Philosophie de V Inconscient, t. II, p
d'un homme ou sur la volonté générique de l'espèce humaine, ce qui est encore bien insignifiant, mais sur la Volonté universelle, sur le principe même des choses. Ici la question s'élève et se généralise : il ne s'agit plus du suicide d'un homme ' ou d'une espèce ; il s'agit du suicide d'un monde. M. de Hartmann a la bonne foi de nous avouer que cette opération est difficile, et nous l'en croyons sur parole. Cet acte mettra un terme au processus de l'univers ; « ce sera l'acte du dernier moment, après lequel il n'y aura plus ni volonté ni activité, après lequel, comme dit saint Jean, le temps aura cessé d'exister ». L'humanité sera-t-elle capable de ce haut développement de conscience, qui doit préparer cet acte suprême, le renoncement absolu de la Volonté? Ou bien une race supérieure d'animaux apparaîtra-t-elle sur la globe pour reprendre la tâche interrompue de l'humanité et atteindre le but? Ou bien enfin notre terre est-elle destinée à être le théâtre de nos avortements et ira-t-elle augmenter le nombre des astres glacés, léguant le splendide hé-