‹ Le pessimisme au XIXe siècle: Leopardi--Schopenhauer--HartmannChapitre 24 sur 161 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Leopardi a senti de bonne heure s'éveiller en lui, se défend de n'avoir jeté dans le monde que le cri de sa douleur intime, comme il redoute d'exposer son cœur en pâture à la curiosité publique, avec quelle fierté il rejette Faumône des sympathies qu'il n'a pas sollicitées et qui le font rougir : « Ce n'est, écrit-il à un ami, que par un effet de la lâcheté des hommes, qui ont besoin d'être persuadés du mérite de l'existence, que l'oii a voulu considérer mes opinions philosophiques comme le résultat de mes souffrances particulières, et que l'on s'obstine à attribuer à mes circonstances matérielles ce qu'on ne doit qu'à mon entendement. Avant de mourir, je veux protester contre cette invention de la faiblesse et de la vulgarité, et prier mes lecteurs de s'attacher à détruire mes observations et mes raisonnements plutôt que d'accuser mes maladies*. » Qu'il y ait un lien entre les malheurs de cette vie et la dure philosophie dans laquelle se réfugia le poète comme dans

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