‹ Le pessimisme au 19e siècle: Leopardi - Schopenhauer - HartmannChapitre 130 sur 167 · Max Millier, ouvrage cité · texte numérisé non relu

Max Millier, ouvrage cité

234 LE PESSIMISME AU XIXe SIÈCLE.

mologie même du mot que l'âme humaine, dans le' nirvana, n'est pas absorbée, ainsi que s'expriment les brahmanes, comme une goutte dans l'Océan, mais qu'arrivée à sa perfection elle s'éteint comme une lampe, suivant l'expression consacrée des bouddhistes dans la stance célèbre qui a gardé la tradition de la mort de Çakya-Mouni : « Avec un esprit qui ne faiblissait pas, il a souffert l'agonie de la mort; comme l'extinction d'une lampe, ainsi a eu lieu l'affranchissement de son intelligence ». L'affranchissement, c'est bien ici le néant : que reste-t-il de la flamme quand elle est éteinte ?

La préparation au nirvana, c'est l'ascétisme, c'est aussi la pratique de la sympathie universelle pour tout ce qui vit. L'individualité n'est qu'une illusion : « Tu es ceci, tu es cela, tu es toute chose », disait le Bouddha; de là sa prédication « de la grande mansuétude, de la commisération » ; il ajoutait : « de la grande indifférence ». En même temps qu'il recommandait d'être doux aux autres êtres, il recommandait d'être implacable pour soi-

Page 1