme (et aux doctrines modernes du type germanicpie) sauf une exception à peu près unique, constituée par Tévolutionisme stoïcien. Mais celle-là encore construisait l'évolution a priori d\mG substance, et n'approchait pas du caractère d'une histoire positive de la nature. Il n'est plus possible aujouid'hui à la philosophie de fournir une théorie sérieuse du monde en laissant à l'étal séparé, d'un côté, les notions, soit de l'ordre dit matériel, soit de Tordre dit spirituel, qu'ellr a coutume de mettre à contril)ution pour définir la nature et l'origine des phénonua..'., et, d'un autre cùté, cette vraie nature, cette vraie histoire des êtres à laquelle la science nous oblige de donner d(vs millions d'années pour tliéàtre, et qui s'arrête, en remontant, à un certain éiat positif et bien connu de la matière sensible des corps. Si la métaphysique ne veut pas continuer à jongler avec les mots, il faut qu'elle fasse quehiue part se rejoindre ses principes et le fait de la nél)uleuse incandescente que le monde physique a pour origine.

Il est devenu tellemenl visible que ceux des penseurs théistes qui ne se paient pas d'abstractions pour rattacher l'homme à la fois à la nature et à Dieu sonl tenus d'imaginer quelque manière d'expliquer l'éclosion de l'humanilc' au cours d'un développement des phénomènes, sans pour cela abandonner la doctrine de la création — sauvegarde unique contre l(^ matérialisme ou le panthéisme, — que nous voyons les théologiens d'une Église plus hbre que ne croit l'être le catholicisme de transformer ses dogmes Iradilionnels, en venir à l'acceptation du princi[)e de l'évolution de la matière, sous le prétexle de mettre la doctrine au couranl de la science. Quelques auteurs catholiques ont, il est vrai, passé condamnation sur la chronologie de la Bible, et ne sonl pas condamnés par leur Église (que nous sachions) , mais comment combler ainsi le vide creusé entre la créalion et le péché originel ? eloù placer le paradis, el les lieux et les temps où vi'curenl les patriarches antédiluviens dans une période géologique antérieure h la notre ? Des penseurs protestants, évolutionistes, tranchant dans le vif, mettent à la place de la doctrine de la création, dite ex nihilo, le concept métaphysicpie d'un certain être de néant, ou puissance pure, que Dieu aurait établi hors de lui pour se développer spontanément en un monde de prodnelions successives, minérales, végétales, animales, au cours desquelles, l'homme, apparaissant à son rang, se serait élevé à la conscience du mal régnant, et se serait reconnu pécheur en prenant pour la première fois connaissance du péché. C'est au moins d'après le plus éminent métaphysicien du protestantisme de langue française, Charles Secrétan, que nous risquons cet exposé sommaire, et fidèle, nous le croyons. Il est aisé de voir avec quelle facilité un savant, sans théologie, peut bannir d'un tel système l'idée du Créateur, en remarquant que c'est assez de la puissance du monde, ainsi reconnue à l'origine, sans y ajouter Dieu, qui n'en est, dira-t-il, que la vaine personni-

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fication. L\action, qu'on attribue à Dieu, de création de la puissance au lieu de crralion de Vêirp, est un détour inutile et une fietion incompréhensible, si ce n'est pas Dieu lui-même qui est cette puissance progressive, auquel cas son développement signifie le panthéisme. Et Tidée de création est éliminée.

Ce n'est pas là le seul vice de celte doctrine; car elle est incompatible avec le libre arbitre \, ainsi (jue son caractère, au fond panthéiste, le rendait inévitable : cet évolutionisme chrétien, en même temps qu'il sui)pose verbalement l'entrée du mal moral dans le monde, et qu'il l'explique par la reconnaissance, comme tel, de ce mal, auparavant tout piiysique, suppose ({u'il est l'œuvre matérielle, inconsciente, de la volonté humaine, ainsi déterminée par la nature, et n'a donc pas pour cause le péché. Le Créateur lui-même en est matériellement l'auteur, au même titre que du mal physique, inhérent à la puissance qu'il a créée, progressive sans doute, mais mauvaise à son

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origme.

Quand la science, l'astronomie, la première des sciences des choses, la mécanique rationnelle, qui lui donne ses lois, la physicpie ramenée en principe et dans ses fondements à cette mécanique conduisent forcément notre esprit à prendre l'origine de notre monde dans la nébuleuse, que nous demande-t-elle cette science, si nous ne voulons pas quitter sa méthode et sortir de son sujet ?EUe demande que nous regardions tous les phénomènes : physiques, chimicpies, biologiques, et ceux (jui dépendent de ces derniers, la vie, rinl(41igenee et ses œuvres, comme des produits ou des effets nécessaires des propriétés données avec la matière et les mouvements internes des éléments constituants de la nébuleuse. En accordant à la science le droit d'opérer un tel dépouillement de la matière du monde de tout ce qui intéresse l'humanité, [)Our atteindre, en sa plus haute abstraction possible, la défini-

lion c.t la forme originaire des i.hénomènes du ressort de la physiqu.-, la mcMaphvsique se condamnerait donc a fa.re descendre pur.ment et simplement de ceux-là toi.s les nutres? C'est à quoi se résit;nenl en elTet, d'aceord en cela avec le matérialisme, les penseurs qui transforment 1 idée de création en une idée d'évolution. Si pour le métaphysicien, au contraire, la méth.Kle applicable à une cosmogonie (lu'il veut qui soit adé.juate à son produit, c està-dire à Tacte total du monde, ne peut pas être celle qui place l'inférieur el le privatif au commencement, pour y être la source du supérieur et du parfait, qui lui sont logi- (■uemcnl irréductibles, - car toutes choses supposent la pensée, ella pensée ne se déduit d'aucune ; - s. le vice de ce renversement des termes ne saurait ôtre corrigé, par lintroduclioM, dans la théori.., d'un supérieur qui ne serait <,uc nominal, ([ui serait non h- créateur du monde, mais le créateur de la puissance du monde enfermée dans un néant primitif appelé à en être la matière transformable et progressive; si, en un mot, admettant la création sans détour el sans équivo-iucs il faut envisager, à l'ongnu^ des choses, une œuvre digne de leur auteur, au heu d une puissance de développement dont les premiers actes sont du ovnre négatif ou destructif cp.and on les rapporte a ceu^qui doivent en procéder (au lieu de cette nébuleuse que toutes les sciences de la nature nous présentent comme le milieu dans le.p.el tous les phénomènes organiques et chimiiiues sont devenus impossibles par la réduction de toutes les forces à la gravitation et à la chaleur, ; el si néanmoins la science nous force d'accepter cette môme „.-.buleuse comme l'élat matériel du monde à son origine cl ceci est le fait, - nous devons regarder la nébuleuse comme la fin d'un monde pour pouvoir l'expliquer en qualité de commencement d'un autre. Et, entre ces deux mondes, il y a le rapport à trouver.

Quand Uescarles exposait sa théorie ^physique, c est-a-

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dire mécanique, selon sa niélliode, de l'ori^'ine du monde, il n'entendait nullement y comprendre la partie de l'œuvre du Créateur concernant la sensibilité et Tintellio-ence, mais seulement détailler au point de vue scientifuiue l'opération cosmoo'onique des premiers jours de la Gnirsr. Pour lui, pour ses lecteurs, il allait de soi que la création de Tesprit, en la personne de riiomme, demeurait telle qu on pouvait la prendre dans la théolo-ie, dans les mvlhes ou légendes que la théologie consacrait. La situation c^l changée pour le philosophe cpii accei)te la nébuleuse, état physique orioinaire, des mains de la science, et doit la mettre en ra[)port, de quelque manière, avec la créalion considérée intéoTalement, et avec Tordre des phc'nomènes que sa définition, toute physique, ne touche pas. Lliypothèse de la création nous interdit de prendre, comme dans le stoïcisme, et comme Tévolutionisme moderne ^ y trouve conduit, la nébuleuse pour la phase initiale et finale (fune simple période de révolution périodiciuc du monde éternel. Cliaque p(''riode se iormerait du développement et du réenveloppement de la substance, ou forcematière, dont les transformations déterminées pai* Ja loi d'une causalité invariable engendreraient les pliénomènesde toutes les espèces. Ce système exclut, par la thèse du procès à l'intini, contradictoire, le commencement réel des phénomènes et la cruation. 11 rapi)orte l'origine de la vie et de la pensée, dans le cours du reh'oidissement de la nébuleuse, aux propriétés d'une matière, inorganique en son origine. En d'autres termes, il expliciue les j)hénomènes par la supposition d'une vertu de les produire. Le transformisme n'est pas une méthode philosophicpie, ni scientifique, mais mvtlu)logi(jU(\ On ne saurait découvrir aucune idée physique, non plus (jue rationnelle, (jui permette de faire traverser la nébuleuse au monde de la vie et de l'esprit sans y joindre un principe de continuité. La continuité, pour une méthode telle que le monadisme, (lui ne

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sénare pas la puissance inlellcclive, siégeant dans a monade, d'u.. enveloppement organique, fondement de la vie de relali.m, doit ôlrc assurée par rnnm,)rtal.le des ..vnnes ulliines des êtres vivants, dans l'attente des condiiiions .|m permettent leur rentrée dans Tordre sensible. Et c'est ainsi «p.e la eonscrvalion de l'humanité, des indixidus humains eux-mêmes, p.'ut être conçue dans la traversée de la révoluli..ii cosmique, après la perte du premier monde créé.

CHMMTUi: XiV

LA RUl.Nt: DU MONDt: l'IU.MlïU'

L'unité mélaphvsique et morale du monde primitif tel que nous le conc..vons, conduit naturellement à 1 hypothèse de son unité phvsique, et nous n'apercev.ms aucune raison cul put nous le' fair.. supposer divisé entre plusieurs globes situés .^ de grandes distances les uns d.-s autres eomparalivement à h-urs pr-.pres dimensions. Nous ne voyons pas davantage pourquoi l.-s effets de la force attractive universelle des corps, la gravitation, auraient dû être repartis entre eux avec les énormes inégalités de distribution qui proviennent des agglomérations de matière inorganique, ;„,i„tenues dans l'isolement; ni dans quel but la production <rune elTi'Ovable quantité de chaleur aurait ete menacée en un seul lieu, dans un amoncellement unique de ^.ntes les substances chimicpies possibles, en puissance seulement, pour de là rayonner avec excès sur certains pomts insuffisamment sur d'autres, et se perdre enfin par le ravonnemcnt dans d.'s espaces vides indéfinis.

'si les forces de la nature ont été mises à la disposition de rhonnne afin qu'il les régit, conformément à notre hypo-

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thèse, et tous les êtres placés dans les conditions les plus favorables au mouvement et i\ la vie, la gravitation a dû se régler par une loi différente de sa loi actuelle. Mais ceci d'ailleurs était déjà une consé(juence mathématique du plan ofénéral et de Tunité du svstème du monde : les états des corps et leurs densités ont dû être déterminés, les éléments distribués selon les lieux et les parties de ce système, et leurs destinations, de telle manière cpie l'action mécanique de rhomme fut aisée, son corps lil)re; tandis (pie sous le régime des lois actuelles, il n'y a pas jusqu'à la simple locomotion qui ne lui impose l'apprentissage de l'équilibre, apprentissage long et difficile d'abord, ensuite et toujours, malgré l'habitudi^ acquise, accompagné de dangers. L'emploi industriel des for-ces naturelles, le travail, source lui-même de peines et de maladies, multiplient les causes de dépérissement des organes et d'accidents mortels, à mesure que, grâce à l'invention d(*s machines, on pense obtenir de ces forces do plus considérables services. Les progrès immenses de l'application des sciences expérimentales à l'industrie, dans le siècle dernier, ne nous avancent pas jusqu'à concevoir une espérance raisonnable de dominer jamais et de manier les forces de façon à nous les rendre partout disponibles dans toute l'étendue de nos besoins, et dans la mesure, et avec une adaptation exacte et sans danger de leurs propriétés à Texploitation du globe; ces progrès nous permettent seulement de comprendre cette hypothèse, et de l'admettre, après que nous en avons admis une autre : celle d'un monde unique où il n'existe rien (jue d'harmonique et où l'homme et la vie sont eux-mêmes en harmonie d'être et de connaissance avec les lois de la nature universelle.

Et il est aisé de comprendre que, le pouvoir donné à l'agent intelligent pour radniinistration de l'ordre étant nécessairement proportionné à celui que, dans sa liberté, il peut exercer en sens inverse pour empêcher ou nuire,

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les passions mauvaises succédant aux bonnes, la guerre à la paix, dans les relations sociales des hommes chargés de <>-ouverner en commun les forces naturelles et de pourvoir aux intérêts mondiaux, la perversion de l'homme ait dû conduire à la subversion de la nature, à la suite du détournement des propriétés des éléments à des œuvres de destruction. Il n'est mêiiK^ pas aussi difficile qu'on pourrait le croire d'expli^pier, sans sortir des notions cosmologiques les plus positives, la manière dont a pu devenir inévitable la ruine du monde primitif, et s'opérer son passage, à travers une nébuleuse, de l'état cosmique, intégral ou unitaire, à l'état astronomique, ou divisé, des corps dont se composait le système. C'est, quant à la physique, une affaire de divisions et d'agglomérations des masses, par une dérogation criminelle à l'ordre dans lequel elles étaient données à l'origine ; et c'est, quant à la puissance nécessaire pour amener de tels changements jusqu'au point de causer une révolution dans la loi de la gravitation, la même cause, avec plus d'intensité et d'amplitude seulement, (|ui est à notre disposition et dont nous connaissons les effets, quoique infiniment amoindris, sur notre globe.

Il résulte des théorèmes de la mécanique rationnelle, que l'action de la force de gravitation universelle, proportionnelle aux masses, si on la considère comme s'exerçant sur d(^s points situés soit à la surface, soit à l'intérieur d'une sphère de matière homogène, si d'ailleurs ils ne sont soumis à aucune action exercée sur eux par des corps extérieurs à cette sphère, est simplement proportionnelle pour chacun à sa distance au centre. Cela posé, nous partons, dans notre hypothèse, d'un premier monde créé, fini, sphérique, sur lequel aucune force extérieure n'agit, et dont les points matériels sont uniformément attractifs. Supposons que ni les différences de densités des corps formés intérieurement, ni les différences spécifiques des éléments ne troublent l'homogénéité mathématique de

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