PRÉFACE
là des scènes exquises, d’une ironie profonde, d'un réalisme un peu gras, comme on doit bien s’y attendre de la part d'un homme qu'on a cru longtemps être l’auteur des Cent Nouvelles Nouvelles. Le roman a changé complètement de ton et d’allure. Au lieu de nobles tournois, l'auteur prend plaisir à nous décrire des ripailles de moines. Il nous montre le petit Jehan de Saintré, la fleur de la chevalerie d’apparat, bafoué, battu par « damp Abbé », sous les yeux charmés de son ancienne protectrice. Comme l'a dit très finement un critique, « ce Télémaque se termine en fabliau ».
Les caractères sont vivement tracés, sauf celui du petit Jehan de Saintré qui est un peu pâle et un peu factice. Il faut vraiment avoir le goût des rapprochements littéraires, pour y voir, comme certains l'ont prétendu, un prototype du Chérubin de Beaumarchais. |
Le style est alerte, spirituel, sans beaucoup d'éclat. La Salle à les qualités littéraires des gens de son pays. Il présente les faits d'une manière aisée et piquante, nerveuse parfois, avec une légère pointe de malice. Il s'amuse lui-même en écrivant autant qu’il nous amuse, et nous communique presque toujours sa bonne humeur.
Ces qualités font du Petit Jehan de Saintré un des
plus beaux monuments littéraires de notre langue. R.B.
/ Mid L'HYSTOYRE ET PLAISANTE CRONICQUE
DU