I.o fer, le poison, la guerre et le sang
Je garde pour moi la sottise humaine,
Convaincu qu’un sot vaut bien un méchant.
Les inventions les plus biscornues,
C’est moi qui les souffle aux pauvres humains , Grotesques pantins que, par leurs bévues, Comme par des fils, je tiens dans mes mains.
En bonnet carré quelquefois jo rôde,
Attaquant la veuve ou bien l’orphelin;
Sous des panonceaux abritant la fraude, Histoire de rire et d’ètre malin.
Mais mon plus grand, faible est pour l’adultère, Ce péché mignon est mon fils chéri ;
Aussi que de soins je dépense à faire Un assortiment de « femme et mari! »
Je n’ai jamais eu, dans ce grand système, D’allié plus sûr que la vanité.
Et le besoin d’ètre aimé pour soi-méme M’a dans mon bilan beaucoup rapporté 1
2fi
Vanité, mensonge, amour et délire,
Vous me préparez de joyeux ébats.
En pensant aux pleurs qui suivront lo rire,
Tu crois, vieux docteur, que je ne ris pas?
Je suis Méphisto, serviteur fidèle De l’ange déchu qu’on nomme Satan.
Je liais, comme lui, la race mortelle.
Et fais en petit ce qu’il fait en grand.
FAUST
C’est à ces bêtises-ià que tu passes ton temps ?
MÉPHISTO
N’en dis pas de mal. Tu es à moi.
FAUST
À toi?
MÉPHISTO
N’est-ce pas que Marguerite est bien jolie?
FAUST
Si elle est... Ohl que c’est bête de venir déranger un docteur vertueux depuis soixante-dix ans!
MÉPHISTO
Justement, ta pudeur m’agaçait. J’ai triomphé des femmes mariées... des rosières... et je n’ai pas encore pu entamer ta vertu... Pourquoi?...
faust, à lui-même.
11 manque d’instruction. (A Méphisto.) Mais c’est bien simple... tes femmes mariées avaient à tromper leurs maris... les rosières, M. le maire... et moi je n’avais rien.
MÉPHISTO
Je t’ai pincé pourtant, philosophel
Va-t’en...
MÉPHISTO
Adieu !
FAUST
Non... reste.;.