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Le petit Jehan de Saintré

Antoine de la Salle naquit en Provence vers 1388 et mourut en 1464 De ses voyages en Italie, il rapporta une connaissance parfaite des conteurs légers et galants qui Y florissaient alors. En 1424, il fut viguier d'Arles (fonction qui équivalait à peu près à celle d’un juge de première instance) pour Louis III, duc d'Anjou et comte de Provence. Devenu son secrétaire, il l’'accompagna à Naples l’année suivante, en 1425. Il remplit les mêmes fonctions auprès de René d'Anjou, frère du précédent, et reçut de lui la mission délicate d'élever Jean, son fils aîné. En 1448, nous le trouvons au service du connétable Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, dont ül instruisit les trois fils. Ce seigneur l’introduisit auprès de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à la cour duquel il était en 1458. — Tels sont les événements les plus marquants de sa vie.

Écrivain de talent, et à coup sûr le plus distingué prosateur du xv° siècle, il a laissé quelques ouvrages d’un intérêt et d'une valeur très inégaux. — Ses principales œuvres : {a Salade et la Salle, sont des traités didactiques dédiés l'un à Jean de Calabre, l'autre à Saint- Pr nee var À

ANTHOINE DE LA SALE | re Pol. Mais son principal mérite est d’avoir introduit en D France, avec le Petit Jehan de Saintré, le roman de mœurs et l'alerte manière de conter des nouvellistes | italiens. a 27

Ce n’est pas toutefois que le Petit Jehan de Saintré soit avant tout un roman de mœurs. Dans les conseils si détaillés, si précis, d’une érudition si surprenante pour une femme, que la dame des Belles Cousines donne à son amant, noùs retrouvons le précepteur de bonne maison, … soucieux de faire de ses élèves de parfaits chevaliers. Cette partie du livre a d’ailleurs à nos yeux le grand DU mérite de nous renseigner sur les mœurs de l’époque, si. brillantes et si fastueuses, sur les règles d'honneur en /. usage dans les combats chevaleresques, sur la bonhomie/ étonnante des rapports entre souverains et courtisans, Sans doute certaines énumérations, certaines descriptions par trop techniques de costumes et de blasons nous paraissent aujourd'hui passablement froides ; mais les nobles seigneurs et les hautes dames du temps y trouvaient leur plaisir. C'étaient des âmes jeunes, facilement intéressées, Ils s’attardaient aux méandres d’un récit, car leurs loisirs étaient plus grands que les nôtres; au besoin, ils tiraient parti pour eux-mêmes des excellents, A conseils prodigués à Saintré par sa maîtresse dans la. | première partie du roman. En tout cas, ils se complaisaient aux récits détaillés des chevaleresques entreprises, \ | des joutes et des pas d'armes.

Les lecteurs modernes trouveront sans doute plus d'agrément dans la seconde partie du livre, lorsque la. dame des Belles Cousines trompe avec un abbé bien en point le pupille qu'elle a formé avec tant de zèle. Il ya

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