‹ Le pessimisme au 19e siècle: Leopardi - Schopenhauer - HartmannChapitre 129 sur 167 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

la vie. « La vraie sagesse consiste à comprendre le néant de toutes choses, à désirer s'anéantir, s'éteindre, entrer dans le nirvana». La libération s'obtient par l'extinction complète. « Si l'existence fait le malheur, la nonexistence fait le bonheur » ; tous ces termes équivalent entre eux. Quelles que soient les opinions différentes qui aient été soutenues sur l'interprétation du nirvana, il paraît bien que c'est là l'interprétation véritable, au moins dans la pensée de Çakya-Mouni, avant qu'elle n'ait été adaptée et abaissée au niveau des croyances populaires1. L'expression la plus précise de cette doctrine se trouve dans la doctrine des Svâbhâvikas , traduite pour la première fois par M. Eugène Burnouf: «Sûnyalâ (l'anéantissement) est un bien (on pourrait dire le plus grand bien), quoiqu'il ne soit rien; car hors de là l'homme est condamné à passer éternellement à travers toutes les formes de la nature, condition à laquelle le néant même est préférable ». Il semble établi par l'éty-

Page 1