‹ Le pessimisme au 19e siècle: Leopardi - Schopenhauer - HartmannChapitre 30 sur 167 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

et au vainqueur de San Martino, celui-là sans doute est un grand patriote, mais c'est un patriote désespéré. Il aime sa patrie, mais il l'aime dans le passé : il ne croit pas à sa résurrection. Quand il a célébré en vers brûlants sa gloire évanouie , quand il a évoqué , pour la réveiller de son sommeil, le souvenir des guerres médiques et repris en l'achevant l'hymne interrompu de Simonide, le découragement le saisit devant l'Italie captive et résignée. Et déjà, dans les poésies de cette époque, quelle amertume ! « 0 glorieux ancêtres, conservez-vous encore quelque espérance de nous? N'avons-nous pas péri tout entiers ? Peut-être le pouvoir de connaître l'avenir ne vous est-il pas ravi. Moi je suis abattu, et je n'ai aucune défense contre la douleur ; obscur est pour moi l'avenir et tout ce que j'en distingue est tel que cela me fait paraître l'espérance comme un songe et comme une folie1. » Les grands Italiens, Dante, Tasse, Alfieri, pour qui ont-ils travaillé ? A

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