Diogcne Laerce^ liv. II, F?edMmiippe, chapitre
elle qu'indifférence, et la mort lui paraît tout aussi désirable. » La mort vaut la vie; elle n'est que la forme suprême du renoncement, par laquelle l'homme se délivre d'une attente vaine et d'une longue déception. — Il avait composé, nous dit Cicéron * , un livre intitulé le désespéré ( 'ATcoxapTepoiv) où il fait parler un homme qui se laisse mourir de faim ; ses amis tâchent de l'en dissuader; le désespéré leur répond en énumerant les peines de cette vie.
C'est la contre-partie du Phédon où Socrate mourant développe les raisons d'espérer même contre l'injustice et le trouble de la vie présente. Il est piquant de constater que ce mélancolique prédicateur de la mort, qui s'inspire de la doctrine de la volu pté, en vient à employer quelques-uns des arguments les plus chers à Schopenhauer. Hégésias était si éloquent dans ses sombres peintures de la vie humaine, qu'il reçut le nom de Peisithanatos et que le roi Ptolémée, effrayé du trouble que sa parole
1. TusculaneSy liv. I, chap. xxxiv. Voir aussi Valère Maxime, liv. I, chapitre ix.