XXIV INTRODUCTION
“tre ses enfants qu’elle trouve bien préparés à le lire avec “fruit; Ja seconde c'est de ne point jeter les perles devant les pourceaux, et de ne point donner ce texte aux ‘hommes qui ne le liraient que pour leur perte, Ma pen- °sée, ajoute le savant archevéque, est qu'il ne faut jamais séparer ces deux doctrines de l'Eglise; lune est de ne donner la sainte bible qu'à ceux qui sont dejà préparés pour la lire avec fruit ; l'autre est de travailler sans cesse à les y préparer. ?
9) Quant aux dispositions qu'on doit apporter à la lecture de ce livre divin, voici celles qu'exige cet homme consomimé dans la science des saintes écritures.
“JT faut avoir l'esprit guéri de présomption (voila le principe fondamental qu'& pose). Alors, suivant la regle de saint Augustin, on passe sur tout ce que l'on n ‘entend pas et on s'édifie de tout ce qu'on entend. On n'a aucune peine à croire que la parole de Dieu à une profondeur mystérieuse, qui est impénétrable à notre faible esprit. Alors ‘on écoute avec doci'ité tout 6e qu'on apprend des pas- ‘teurs pour justifier ces endroits difiiciles ; alors on tour- ‘ne toute son attention vers les principes qui servent de clef ; alors on se défie de soi, et on craint sans cesse de donner trop d'essor à sa curiosité et à son raisonnement ; ‘alors on se laisse juger par cette parole, sans jamais la juger ; alors on ne lit aucun endroit de l'écriture que par le conseil des pasteurs où directeurs expérimentés, et on ne les lit que dans l'esprit de l'Église même; alors on prie encore plus qu'on ne lit, on ne lit qu'en esprit de ‘ prière, et on compte que c'est la prière qui nous ouvre “ les écritures. ?
Maintenant, conclut le digne pasteur, je pris vous confier une bible, pourvu, toutefois, que vous mettiez fidèlement en pratique les salutaires avis donnés par le grand archevèque de Caunmbray.
Mon devoir est done de vous avertir que si vous les oubliez pour un instant et que, au lieu de chercher dans la lecture de ce d'vin livre à vous affermir dans voire foi et à en nourir votre piété, vous ne le lisez que par ostentation, ou pour juger l'Église, où pour en tirer un vain sujet d’'orgueil ; cette lecture tournerait à votre ruine, et bientôt vous en seriez rendu au point où sont aujourd'hui un très grand nombre d'hommes pour qui la lecture de la bible a été un sujet de scandale et de ruine spirituelle.