‹ Le petit arsenal du catholique ou Traité élémentaire de controverse [microforme] (volume 2)Chapitre 17 sur 49 · INTRODUCTION. XX1II · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XX1II

Mais, comme le religieux Jean-Baptiste était du nombre de ces hommes sages qui ne prennent aucune détermination importante sans prendre conseil d'un homme sage, suivant l'avis que Tobie donnait à son fils : * Demandez toujours conseil à un homme sage (1)° ; il se décida à aller consulter son curé, et à lui faire part et de son désir et de ses craintes.

Le curé de Jean-Baptiste, homme de science et de grande vertu, le loua grandement de sa démarche, et l'encouragea à lire les livres saints. Mais, avant de lui confier le volume sacré, il se crut obliger de lui donner les avis qu vont suivre :

1e Je connais votre piété, votre bon sens et surtout, votre

soumission aux décisions de l'Eglise, et voilà ce qui m'engage à vous donner une bible, Mais ce n'est que pour vous seul. Car l'Eglise, notre Mere, exige que la lecture de la sainte écriture ne soit point accordée à tous indistinctement, suivant la quatrième règle de l'Index des livres défendus ; la voici:

“ Comme il est manifeste, dit cette règle, que si on laisse sans choix la lecture de Ja bible en langue vulgaire, il arrivera, par la témérité des hommes, plus de mal que “d'utilité, il dépendra de la discrétion de l'évêque ou de l'inquisiteur, de pouvoir accorder, sur l'avis du curé ou du confesseur, la lecture d'une version de la bible en langue vulgaire, qui soit faite par des auteurs catholiques, pour ceux qu'ils connaitront en état de tirer de cette lecture, non quelque dommage, mais une augmentation de foi et de piété : il faut qu'ils aient cette permission par écrit (2).” Ainsi, comme vous le voyez, mon cher Jean-Baptiste, vos craintes étaient bien fondées, puisque l'Église exige qu'on ne permette la lecture de la bible, en langue vulgaire, qu'à “eux qu'on croira devoir en retirer wxe augmentation de foi et de piété. Je crois devant Dieu que cette lecture produira en vous ces heureux résultats.

2’ Dans la méme lettre, le grand Fénelon, après avoir longuement discuté cette question de la lecture de la bible par les fideles, en langue vulgaire, établit les deux principes suivants : “ L'Eglise, en paraissant changer de disci- “ pline extérieure, n'a jamais changé en rien ses véritables “imaximes. lle en a toujours eu deux très constantes : la “première est de donner le texte sacré à tous ceux d’entre

(1) Tobie, ch. 4, v. 19. (2) Lettre de Fénelon à l’évêaue d'Arras,

LU

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