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INTRODUCTION
Le petit commerce est actuellement dans une situation bien pénible. D'un côté il est menacé par les grands magasins dont le nombre va croissant dans toutes les branches de la production, qui font parvenir des prospectus et expédient des marchandises jusque dans les campagnes les plus reculées, D'un autre côté il a à soutenir une guerre acharnée contre les sociétés coopératives de consommation qui jusque-là s'étaient cantonnées dans les grandes villes et qui aujourd'hui paraissent se propager un peu partout grace à l’organisation des syndicats qui en sont la conséquence, le prolongement.
Il n’y a qu’à jeter les yeux autour de soi, pour voir que partout où les sociétés coopératives de consommation ont pris naissance et se sont développées, le petit commerce s’étiole, dépérit, et semble marcher à sa ruine.
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an ingénieux, quelqu’ économe, quelque laborieux qu'il soit, quelque modique que soit le gain dont
il se contente, il lui semble difficile, paraît-il de lutter contre les forces qui l’assaillent.
Et cependant le petit commerce a-t-il mérité le sort
qui lui est fait ? On pourrait, certes, lui adresser plus d’un reproche, mais précisément parce qu'il est petit, il a droit à plus d’égards. Combien de pauvres gens lui doivent leur moyen d'existence et seraient incapables de gagner leur vie sans lui. Enfin s’il est quelques
petits commerçants qui manquent parfois aux règles
de la probité, la masse reste honnête, n’a pas cessé d’être intéressante et il y aurait injustice à la laisser condamner sans un mot de défense.
Mais il ne s’agit pas seulement de défendre le petit commerce, il faut surtout lui donner confiance, le secouer un peu de sa torpeur, cause première de son état d’infériorité actuelle, lui fournir les armes par lesquelles il se défendra lui-même et qui lui assureront la victoire quand il saura s’en servir. Car nous ne croyons pas que le petit commerce soit véritablement menacé dans son existence, et destiné à disparaître. On le trouve dans toutes les sociétés civilisées et cette seule raison nous fait admettre qu'il a sa raison d’être, qu'il constitue un rouage essentiel, et ne doit pas périr.
Le commerce représente, ou tout au moins devrait représenter en temps ordinaire, normal, l’élément stable et pondérateur de toute société. On ne comprend pas bien un milieu composé uniquement de
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patrons et d'ouvriers il faut une classe intermédiaire
pour adoucir les contacts ; le petit commerce est
tout indiqué pour remplir cette tâche.
Sa disparition serait un malheur au point de vue
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Le comrmerce de détail est une des professions qui conservent le mieux l’esprit de famille si menacé de nos Jours. C’est la famille tout entière qui y prend part, tous les membres y trouvent leur place et peuvent se rendre utiles. La femme tient les livres pendant que 8 mari fait la vente et que les enfants portent les objets à domicile. Il n’est pas de tâche plus naturelle et plus moralisante : c’est une des rares professions accessibles à la femme, qui tout en lui permettant de rester au foyer et de veiller sur ses enfants, lui donne également la faculté de gagner sa vie.
Enfin,de mêmequ’avecles progrès de la science,permettant la distribution de la force motrice à domicile,
on peut entrevoir dans un avenir prochain la revan-
che des petits ateliers, des ateliers de famille sur la grande usine, de même le petit commerce peut espérer triompher un jour de ses redoutables adversaires. Les grands magasins qui entraînent des frais généraux énormes, et deviennent facilement affaire de spéculation, résisteront difficilement à la concurrence qu'ils commencent à se faire les uns aux autres. Les sociétés coopératives de consommation dépendent beaucoup de la vogue de la mode, et doivent compter avec les caprices populaires ; un simple vote peut en
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vail peuvent en amener la liquidation.
Enfin, grands magasins et coopératives ne nt
pas soutenus par cette ténacité, cette persévérance qu'inspire l'intérêt personnel. On ne peut demander à administrateur d’un bien collectif le même travail, la même économie, les mêmes sacrifices qu’à celui qui opère pour son propre compte.
Néanmoins, il faut reconnaitre qu étuelléement l’avenir du petit commerce est plutôt sombre et qu'il est grand temps pour lui de vaincre sa mollesse et de se préparer sérieusement à la lutte. Le temps des lamentations purement platoniques est passé, il doit agir. Nous ne réclamons pas pour lui un régime de protection, et il serait du reste illusoire d'attendre du législateur à l'heure actuelle, la moindre marque de faveur. C’est sur lui seul qu'il doit compter; il a toutes ses armes en sa possession, il n’a qu'à savoir et surtout qu'à vouloir s’en servir.
Loin de nous, également, la pensée de réclamer des entraves à la fondation des sociétés coopératives, qui parfois rendent des services incontestables quand elles observent scrupuleusement les principes qui leur ont été donnés, et quand elles ne sont pas détournées de leur but.
Nous sommes trop partisans de la plus grande liberté possible et surtout de la liberté d'association pour réclamer protection pour les uns et entraves pour les autres. Liberté et égalité pour tous, telle est notre devise.
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INPRODUGTION
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Dans Le ouvrage, nous nous proposons d'examiner An est la situation du petit commerce dans les villes où le mouvement coopératif s’est surtout déve loppé, à quelles causes il se rattache et quelles en sont les conséquences ; enfin par quels moyens le petit commerce peut lutter avec efficacité contre ces progrès de la coopération. |
Dans ce but nous diviserons notre travail en trois parties.
FF Partie : De la situation des sociétés coopératives de consommation et du petit commerce.
I[° Partie : Causes et conséquences du développement des sociétés coopératives et de l’affaiblissement du petit commerce. | ,
IT: Partie: Moyens de lutte du petit commerce contre la coopération de consommation.
Nous diviserons notre première partie en deux chapitres. Dans un chapitre premier nous donnerons un aperçu rapide du développement coopératif; dans un chapitre second, nous verrons quelle est la situation du petitcommerce devant les progrès de la coopération ; nous nous demanderons notamment sile nombre des petits commerçants n'aurait pas diminué dans certains centres où les coopératives ont pris pied, si dans d’autres il se trouve en rapport avec la population, enfin partout si le petit commerce local ne dépérit pas et ne menace pas de disparaitre.
Dans la seconde partie nous nous attacherons dans un chapitre premier à déterminer les causes de ce double mouvement: progrès de la coopération,
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tance capitale.
Dans un chapitre second nous indiquerons ne sont les effets de la coopération de consommation ; nous verrons alors comment les coopératives ont été détournées de leur but et les abus ARTE elles ont donné lieu. =
Enfin avec la troisième partie nous aborderons ls
moyens de lutte par lesquels le petit commerce pourra
résister et entravera les progrès de la coopération ; un chapitre premier sera consacré à la question de l'imposition de la patente aux coopératives; un chapitre second traitera du syndicat des petits commerçants entre eux, de l’association des petits commerçants avec les consommateurs ; enfin dans un chapitre troisième nous verrons si la création d’une banque populaire autour de laquelle se grouperalent tous les petits commerçants ne serait pas l’association par excellence qui leur viendrait en aide tout en procurant aux travailleurs des avantages autrement appréciables que ceux qui leur étaient fournis par les coopératives.
Nous terminerons en essayant de dégager quel est le sens des remèdes que nous avons indiqués.
dépérissement du petit commerce, et nous essaierons | de démontrer qu'à côté des abus du petit commerce il y a place également pour d’autres causes d’impor-
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