ACTE DEUXIÈME
LE COCHER
Si ce n’était que ça!
VALENTIN
Quoi t’est-ce alors ?
LE COCHER
Figurez-vous, lieutenant, qu’il y là un particulier qui m’offre vingt mille francs si je veux vous descendre.
VALENTIN
Me descendre, ousque?
LE COCHER
Ici... et le prendre à votre place.
valentin, sortant du fiacre.
Et où est-il ce particulier?
FAUST
C’est moi, capitaine.
VALENTIN
\ous!... voulez-vous me faire le plaisir de me regarder entre les cils? Bien !... Veuillez me dire maintenant si j’ai l’air d’une oie ?
FAUST
D’une oie?... non... cependant, vous êtes jeune et beau..
VALENTIN
Je. ne vous demande pas si jé suis joli.,, je le sais... suffit... Si votre proposition est une plaisanterie... je la trouve drôle.
FAUST
Et si c’est sérieux ?...
VALENTIN
Alors, je la trouve meilleure... Apprenez que je vais retrouver ma famille... que j’ai donné quarante sols à cet ôtez-moi-donc.. . pour qu’il me conduise à cedevoirpieux... et qu’il m’y conduira ou que je lui ferai avaler son fouet par le manche... Allons, en route !
LE COCHER
Attendez... je vais l’attendrir. ( A Valentin.) Commandant... j’ai une femme et onze enfants...
VALENTIN
Onze enfants! ...