La Ginestra
3. Nous adoptons le texte de cette pensée célèbre, tel que M. Havet l'a établi, avec une différence de ponctuation qui modifie le texte ordinaire et donne à la pensée
62 LE PESSIMISME AU XIXe SIÈCLE.
selon Lcopardi : savoir sans rieji^oj^yoii^ La plante et l'animal ne savent rien de leur misère ; nous mesurons la nôtre. Et cette souffrance ne tend pas à décroître dans le monde, au contraire; les âmes les plus éclairées, les plus délicates, acquièrent seulement plus d'aptitude à souffrir ; les peuples les plus civilisés sont les plus malheureux. C'est là aussi, on le sait, le thème perpétuel du pessimisme allemand. La conscience du malheur rend le
malheur plus profond et plus incurable^ la misère des hommes et celle des nations se développent en proportion de leur cerveau, à mesure que leur système nerveux se perfectionne, s'affine et leur procure des instruments plus délicats, des organes plus subtils pour sentir leur mal, pour en accroître l'intensité, pour l'éterniser par la prévision et par le souvenir. ) Tout ce que l'homme ajoute à sa sensibilité et à son intelligence, il l'ajoute à sa souffrance. A
un tour plus énergique et saisissant, tout-à-fait dans le génie de Pascal.