‹ Le petit manuel canadien [microforme]Chapitre 2 sur 97 · partie d’origine française, sur 188,688 milles carrés (488,676 kil · texte numérisé non relu

partie d’origine française, sur 188,688 milles carrés (488,676 kil

Ces deux provinces formaient, à elles seules, le Canada avant 1867 ; mais l’Acte de l'Amérique

. Britannique du Nord, proclamé le premier juillet

de la même année, leur a annexé le Nouveau- Brunswick et la Nouvelle-Ecosse. Puis, la province de Manitoba détachée des territoires du Nord-Ouest, en 1870 ; celle de la Colombie Anglase, en 1871; et l'ile du Prince-Edouard, en 1873, entrèrent successivement dans la Confédé. ration canadienne, Î: population de ces cinq dernières provinces réunies, est de 986,109 âmes et leur superficie territoriale de 513,719 milles carrés (1,333.067 kil).

Les territoires du No:d-Ouest plus considérables à eux seuls que toutes les autres provinces du Canada réunies, puisqu'ils cont.ennent 2,665,252 milles carrés (6,902,721 kil.), ont étè céc's au gouvernement canadien par la compagnie de la Baie d'Hudson en 1870. On n'y compte que 56,446 habitants dont 49,472 vivent à l’état sauvage. *

* On y a établi, en outre de la province de Manitoba, cinq grands districts : Keewatin contenant environ 500,000 milles carrés, en 1876; puis, en 1882 ; ceux d’Assiniboine, de 95,000 milles carrés, de Saskatchewan, de 114,000 milles carrés, d'Alberta, de 100,000 milles carrés et d'Athabaska, 122,000 miiles carrés.

A l'encontre du 5as-Canada où l'élément français et catholique domine, les autres provinces sont, en grande majorité, anglaises et protestantgs; ceux qui y professent le catholicisme et descendent de la race française n’y comptent que pour un quart au plus.

On exagère beaucoup, ordinairement, l’âpreté du climat canadien. Au Canada les hivers sont rigoureux, c’est vrai, et la neige y couvre le sol pendant près de cinq mois de l’année. Mais, en revanche, ces froids secs et vivifiants, que l’on envisage avec tant d'horreur, donnent la force et l'énergie ayx populations qui l’habitent ; cette neige ellemême, si redoutable en apparence, tout en étant

le préservatif le plus efficace des plantes qu'elle!

garantit contre la gelée, procure aussi, aux habitants des villes et des campagnes, un mode de locomotion des plus rapides et des moins coûteux. Les étés sont habituellement chauds, c’est incontestable, mais l'atmosphère n’y est jamais lourde et suff.…..1te, comme dans les régions de l'Amérique

méridionale, ou dans certaines contrées du sud de l’Europe, et cette température provoque et soutientg

une des végétations les plus luxuriantes qu’il y ait au monde.

À Montréal, la température moyenne des trois mois d'hiver est de dix degrés centigrades, à peu

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près la même qu'à St. Petersbourg. D’après des rapports météorologiques d’une autorité incontestable, * dans cette ville, la moyenne de janvier, le mois le plus rigoureux de l'année, varie entre diæ et onze degrés centigrades. Ces mêmes rapports constatent que ‘la moyenne de juillet, le mois le plus chaud au Canada, varie entre vingt et vingt-deux degrés.

Jamais, cependant, ni cette grande chaleur, ni ee froid tant redouté ne deviennent assez intolé-

rables pour empêcher le cultivateur canadien de

vaquer aux travaux d'exploitation de sa ferme.

Les variations considérables que l’on remarque entre les grands froids de l'hiver et les jours les plus chauds de l'été, sont loin d’être aussi préjudiciables à lx santé des habitants qu’on pourrait se l’imaginer au premier abord. Des statistiques sérieuses ont démontré que, toutes proportions gardées, le chiffre des décès y est plus de moitié moins élevé qu’en France et en Angleterre.

La meilleure preuve à donner de la salubrité du climat, c’est la vitalité tout exceptionnelle de la

Epopulation du Canada, en général, et le développe-

ment vraiment prodigieux de la race française, en

iparticulier. En 1768, le Hautet le Bas-Canada qui

comptaient 65,009 âmes, tout au plus, possédaient,

* Voir aux renseignements divers le tableau méteorologique.

lors du recensement de 1881, 3,282,255 habitants, dont 1,176,563 d’origine française. Si nous ajoutons à ce dernier nombre environ 500,000 Canadiens-Français disséminés dans les autres pro-

vinces de la Confédération et aux Etats-Unis, nous en arrivons à constater que, dans l’espace de cent

dix-huit ans, ce petit groupe de Français s’est multiplié plus de vingt-cinq fois par sa simple force

d'expansion et sans le secours de l’émigration

étrangère. è

On doit conclure-de ces observations, et cela en dépit de toutes les opinions scientifiques émises pour expliquer le peu d’augmentation relative de la population en France, que la race française possède des qualités tout aussi colonisatrices, à ce point de vue, qu'aucune autre au monde. (Cette progression rapide de la population, au Canada, est due un peu, sans doute, à la salubrité du climat et beaucoup, probablement, à la moralité des habitants. Quoiqu'il en scit, si l’accroissement qui s’est manifesté jusqu'ici continue à se maintenir, il y aura, avant la fin du siècle prochain, plus de Français qu’en France même dans les colonies.an- ” glaises de l'Amérique du Nord.

Chacune des provinces du Canada possède d’innombrables ressources, pour la plupart inexploitées encore,

consi infini et lé cours d’usin pays ; grand:

qui, à chure, moins suffisar fort tor d'avant

Les forêts séculaires qui couvrent une partie considérable de son territoire offrent une variété infinie de bois, fort appréciés, pour la construction et l’ébénisterie. Des centaines de rivières, au cours rapide, peuvent faire mouvoir des milliers d'usines alimentées par les produits naturels du pays ; ses chemins de fer, ses canaux, ses lacs, grands comme des mers, son fleuve Saint-Laurent qui, à plus de cent soixante lieues de son embouchure, devant Montréal, a encoré une largeur d’au momns deux milles et demi, et une profondeut suffisante pour permettre aux steamers du plus fort tonnage d'y manœuvrer à l'aise, sont autant d'avantages sérieux offerts au développement du commerce et de l’industrie.

Enfin, mettant en ligne de compte un grand nombre de manufactures et d'usines de toutes sortes, une immense quantité de produits minéralogiques enfouis dans le sol, on se fera une idée des richesses inconnues que renferme ce pays inévitablement destiné à jouer, un jour ou l’autre,

à un rôle important, sinon brillant, parmi les peuples

du Nouveau-Monde.

Au point de vue administratif et religieux, le Canada jouit de la liberté la plus étendue. Le suzeraineté de l’Angleterre sur cette colonie est toute commerciale. Les possessions britanniques

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de l'Amérique du Nord sont un débouché avan-

tageux pour les nombreux articles d'exportation :

qui sortent des docks de la Grande-Bretagne et inondent leurs marchés, à l’exclusion de presque tous autres produits européens ; c’est tout ce que la métropole leur a demandé jusqu'ici.

La constitution qui régit la Confédération canadienne, tout en étant monarchique parlementaire, a beaucoup d’analogie avec celle des Etats- Unis d'Amérique. Comme dans la grande république américaine, il y a une administration fédérale et des gouvernements provinciaux.

Le gouvernement fédéral siége à Ottawa,.capitale du Canada.

Il est administré par :

Un Gouverneur-Géntral, fonctionnaire du gouvernement métropolitain, chargé d’y représenter les intérêts de la couronne britannique, avisé par un conseil composé de treize ministres qui ont la direction des départements qui suivent :

1° Département de la Justice et du Procureur- Général, y compris l'Administration des pénitenciers ;

2° Département des Travaux Publics, comprenant les canaux, les chemins de fer et les édifices publics ;

«3° Département de l'Intérieur, comprenant:

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I’administration des Indiens, les terres de la Con-: fcdration, le service géologique ;

4° Département du Secrétaire d'Etat, comprenant : La cofrespondance officielle avec le Gouverneur-: Général et les Lieutenants-Gouverneurs des provinces, l'impression et la publication de la Gazette Officielle, l'enregistrement de tous les documents publics, la papeterie du Gouvernement etle bureau de l’Imprimeur de la Reine et la police à cheval ;

5° Le Département de la Marine et des Pécheries, comprenant: la construction et l'entretien des” phares, la police des rivières, les garde-côtes, la quarantaine, la protection des pêcheries et la pisciculture ;

6° Le Département de la Milice et de la Défense, : comprenant : la milice, les fortifications et les écoles militaires ;

7° Le Département des Finances, comprenant : : le Trésor, les Caisses d'épargne du gouvernement ;

8° Le Département des Douanes ;

9° Le Département du Revenu Intérieur, comprenant : la perception des droits d’accise, les péages des canaux et des glissoirs pour les bois de construction, le paiement des fermages des bacs, et les honoraires pour la coupe des bois de construction (terres de la Puissance), et la mise a exécu-,

tion des actes ayant trait à l'inspection des denrées

alimentaires, du gaz, des poids et mesures, etc., etc. 10° Le Département des Postes, comprenant les

caisses d'épargne postales ; ;

11° Le Département de l'Agriculture et des Arts, comprenant : le bureau des Brevets, le bureau des Recensements et Statistiques, et aussi l'Immigration ;

Un sénat composé de-soixante-dix-sept membres nommés à vie par le Gouverneur en conseil ; *

Enfin, une Chambre des Communes, où siégent deux cent onze députés élus, tous les cinq ans, au scrutin secret, par les habitants des différentes provinces de la Confédération, qui y sont représentées proportionnellement à l’importance numérique de la population de chacune d’elles.

Dans les deux Chambres, la discussion peut avoir lieu, indifféremment, en français ou en anglais, et tous les documents officiels doivent être forcément publiés dans les deux langues.

* Les sénateurs doivent être âgés d'au moins trente ans et posséder une quulificution foncière do $4.000 dans la province pour laquelle ils ont été nommés. Le sénat se compose ainsi : Ontario, 24 ; Québec, 24; Nouveile-Ecosse, 16; Nouveau-Brunswick, 10; Manitoba, 2; Colombie Britannique, 3 ; Ile du Prince-Edouard, 4.

t La Province de Québec sert de base avec 65 députés : voici le nombre do représentants que chaque province, d’après le dernier rec<ensement, doit fournir à la Chambre des Communes : Ontario. 92 ; Québec, 65; Nouvelle-Ecosse, 21; Nouveau-Brunswick, 16; Ile du des | Prince-Edouard, 6 ; Manitoba, 5 ; Colombie Britannique, 6. nan

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DT ENS ” L'Acte d'Union confère au gouvernement fécr déral le pouvoir de faire des lois pour la tranquillu lité et l'administration du pays. Il règle les quesds tions suivantes :

de. 1° La dette et la propriété publiques ; sit | 2° L'industrie et le commerce ;

3° Les contributions indirectes :

boss 4° Les emprunts sur le crédit public ;

k | 5° Le service postal ; 6° Lés recensements et statistiques ;

ent a ts ) au {° La milice et la défense ; on 8° La solde des officiers civils et-militaires ;

| 9° Le service des phares ;

£ 10° La navigation ;

11° La quarantaine ;

12° Les pêcheries ;

13° Le numéraire et les opérations de banque ; 14° La monnaie légale et le monnayage ;

15° Les poids et mesures ; »

16° Les banqueroutes et les faillites ;

17° Les inventions et les découvertes ;

bec, 18° Les naturalisations ;

ice 19° Le mariage et le divorce ;

ici le 20° Les pénitenciers ;

jrs 21° Les lois criminelles, excepté la constitution o du des cours de juridiction criminelle et ne compre-

nant que la procédure en matière criminelle,

Chacune des provinces possède, en outre, un gouvernement particulier dont la constitution est,

à peu de chose près, analogue à celle de la légis-

lature fédérale. Elles exercent leur contrôle sur toutes les matières qui ne sont pas spécialement dévolues au gouvernement fédéral. |

Ces adininistrations se composent :

D'un Lieutenant-Gouverneur, d’un Conseil Législatif dont les membres sont nommés à vie, comme ceux (lu Sénat, et d’une Assemblée Législative éligible tous les quatre ans ; excepté celle de la province de Québec qui doit durer cinq ans.

Ontario, Manitoba et la Colombie diffèrent des autres provinces en ce qu’elles n’ont pas de Conseil Léuislatif, °

Ces législatures provinciales sont complètement indépendantes du parlement fédéral pour tout ce qui concerne la législation civile, et ont l'adfninistration de toutes les propriétés du domaine publ contenues dans les limites qui leur appartepaient avant la Confédération. Elles nomment aussi les magistrats nécessaires pour l’administration de la justice, excepté les juges.

Elles régissent :

1° L'éducation ;

‘2° Les asiles d’aliénés, les hôpitaux et les institutions de charité ;

est, 8° Les prisons et les maisons de correction ; ris 4° Les institutions municipales ;

sur 5° Les magasins, les hôtels et autres lieux-auent torisés ; |

6° Les travaux locaux ; 7° Les mariages ; Lé- 8° La propriété et les droits civils ; 9° L'administration de la justice, en tant que le comportent la constitution, la conservation et l’or- Ile ganisation des cours provinciales de juridictions civile et criminelle, et les pouvoirs des magistrats

et des juges de paix. ia a. L'émigration et l'immigration sont soumises à la législation fédérale et à la législation locale simultanément; mais sur ce point les règlements ne locaux ne doivent pas se trouver en conflit avec ut pra | les lois fédérales.

- Le droit de veto que le Gouverneur-Général et ” les Lieutenants-Gouverneurs ont le droit d'exercer, È, au besoin, au nom du Souverain, est la seule me-

sure répressive que l'autorité métropolitaine se soit réservée sur ses colonies de l'Amérique du Nord. Bien rarement, les représentants de la couronne britannique se croient dans le cas d’user d'un privilège que leurs pouvoirs leur confèrent, La propriété foncière n'est soumise à aucune taxe directe, et les impôts perçus sur les marchan-

Ke

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dises importées et sur différents produits manufacturés dans le pays, ont suffi jusqu'ici aux frais généraux de l'administration.

Pour être électeur, il faut, en outre de la possession intégrale de ses droits civils, être pourvu d’une certaine qualification pécuniaire qui varie selon l'importance du mandat à conférer. *

.* Une des clauses de l’acte de cession de la Nou-

velle-France à l'Angleterre assure aux habitants du pays la libre pratique de la religion catholique et l'exercice des lois civiles alors en usage dans la colonie. Le clergé catholique est respecté de toutes les sectes religieuses et jouit d’une influence considérable parmi les habitants d’origine française.

* Pour être électeur, il faut, dans les provinces d'Ontario et de Québec, être principal locataire ou tenancier de propriétés valant : à la ville $300.00, et dans les campagnes $260.00, ou posséder un revenu de $30.09 à la ville et de $20.00 dans les campagnes.

A la Nouvelle-Ecusse, l'électeur doit posséder pour $150.00 de propriétés foncières ou $40.00 äe propriétés mobilières ; et au Notveau-Bruuswick, des propriétés foncières pour $100.00, des valeurs mobilières do $400.00 ou un revenu annuel de $40.00,

* Dans l'Ile du Prince-Edouard, tout propriétaire ou locataire de propriétés foncières évaluées à $400.00, après 12 mois-de résidence est électeur dans lo district où il doit donner son vote.

A Manitoba, est électeur tout sujet anglais mâle après 3 mois de résidence dsus son district électoral, s’il possède une propriété foncière de $100.00, ou s’il est locataire do biens-fonds de la valeur de 8200.00 ou payant $20.00 de rente.

Dans la Colombie Anglaise, l'électeur est seulement tenu d'être dujet anglais et d’avoir résidé 12 mois dans son districi éleetoral.

Ce que prude A ce Canad sées} furent Canal les di toutes bec, 1 çaise tentior autres civile :

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a0- C’est:sur l'interprétation des Coutumes de Paris als B que les tribunaux appuyèrent toujours la juris-

prudence civile du Canada francais, jusqu’en 1866.

ul A cette époque, les lois en vigueur dans le Basie Canada, après avoir été soigneusement condenrie sées par un comité composé de savants légistes, furent publiées sous le titre de Code civil du Basou- Canada. Le code renferme, à peu de chose près, nts D les dispositions du Code civil français. Devant ho- toutes les cours de justice de la province de Quéage bec, l'avocat comme le plaideur, d’origine franecté çaise ou anglaise, peuvent faire valoir leurs préin- tentions dans leur langue maternelle. Toutes les ine autres provinces sont soumises à la jurisprudence civile anglaise.

L'instruction primaire est obligatoire au Canat de da, en ce sens que chaque père de famille est tenu un D de payer une certaine contribution annuelle affectée au soutien des écoles de son canton, pour 0 de A si chacun de ses enfants âgés de sept à quatorze ans, ours qu'ils y assistent ou non.

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RESUMÉ HISTORIQUE

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