‹ Le pessimisme au 19e siècle: Leopardi - Schopenhauer - HartmannChapitre 24 sur 167 · Lettre à M. de Sinner, 2k mai 1832, écrite en français · texte numérisé non relu

Lettre à M. de Sinner, 2k mai 1832, écrite en français

un dernier asile, cela n'est pas douteux; il n'est pas possible de détacher la figure souffrante de Leopardi du fond monotone de ses peintures et de ses doctrines1; mais il faut reconnaître que, par un effort méritoire de liberté intellectuelle, il efface autant qu'il est possible la trace de ses souvenirs personnels dans la solution qu'il donne au problème de la vie. Il élève cette solution à un degré de généralité où commence la philosophie ;%son pessimisme est bien un système, non une apothéose de sa misère* Par ce trait, que nous voulions mettre en lumière, il se distingue nettement de l'école des lyriques et des désespérés, où l'on a prétendu le confondre; il n'a qu'une parenté lointaine avec les Rolla qui l'ont réclamé pour leur frère\il les dépasse par la hauteur du point de vue cosmique auquel il s'élève; il a voulu

1. Dans son intéressant ouvrage sur l'Inspiration poétique et les Idées philosophiques de Leopardi, M. Aulard dépasse singulièrement la mesure quand, prenant au pied de la lettre la protestation de Leopardi, il réfute ce qu'il appelle la légende douloureuse formée par ses biographes.

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