CHAPITRE III
philosophique semble entraînée. 3N 'est-ce là qu'une mode passagère, un caprice d'imagination , une révolte contre les abus de la dialectique transcendante, une réaction violente contre la tyrannie spéculative de Vidée, contre le despotisme de l'évolution universelle au prix de laquelle « les misères individuelles » ne sont rien? Ce qu'il y a de sûr, c'est que les misères individuelles se sont un jour relevées, comme lasses de servir à des fins qu'elles ne connaissaient pas ; c'est que « les destinées humaines » ont fini par renverser « le char qui les écrasait sous ses roues d'airain. » Ne pouvant s'affranchir de la souffrance, elles ont protesté contre les raisons dialectiques qui voulaient la leur imposer comme une nécessité salutaire, et le pessimisme est né. À l'heure qu'il est, il y a toute une littérature pessimiste, florissante en Allemagne, et qui a même tenté à plusieurs reprises, non sans succès, des excursions et des conquêtes dans les pays voisins. Et ce n'est pas seulement dans les deux noms de Schopenhauer1 et