CHAPITRE IX
cher, au prix de tant d'angoisses et de peines de tout genre, quelques sensations recueillies en passant et presque aussitôt évanouies? A quoi donc s'attacher à travers cette fuite douloureuse de la vie, cette multiplicité de travaux qui l'accablent et de chagrins qui en empoisonnent le cours? A nous-mêmes, au moi humain? On nous montre, avec le dernier progrès de la philosophie, que l'idée du moi « n'est qu'une apparence produite dans le cerveau, et n'a pas plus de vérité que l'idée de F honneur et du droit, par exemple. La seule réalité qui réponde à l'idée que je me fais de la cause intérieure de mon activité est celle de l'être qui n'est pas un individu, l'Un-Tout inconscient.1 » Donc rien, plus rien que ce principe unique, absolu, anonyme? cet Inconscient lugubre, que nous rencontrons à la fin et au fond de tout, un principe aveugle qui est poussé à vivre par je ne sais quel ressort incompréhensible, mais qui souffre de ce mouve-