DU COMMENCEMENT ET DES PUEMIEUS ÉLÉMENTS
DE L'ÉTAT SOCLU.
L'histoire de Thumanité, depuis ses origines connues, semble bien vérifier expérimentalement cette doul)le thèse : que la raison de la vie de l'homme sur la terre est l'apprentissage de la justice, et que la fin de cet apprentissage ne peut être atteinte individuellement, par la personne, au sein de la société humaine. Ce dernier point est déjà logiquement présumable, si nous réfiéchissons que la justice ne saurait se trouver pour l'individu hors de la société, parce que la matière de la justice réside dans les rapports donnés ou supposés de l'homme avec ses semblables ; or, au sein d'une société, l'altération du devoir modifié par les réactions passionnelles fait que la justice n'est réalisable que par un concours de personnes, la conduite de l'une étant toujours une fonction de la conduite des autres. Cette solidarité est la cause des continuels mécomi)tes dont se compose l'histoire de l'homme à la poursuite de la justice sociale.
C'est un fait de simple observation psychologique, que Thomme possède la notion générale et indéterminée du
RKNorviF.n. — Le Pcrsoinialismc. ^
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juste (liHis SOS relations, qurlquos écarts et quelques contradictions (juOn trouve dans les applications qu'il en lait. 11 nVst pas moins certain, d'après l'expérience et riiistoiro, en confirmation de cette notion, que la queslion de ce qui se doit ou ne se doit pas faire est le contnnirl sujet deï> débats entre les hommes, et, du pelit au «^rand, loccasion des disputes, des ({uerelles, des <;'uerres. La notion est ind('pendante de la queslion de savoir ce qui est juste on soi, indépiMidiunment d(vs opinions et des prétentions dos disj)utanls, en un cas donné, puisque c'est précisément sur le ju<>-ement qu'on en (hf'it j)orf<MMpie s'c'lahlif loujours la div«M' 'vnce. Va il ne faut |)as contondri' l'idi'-e <pj'on se forme de la jusiice. quand <»n se croit capal)le de la connaître en sa pureté, dans sa perlrclion, avec le l'ail mcnlal patent, cIk^z tous les hommes, pai-lout et toujours, (jui consiste a eroire. de manière ou d'autre, (pif errtaine chose, certain acte conviennent, et doivent être ou se taire, en telle occasion, pour telle (in : cette chose-l:.. cet acte-là, et non point d'autres. Cette confusion viciruse explique l'erreur des psveliolo;^"ues qui n'admellent pas Tidi'c (hi devoir ^conscient et rélléchi; connue un des caractères de l'esprit humain.
Toule coutume et toute loi, dans les sociétés humaines, sont inspirées ori<;inairement par \me telle idée du devoir, et sont (l('!e!-minées selon (piécette idée se d termine chez les initiateurs, et cjue d'autres y donnent leur assentiment. L'impuissance à assurer le rèj^ne v{ la duîV't» de l'idée ainsi ('tal)lie, dans les espi'its et les actions di-s hommes, dans les sujets d'importance à quoi tiennent leurs bonnes relations, est lu source tles dissensions et des ivvolutions sociales. Mais l'idée de société, (juand nous considérons les hommes dans l'état social, implique déjà par ille-mème une certaine détermination, quoique plus ou moins imparfaite et limitée, de l'idée de justice, dans le sens où nous l'avons définie quand nous en étudiions la notion pliiloso-