‹ Le petit Buffon des enfantsChapitre 49 sur 50 · DES VARIÉTÉS DE L'ESPÈCE HUMAINE · texte numérisé non relu

DES VARIÉTÉS DE L'ESPÈCE HUMAINE

Les espèces, chez les hommes , ne sont pas moins variées que chez les animaux :

il yen a de petits , il y ena de grands, il a des géants , il y à aussi des nains , et des hommes de toutes les grandeurs entre ces deux extrêmes ; il y en a de blancs, de noirs, de mulâtres et des nègres blancs ou albinos. On divise ordinairement les hommes en quatre races principales : 1° la race caucasique ou européenne. 2° La race mongole qui comprend les tartares et les chinois. Les individus de cette race ont le teint jaune , les pommettes des joues saillantes et les yeux obliques c'est-à-dire penchés vers le bas du nez. 3° La race américaine à peau rougeâtre et sans barbe.

h° La race nègre à peau noire, à grosses lèvres et à cheveux crépus:

La taille ordinaire des hommes est de

un mètre soixante centimètres à un mètre quatre vingt-dix centimètres ; tout ce qui est infiniment au-dessus ou au-dessous de cette hauteur, est un géant ou un nain.

Les géants doivent être regardés comme des variétés très-rares , il faut des siècles pour les produire. On a vu à Rouen , en 1735, un géant de sept pieds deux lignes.

La même année à Paris, on en a vu un qui avait six pieds cinq pouces huit lignes.

Si de temps à autre il paraît des hommes d’une taille extraordinaire pour la grandeur , il en paraît de même de remarquables par leur petitesse. Parmi les jeux de la nature on le voit quelquefois travailler en miniature avec une justesse admirable de proportions. Le petit Bébé, nain du roi de Pologne, dont on peut voir le squelette au Muséum, en est un exemple.

Cetenfant, né d’un père et d’une mère bien constitués, habitant des Vosges, ne pesait qu'un peu plus d’une livre en venant au monde ; sa bouche était si petite, qu'elle ne pouvait recevoir le mamelon de sa mère; une chèvre fut sa nourrice. À l’âge de deux

DES ENFANTS. 175 ans il commença à marcher, on lui fit des . souliers de huit lignes de longueur ; à six ans , il était haut de cinq pouces sept lignes. Malgré la bonne éducation que le roi lui fit donner, on ne vit point de talent se développer ; toute son intelligence ne passait pas les bornes de l'instinct ; jamais on n’a pu lui apprendre à lire. Les passions , cependant, régnèrent dans son âme , il était susceptible de jalousie, de colère et d’emportement. À l'âge de quatorze ans il avait dix pouces neuf lignes de hauteur ; c'était son âge brillant; il était joli et bien fait. À quinze ans, au moment où la nature développa ses forces, il devint valétudinaire, ses forces s’affaiblirent, sa tête se pencha, lépine du dos se courba, il était dans l’état d’un sexagénaire; il perdit sa gaîté et périt à svingt-deux ans ; la nature chez lui était épuisée. On à vu encore plusieurs nains mourir également jeunes, et paraissant être dans la décrépitude de la vieillesse.

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