DESCENDANCE ANIMALE DE LIIOMME TERRESTRE
insensibles, germes immortels de reproduction de ces organismes primitifs, mais d'une reproduction dont ils sont séparés par hi piiase des dévelojipements animaux de la vie terrestre. Or, malgré l'unité fondamentale de Tètrc en ces états successifs, unité qui, en vertu de la théorie monadologique, doit être considérée comme physiquement réelle, en môme temps (jue métapjjysique (X\'), l'état terrestre, le seul des trois auquel convienne l'idée de l'animalité sous la forme généalogique de l'espèce, est aussi le seul [)Our lequel le terme de fjvrmc soit applicable en son sens propre et usuel. 11 est applicable aux autres, et à leur continuité pour exprimer leur puissance de reproduction sous des formes diverses coordonnées entre elles, et moyennant la conservation de la monade humaine dominante. Celte dernière demeure latente, en puissance seulement, durant la période où son existcMice terrestre est enveloppée des formes purement animales de l'animal humain encore à naître.
Ces foi'mes inteimédiaires sont en rapport avec la déchéance de l'honmie, qu'il fiiut sup|)Oser descendu moralement par sa chute à l'état animal, et physiquement, en son gxMU'e terrestre futur, à la forme de la séparation sexuelle et de la génération. Ce résidu de la décomposition de l'organisme humain premiei' aura à se développer sous les conditions d'origine et de dévelo|)pement de l'une des espèces de vertébrés, puis de mammifères terrestres, jusqu'au moment de l'émergence de Y a ninud rationnel en puissance dans les générations successives de l'animal physiologique. La suite des générations est celle du dévelopment des éléments i>-erminatifs inclus les uns dans les autres. C'est une préordination qui appelle, à leurs rangs, à la suite d'une longue [)ériode, les éléments germinatifs, enveIopj)es de monades dominantes humaines. L'homme n'ayant pu naître cpi'en des familles de mammifères, c'est dans une série de germes d'animaux de celte classe que son apj)arition a du être préparée en rapport avec des mo-
IJESCEN-DANCI-: ANIMALE DE LIKiMME TEIinESTrtE
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difications des propriétés embrvogéniqucs des enveloppes. La révolution par l'efTct de laquelle s'est développé le germe spécifiquement humain, ou renfermant immédiatement la monade dominante humaine, n est d'ailh-urs point la seule que la logique nous oblige à reconnaître, en histoire naturelle, dans la suite delà production des espèces anmiales à la surlace terrestre. Des révolutions analogues sont à supposer à d'autres points d'origine (à celle°dcs mammifères, notamment, de ces espèces dont la doctrine de l'évolution contimie cherclic à former un seul corps aux embranchements g<'néalogi(|ues nombreux, dont les divergences ne seraient qu'apparentes et devraient s'expliquer pa.' la disparition des intermédiaires. Les analogies générales de l'organisation, et les degrés de sin.ilitudc,''sans l'existence des.p.els nulle classification ne serait possible, se prêtent à une certaine vue de coiitinuil,-., quand on' se permet de supposer au besoin des intermédiaires perdus. Mais, petits ou grands, les écarts de propriétés .sont ,)artouf, et l'explication du changement par la continuité est un concept illusoire qui nous fait croire un acte de devenir expliqué (|uand nous i)arvenons à l'imaginer composé d'actes plus petits du môme genre, ou approchants.
Dans notre hxpothose, la révolution embryogénique amenant la gestation de l'animal humain à un moment donné, est la venue à son rang de l'élément germinatif approprié, dans le déroulement des germes enveloppés les uns dans les autres depuis l'origine. L'espèce de l'animal géniteur a du pé.ir et faire place à l'espèce humaine, en vertu de la loi connue de concurrence meurtrière entre les tribus les plus rapprochées. L'initié tue l'initiateur', suivant la parole résignée d'un philosophe mvstique.En fait, l'histoire de l'homme a commencé ainsi qu'elle se continue, par la chasse et la guerre, mais commencé avec la raison, quoi que prétende l'école de l'évolution.
Après cette révolution survenue au sein d'une espèce de
mammifères, maintenant éteinte, en laquelle apparut riiommo, les germes successifs portèrent la monade dominante humaine immédiate. Ceux qui périssent, et c'est de beaucoup le plus g*rand nombre, au cours de la vie terrestre de Tespèce, ne constituent |>oint une perte de personnes, parce qu'ils ne sont tous que de ces puissances indéfiniment mullij)li(''es dont la lin, possible pour tous, est atteinte, si seulement un seul o])lient son développement dans la suite entière des o-énérations.
Mais ce n'est point une seule fois que chaque personne doit revivre sur la terre à la faveur du passage à l'acte d'une de ces puissances séminales, c'est un certain nombre de fois, nous ne savons lequel, la multitude des germes similaires assurant le développement de plusieurs d'entre eux, mais ne eom|)ortant pas de détermination fixe. C'est ici une seconde partie de notre hypothèse, qui semble pécher par excès dans la solution proposée du problème de la reviviscence terrestre, mais qui nous place, au contraire, à un point de vue nouveau où la nature et la destinée de la personne vont nous paraître à la fois mieux expliquées et agrandies.
Les germes sont parfaitement similaires en leur origine pour ce qui prépare le retour à la vie des personnes, c'està-dire le mode de composition des enveloppes, ou éléments germinatifs, emboîtés les uns dans les autres, et contenant leurs monades dominantes respectives, tout animales d'abord, ensuite humaines. Us peuvent seulement différer d'une personne à l'autre, en tant qu'ils conservent des traits de caractère acquis des personnes primitives, au moment de la ruine du monde primitif, et renaître, à cet égard, dislribuables en un certain nombre de classes morales distinctes. L'hypothèse nous soumet donc, en rela-
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lion avec chaque personne primitive, en la(jiielle ils ont leur oi'ig'ine, non pas un seulement, mais un certain nombre trindivitlus lerresli-es de caractères et de lemptTaments natifs divers, modifiés par la loi de riirrédilé psvcli(>phvsiologif|ue, nés et élevés dans des conditions 1res variables, enfin soumis, pendant le tc^nps cju'ils ont à vivre, à des partages inégaux des l)i!^!is et des maux, selon que se fait la combinaison de leurs caraclèi*es ut de leurs aptitudes avec les rencontres de la \ie.
Ces individus que la mumoirc ne relie pas les uns aux autres, et qui n'ont entre eux aucun rapj)ort gém'-alogiquc terrestr(\ n ont [)as davantage le souvenir de la personne que chacun d'eux vient continuer sur la terre. Cet oubli est une condition de toute théoi'i(^ de j)réexislence. Ils uo laissent pas d'être identiques en veitu de la loi de personnalité, aussi i)ien qu'on les lient pour tels, dans les doctrines subslantialistes; caria personne, rcinb'grée (huis le monde dc^, fins, y retrouve à la fois la mémoire (h* son étal dans k' nionde des origines, et celle des vies chv erses cprcllo a traversées, au cours desquelles elle a riM;u les enseignements et subi les épreuves de la \\r d(juloureuse. Il faui supposer (pie F unité physiologique de 1 èli'e multiplié se •constituera dans une ti'ansformation cosmiiiue (h' notre monde phénoménal, corrélative de celle cjui fut la chute du mon(k^ primitif, et nécessaire pour la r'(''int«''gration de Tordre du bien, (^uant à l'unité de con?.cience en tant que fonction de la mémoire, c'est dans la pivorchnalion divine par laquelle le«^ r'apj)orls et les oi'dres de composition des éléments gei-minalifs et des monades dominantes ont été arrêtés dans le j)lan de la création, (ju'il faut en envisager les conditions [)hysi(pies. La reconnaissance ou constatation de cette unité par les souvenirs réveillés de l'être réintégré est la réelle « immortalité de rame >-», dont les pliilosophes « spirituali.^tes » se llattenl de trouver la preuve dans l'existence d'une substance simple, impérissable,
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qui aurait pour attribut le sentiment et la pensée. Cette substance, déguisement, sous un terme abstrait, de l'idée de matière indécomposable, et pourvue de qualités fixes, n'est point ce dont la donnée iiypothétique assurerait par ellemême la conservation de la mémoire. Le substantialisme est obligé de réclamer cet attribut en plus, sans démonstration. Le principe de personnalité, au contraire, conduit logiquement à la généralisation de la loi de mémoire.
Notre liypotlièse, malgré l'aspect assez compliqué que lui donne son exposition, ne laisse pas d'aboutir à un apei'çu de la vie futui*e aussi clair qu'ont pu le fournir les religions les plus favorables aux vues anthropomorphiques; car les parents, les amis et les contemporains se retrouvent et se peuvent reconnaître en hiuv état final à travers les a[)j)arences qu'ils ont successivement revêtues, ainsi qu'on se reconnaît, au cours d'une même vie, au souvenir des lieux, des temps, des événements et des rapports anciens entre les personnes. La doctrine des reviviscences, ainsi com[)rise, serait comparable à l'hypothèse platonicienne des métensomatoses, mais avec un caractère bien dilîérent, tant de la conce[)tion en elle-même que de la méthode qui y conduit. Le changement de point de vue est complet i)Our ce (pii regarde la finahlé des âmes immortelles, qui demeurent essentiellement des personnes en toutes les conditions qui peuvent leur échoir, et essentiellement individuelles dans leurs fins mêmes, ainsi que le veut toute doctrine viaimcnt humaine de saluL Le platonisme, au contraire, auisi que le braiimanisme, n'envisage la (in réelle et dernière que dans la réunion de l'individu à l'universel et à ral)S(Ju, étabht un hen de suhslance seulement entre les vie s qui échoient à une même âme à l'issue de chaque carrière ou méritoire ou criminelle, dont les mt'moires sont à chaque fois abolies ; de sorte que si Ydjne est immortelle, Ixpcrson/w est mortelle. A chaque vie, c'est donc une personne qui naît, une autre est morte, et les
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vicisssitudcs (le l'existence consciente n'ont de terme que là 011 rillusion de Tindividuel se dissipe, à la rentrée de Tame dans l'universel. Le mode bouddhique de cette absorption difl'ère peu du mode brahmanique; car ranéantissement n'est pas plus réel pour le premier que pour le second. Il s'aa'it toujours de la rentrée des âmes dans l'unité d'où elles sont sorties, et où rien n'existe réellement, parce que rien ne se distingue. Mais l'hypothèse que nous exposons, plaçant à l'origine une société d'êtres humains parfaite, reconstitue à la fin la même entre les mêmes, et stable à jamais entre les personnes qui se retrouvent après les longues épreuves dont s'est composée |)Our chacune sa longue pérégrination au travers des écueils de la vie.