‹ Le pessimisme au XIXe siècle: Leopardi--Schopenhauer--HartmannChapitre 10 sur 161 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Nous rappellerons enfin pour en finir avec cette singularité du goût de la mort dans l'antiquité, qu'au commencement du m" siècle avant Tère chrétienne, florissait à Alexandrie! ^ une école de pessimisme ouverte par un des j plus célèbres docteurs de l'école Cyrénaïque, i le fameux Hégésias, qui tirait de la doctrine | d'Aristippe des conséquences inattendues contre la vie. Partant de ce principe que le plaisir seul peut être la fin raisonnable de l'existence humaine, il en concluait qu'à cause de cela même l'existence a tort puisqu'elle n'atteint pas cette fin*. Le bonheur est une chose purement imaginaire et irréalisable, qui trompe et qui trompera toujours nos efforts (àâuvaTov xal âvuwapxTov) . La somme des plaisirs n'égale jamais celle des peines et les biens eux-mêmes n'ont rien de réel : l'habitude en émousse la jouissance et la société nous les ravit. D'où cette maxime qui résumait sa philosophie : ce Ce n'est qu'à l'insensé que la vie paraît être un bien ; le sage n'éprouve pour

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