‹ Le petit manuel canadien [microforme]Chapitre 3 sur 97 · LE CANADA SOUS LA DOMINATION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LE CANADA SOUS LA DOMINATION FRANÇAISE

De l’autre côté de l'Atlantique, à plus de mille lieues des rives de France, il y a de cela plus de trois 1ècies, Jacques Cartier remontait le fleuve Saint-Laurent et prenait possession, au nom du ro de France, de vastes contrées, encore inexplorée auxquelles on donna le nom de Nouvelle-France.

En dépit des vicissitudes de tout genre qu'ils ont eu à subir, les quelques rares pionniers qui vinrent, à l'ombre du drapeau planté par le navi-

gateu:

grand con n serven élémen mœurs Com tions d part du Colomb, cela l’av

gateur malouin, fonder la nouvelle colonie, ont grandi et prospéré.' Aujourd’hui, près de treize cent mille représentants de la race française con- | servent précieusement au Canada, au milieu des éléments étrangers qui les entourent, la langue, les 2 mœurs et les traditions de l’ancienne mère-patrie.

Comprenant qu'à l'instar des autres grandes nations de l’Europe, la France devait réclamer sa part du monde nouveau dé‘ouvert par Christophe Colomb, François 1° qui règnait alors, suivant en cela l'avis de Philippe de Chabot, amiral de ses armées de mer, confia à Jacques Cartier, navigateur de Saint-Malo, connu pour son énergie et son esprit d'entreprise, le soin d’aller explorer la partie nord du nouvel hémisphère.

Le 20 avril 1534, Jacques Cartier partait done de Saint-Malo avec deux vaisseaux d'environ soixante tonneaux chacun, montés par soixante-ete milleBun hommes d’equipage. Le 16 juillet de la même plus dejpnnée, il jetait l'ancre, dans le bassin de Gaspé et fleuvellantait sur cette partie du territoire d'Amérique, du roiliont il prenait possession au nom du roi, son maître, ploréesqhne “croix sur laquelle étaient écrits ces mots : ance.Wive le roi de France ! Puis, il revint rendre qu'ilspompte de sa mission à François I Le 19 mai ers quil 095, le capitaine malouin mettait de nouveau à navi-& voile avec trois vaisseaux dans le but de poussér

ÇAISER

PT Lo UN Er A

plus loin ses explorations de l’année précédente. Après avoir remonté le Saint-Laurent jusqu’à Hochelaga, il revenait mouiller à l'embouchure de la rivière Saint-Charles * pour y passer l'hiver. Mais pendant l’hivernage, son équipage ayant été décimé par le scorbut, il se vit obligé de retourner en France, de bonne heure, le printemps suivant.

Les premières tentatives qui furent faites pour coloniser le Canada ou la Nouvelle-France, comme on appelait alors indistinctement l’immense territoire dont Jacques Cartier venait de doter son pays, échouèrent complètement, et celles qui suivirent ne réussirent jamais qu’à demi. Aussi, pendant près de deux siècles le développement de la population y fut-il à peu près nul.

Dès 1541, Francois Itr avait songé à fonder une colonie dans le Nouveau-Monde. M. de Roberval, nommé lieutenant-général du roi, pour les nouvelles possessions, avait été chargé d’en jeter les premiers fondements. Jacques Cartier, choisi pour diriger cette expédition, partit en avant, le 23 mai 1541, avec cinq vaisseaux de quatre cents tonneaux chacun, munis de provisions pour deux ans, avec l'intention d’hiverner au Canada. Mais, maloré les préœautions qu'il avait pu prendre, ses équipages ayant autant souffert que pendant l'hiver de 1535-36, il

* Jacques Cartier l'avait-appelée rivière Ste-Croix.

résolu sans 4 faisan Terrer la Roc avec ti comp.

N'ayan nir av vers le juillet .

LFouge yfit tc établir, dans l’e tiers de

a ESS

| résolut de retourner en France, le printemps venu,

sans attendre l’arrivée de M. de Roberval. Chemin faisant, ayant relâché dans le hâvre de St. Jean de Terreneuve, il y rencontra ce dernier qui, parti de la Rochelle le 16 avril 1542, venait le rejoindre avec trois vaisseaux portant 200 émigrants et accompagné d’un certain nombre de gentilshommes. N'ayant pu réussir à persuader à Cartier de revenir avec lui, M. de Roberval continua sa route vers le Canada et arriva dans le cours du mois de

| juillet à l'embouchure de la petite rivière du Cap

Rouge où Cartier avait passé l'hiver précédent. Il y fit toutes les dispositions nécessaires pour s'y établir, mais l'hiver fut fatal à la petite colonie qui,

E dans l’espace de quelques mois, perdit près du

tiers de ses habitants.

Sur ces entrefaites, la guerre s'étant rallumée

entre la France et l'Espagne, M. de Roberval ne irecut pas les secours qu'il attendait. Au con-

traire, dès l'été suivant, Jacques Cartier alla lui porter l’ordre de revenir en France et d’y ramener ses compagnons.

Certains historiens prétendent qu'après la conclusion de la paix, M. de Roberval reprit, avec l’assentiment de Henri II, qui venait de succéder à Francois I son père, ses projet de colonisation

| de la Nouvelle-France, Accompagné de son frère,

ÿ Es $ +] $ !

il se serait remis, vers 1549, à la tête d’une nouvelle expédition. Quoiqu'il en soit, aucune mention du résultat de ce second voyage n'est faite dans l’histoire et le Canada resta oublié pendant le demi-siècle qui suivit ces premières tentatives de colonisation.

Vers 1589 * le marquis de la Roche, à qui le roi Henri IIT avait conféré les titres et les privilèges accordés à M. de Roberval, entreprit de mettre a exécution les projets que celui-ci avait été obligé d'abandonner. Il partit avec un seul navire, emmenant avec lui une soixantaine d'individus tirés des prisons de France. En passant devant l’île de Sable, îlot inculte situé non loin de la côte est de la Nouvelle-Ecosse, il y débarqua ces misérables pour le temps qu’il devait mettre à explorer les côtes de l’Acadie (Nouvelle-Ecosse) où il avait Surpris, dit-on, par une violente tempête qui le poussa vers les côtes de Bretagne, il fut fait prisonnier par le duc de Mercœur, chef des troupes de la Ligue dans

l'intention de s'établir.

*Je crois avoir démontré dans un travail que j'ai soumis à la Société Royale du Canada, le :2 mai 18:4, que l'expédition du marquis de la Roche n'a pu avoir lieu nien 1578 ni en 1598, comme certains de nos historiens l'ont prétendu. La corrélation de certains faits semble établir que ce second essai de colonisation au Canada a du être tenté vets 158. (Note de l’auteur.)

. ge fit (

cette capti en 1 reux serte, de to

Pierre

la com mour?

pour à

après à Roue compri tude n:

dont lu cession

| muel de

à la têt vers le mais lu tages de

après le

ÉSUMÉ HISTORIQUE

ee ee ee de ne ie ee de 2

cette province, qui le retint sept ou huit ans en

1enfaite captivité. Ce ne fut qu'après sa mise en liberté, pen- en 1596, que l’on songea aux pauvres malheuten- reux abandonnés sans ressources sur une île déserte, que l’on retrouva décimés par les privations - de toutes sortes, C Trol , ,: \ L Là La Malgré linsuccès des entreprises précédentes lèges : | ic ; !

ue Pierre Chauvin, capitaine de marine de Saint-Malo bli…é fit concéder, en 1598, les avantages attachés à | A la commission du marquis de la Roche. Mais il » Ê . È ae mourr* deux ans plus tard, sans avoir rien fait pour 4 colonisation du Canada.

vant , côte M. de Chates, gouverneur de Dieppe, obtint * /

après lui les mêmes privilèges et forma une société, à Rouen, pour l'exploitation de tout le territoire compris entre le cap Race et le 50° degré de latie tude nord, à la condition de coloniser les contrées dont lui et ses associés devenaient ainsi les concessionnaires. Il mit MM. Dupont-Gravé et Samuel de Champlain, habile homme de mer du temps, àla tête d’une nouvelle expédition qui fut dirigée vers le Canada au printemps de l’année 1603; mais lui-même ne jouit pas longtemps des avantages de sa position et mourut quelques semaines après le depart de l'expédition.

M, de Monts, qui le 8 novembre 1603 succéda

ee

ee es mm

à M. de Chates, s’embarquait au commencement d'avril de l’année suivante pour le Canada, accompagné de Champlain, d’un certain nombre de gentilhommes et de ceut vingt artisans. Un mois après son départ il attérissait sur la petite île Ste. Croix * où il passa l'hiver et eut beaucoup à souffrir du manque presque complet d’eau douce. Au printemps de 1605 il fondait Port-Royal, sur la côte ouest de l’Acadie (Nouvelle Ecosse).

De son côté, Champlain, après avoir exploré les rives du Saint-Laurent, jtait le 2 juillet 1608, les fondements de la ville de Québec, sur l’emplacement même du village indien Stadaconé devant lequel Jacques-Cartier avait passé l'hiver avec sa petite flotille soixante ans auparavant.

À dater de la fondation de Québec, le Canada qui avait toujours été laissé sous la direction exclusive de compaguies possédant le privilège de faire la traite des pelleteries duns tout le pays, fut soumis à une orgauisation plus régulière.

Jusque là, les queljues rares colons établis sur les bords du Saint-Laurent avaient eu beaucoup à souffrir du voisiuag: ‘des aborigènes, avec qui ils avaient de fréquents démêlés.

Champlain tenta d'établir des relations ami-

* L'ile Sainte-Croix est situés dans la baie de Passamaquoddy, sur la côte du Nouveau-Brunswick. à l'embouchure de la baio de Fundy

cales ronné, avec leur »

ennen breuse tario, Quo imméd veaux feu jeté les ran, Le p

la Nou:

politiqu France, de la ec A la Récollet évangél barquaiï rent. ]I ls Algo leurs en plain pr assez gri capitaine

mois Ste.

souf- . Au sur la

ré les 1608, l’'emlaconé

cales avec les tribus sauvages, dont il Ctait envi. ronné,. À cet effet, il conclut un traité d'alliance avec les Anais et les Huron:s, ses voisins, leur promettant son concours pour combattre leurs ennemis héréditaires, les Iroquois, peuplade nome

breuse et TE. Ctablic au sud du lac On:

tario,

Quoique peu nombreux, les Français rendirent immédiatement de orands services à leurs nouveaux alliés. Les effets f né oyants des armes à feu jetèrent bientôt l’épouvante.ct le désarroi dans les rangs ennemis.

Le prince de Condé, nommé en 1612 vice-roi de la Nouvelle-France, fut empêché, par les troubles politiques dans lesquels il se trouva mêlé on France, de prendre une part effective à la direction de la colonie.

A la sollicitation de Champlain, quatre frères Récollets, les premiers missionnaires qui aient évangélisé la partie nord du Nouveau-Monde, débarquaient, en 1615, sur les rives du Saint-Lau-

rent. Dans la même année, une expédition que

les Algonquins et les Hurons entreprirent contre leurs ennemis, les [roquois, et à laquelle Champlain prit part, échoua complètement. Emporté assez grièvement blessé du champ de bataille, le capitaine français dut passer l'hiver au pays des

RS POI ge hin 2 rPN NE

ee

Hurons, où il utilisa les nombreux loisirs que lui laissait sa convalescence, en Ctudiant les mœurs et les usages de ses hôtes.

Dans les derniers jours de juin 1617, s'établit

gous les murs de Québec la première famille francaise qui vint se fixer au Canada avec l'intention

de cultiver la terre. Cette famille, nommée Hébert, qui a fait souche et laissé de nombreux descendants, se composait de cinq membres : le père, la mère, deux filles et un garcon. Quelques années plus tard, en 1620, Champlain, qui était allé en France pour mettre la compagnie formée par M. de Monts en demeure d’exteuter ses obligations, revenait à Québec avee le titre de lieutenant-général de la Nouvelle-France, que lui avait conféré le duc de Montmorency, qui venait de succéder au prince de Condé, ascompagné de sa femme, * d’un certain nombre de ses parents et de trois Récollets.

La Compagnie de Monts persistant à ne tenir aucun compte de ses engagements envers la colonie, le duc de Montmorency en prit occasion pour la remplacer, en 1620, par une autre dont il confia la direction à MM. Guillaume et Emery de Caen;

‘s cette nouvelle société ne remplit pas plus

‘24 autres les obligations qu’elle avait prises. ame de Champlain, qui était alors âgée de 22 ans, arriva au

Canaux, on juillet 1620, et en repartit, pour n'y plus revenir, le 15 août 1624 ; elle avait 6pousé Champlain en 1610.

C’ lixère Eiécol offrir le ten nable, due d Nouve

Le puissar à tous les dif Jusquedu. Nôr.

octroyée contrat :

nom de

lèges ex ans, à da

rt

Jui g CC

blit rantion bert, lants, mère, plus ‘rance \Lonts nait à

C'est en 1625 que les premiers Jésuites se fixèront à la Nouvelle-France, à la demande des Récollets qui les reçurent à leur arrivée et leur offrirent l'hospitalité, en attendant qu'ils eussent le temps de se préparer un établissement convenable. M. de Ventadour, qui avait remplacé le duc de Montmorency, était alors vice-roi de la Nouvelle-France.

Le cardinal de Richelieu, alors ministre toutpuissant du roi Louis XIIT, afin de couper court à tous les abus dont s'étaient rendues coupables ls différentes compagnies qui avaient exploité jusque-là les possessions françaises de l'Amérique du Nôrd, annula les chartes qui leur avaient été octroyées. Il concéda à une seule société, dont le contrat fut signé le 29 avril 1627, et qui prit le nom de “ Compagnie des cent Associés,” des privi-

ges exclusifs qui devaient durer pendant quinze

ans, à dater du premier janvier 1628, pour le trafie des pelleteries sur toute l’étendue des territoires do lh Nouvelle-France et de la Floride. En retour, cette compagnie s’engageait à transporter au Canada, dans les vingt ans qui devaient suivre, quatre mille colons français et catholiques.

Cette nouvelle tentative de colonisation ne réussit guère mieux que les précédentes. La guerre ayant éclaté, sur ces centrefaites, entre

la France et l'Angleterre, l’envahissement du CanaGa, qui en fut la conséquence, la perte des vaisseaux venant ravitailler la colonie capturés par la flotte anglaise, la prise de Québec, réduit à la famine, par l'amiral anglais Kertk, qui s’ensuivit, le 19 juillet 1629, furent autant de causes qui entravèrent les progrès de la colonie naissante.

À la suite de la capitulation de Québec, Champlain fut emmené prisonnier en Angleterre, et la plupart des colons français retournèrent en France. Il ne resta que cinq familles de cultivateurs, au nombre desquelles se trouvait celle d'Hébert, le premier qui s'établit à Québec. |

Pendant que le cardinal. de Richelieu fesait des préparatifs d'armement considérables pour rentrer en possession de la Nouvelle-France, le traité de Saint-Germain-en-Laye fut signé entre la France et l'Angleterre, le 29 mars 1632. Par ce traité Y Angleterre s’engageait à restituer à la France tout ce qu'elle lui avait pris en Amérique. En l'absence de Champlain, Québec fut alors remis, le

13 juillet 1632, à Emery de Caen, commandant

général de la flotte et de toute la colonie.

Revenant au Canada, en mai 1633, avec le titre de gouverneur-général de la Nouvelle- France, Champlain fit de nouveaux efforts pour coloniser le pays. À son appel, un certain

nad:

Giff asse:

de: t M.

mêm Rivi voulc le fo:

que r eu le

e, et it en \tiva-

celle

it des

entrer

rance traité rance e. En N is, le

andant

vec le 1vellepour ertain

nombre de familles françaises vinrent se fixer sur les bords du Saint-Laurent et un mouvement d'émigration assez accentué vers le Canada commenca à se manifester en France. Robert Giffard, arrivé au mois de juin 1634, avec un assez grand nombre de cultivateurs et d'artisans de tous les métiers, s'était établi à Beauport; M. de la Violette avait jeté, le 4 juillet de la même année, les fondements de la ville des Trois- Rivières ; enfin, une ère de prospérité semblait vouloir s'ouvrir pour la colonie naissante, quand le fondateur de la nationalité francaise en Amérique mourut, le 25 décembre 1635, avant d’avoir eu le temps de consolider son œuvre.

Alors, comme le prouvent les statistiques du temps, la population d’origine européenne au Canada ne dépassait pas deux cents âmes.

® Un certain nombre de maisons d'éducation et d'institutions charitables furent aussi fondées vers la même époque. En 1635, le père de Brohant, fils du marquis de Gamache, établissait à Québec le premier collège de jésuites au Canada. Mme la duchesse d’Aiguillon dotait, en 1639, l'hôpital de J'Hôtel-Dieu de Québec, dirigé par des religieuses hospitalières de Dieppe ; la même année, une maison d'éducation pour les jeunes filles, le couvent des Ursulines de Québec, ouvrait ses portes, gràce

aux dons généreux de Mme de la Peltrie; & Montréal, fondé le 17 mars 1642 par M. de Mai. sonneuve, Mile Mance construisait, dès 1644, un hôpital sur l'emplacement où, en 1657, fut bâti l'Hôtel-Dieu ; enfin la sœur Bourgeois, religieuse inconnue et d’une naissance obscure, trouvait dans les seules ressources que lui fournissait son incomparable charité, les moyens suffisants pour établir une école qui est devenue depuis le couvent de la Congrégation de Notre-Dame. Toutes ces institutions existent encore, et la plupart possèdent même de nombreuses et prospères succursales.

Les gouverneurs de Montmagny, d’Aïlleboust, de Lauzon, d’Argenson, d'Avaugour, de Saffray, de Mézy, qui succédèrent à Champlain, ne crurent pas à la nécessité d'intervenir dans les guerres que continuaient à se faire entre elles les différentes tribus sauvages. Les Hurons, privés des secours sur lesquels ils croyaient avoir droit de compter de la part des Francais, réduits à leurs propres forces, devaient bientôt subir les conséquences de cette abstention. Une bataille décisive qu'ils perdirent, en 1649, sous l’administration de M. d’Ailleboust, à qui M. de Montmagny avait cédé les rènes du gouvernement en 1648, les mit complètement à la merci de leurs redoutables ennemis.

sent car éch répa Fra mass Qué tière qu'il Lou v tribu bitan Fi PAS ] condi Le plète:

des g tions mode jamai ments Un Colbe Conse

titula }

La colonie francaise ne devait pas tarder à ressentir le contre-coup de la défaite de ses alliés, car les Iroquois, qui n'avaient pas oublié les échecs que Champlain leur avait fait essuyer, se répandirent alors sur le territoire de la Nouvelle- France, ravageant les nouveaux Ctabliassements, massacrant sans merci, sous les murs mêmes de Québec, et en dépit des traités, des familles entières de colons sans défense, Privés des secours qu'ils demandaient inutilement ”’à la France, les gouverneurs talent impuissants à reduire ces tribus sauvages qui harcelaient sans trève les habitants de la colonie.

En 1663, là Compagnie des Cent Associés, qui pas plus que sa devancière n'avait rempli les conditions qui lui Ctaient imposées, fut dissoute.

Les administrations civiles et militaires, complètement concentrées jusque là entre les mains des gouverneurs, en dépit de certaines modifications qui avaient 6té faites en 1647 dans lo mode du gouvernement, mais dont ils n'avaient jamais tenu compte, subirent alors des changements importants.

Une nouvelle constitution, due à l'initiative de Colbert, ministre de Louis XIV, établissait un Conseil souverain composé: du gouverneur, du titulaire ecclésiastique le plus élevé du pays, de

l'intendant et de cinq conseillers. Ce conseil, revêtu des mêmes pouvoirs que la Cour souveraine en France, à cette époque, avait, en sa qualité administrative, le droit de disposer des deniers publics et de faire tous les règlements relatifs au commerce intérieur, ct, en sa qualité judiciaire, les pouvoirs les plus étendus qui pussent être conférés à un tribunal colonial. Le Gouverneur a la direction des affaires extérieures, ls commandement des forces militaires ct représentait l'autorité royale, À l'Intendant ctait dévolue la haute surveillance sur toutes les questions se rattachant à la justice, à la police, aux finances ct aux travaux publics. Les Conseillers jugeaient les procès de peu d’importance ct veillaient à l’exceution des décisions du Conseil. La Coutume de Paris faisait loi devant les tribunaux civils qui étaient établis à Québec, Montréal et Trois-Rivières.

De son côté, l'administration ne. subissait de très notables changements. Mgr de Laval-Montmorency, évêque de Fétrée, fut envoyé au Canada pour y remplir la charge de vicaire apostoliquè. Ilarriva le 16 juin 1659 et fixa à Québec son siège épiscopal. Les membres du clergé qui, étant considérés jusqu'alors comme missionnaires, n'étaient soumis à aucun règlement particulier, furent astreints à des règles plus

unifl et dé D

de Q petit près consi d'inst contir picien vinrer rée pa suzera Les memb velles:

En :

tel qu gouver çaises d'un g tendan tratif : comme neur de

intenda

Pend

re 2 en [m1- 28 CE erce 'OÏTS , un irec- : des yale, lance stice, blics.

l’imsi0DS t loi lis à

uniformes, ÆEnfin, des paroisses furent établies et des curés furent nommés pour les desservir.

Dès 1663, Mgr de Laval fondait le Séminaire de Québec auquel il adjoignit, cinq ans après, un petit séminaire. Cette maison a donné naissance, près de deux siècles plus tard, à l'Université Laval, considérée à juste titre comme une des institutions d'instruction supérieure les plus importantes du continent américain. La même année, les Sulpiciens, établis à Montréal depuis déjà six ans, de-. vinrent, en vertu d’une charte qui leur fut conférée par le roi de France, les administrateurs et les suzerains de l’île de Montréal.

Les dissensions qui éclatèrent bientôt parmi les membres du Conseil souverain, nécessitèrent de nouvelles modifications dans le mode du gouvernement.

En 1665, on dut remplacer le Conseil souverain, tel que constitué, par un autre se composant d’un gouverneur-général de toutes les possessions françaises en Amérique, portant le titre de vice-roi, d'un gouverneur pour chaque province et d’un intendant-général. Ce nouveau système administratif fut inauguré avec le marquis de Tracy comme vice-roi, M. de Courcelles comme gouverneur de la Nouvelle-France, et M. Talon comme intendant-cénéral.

Pendant, l'administration du marquis de Tracy,

ee es ———

le seul des vice-rois qui ait visité la Nouvelle- France, où il débarquait le 30 juin 1665, la colonie naissante fit des progrès relativement rapides. Il fut puissamment aidé par M. Talon qui fut le mieux ditentionné et le plus remarquable, sous le rapport administratif, de tous les intendants qu’a eus le Canada et qui tourna tous ses efforts vers le développement de l’agriculture et de l’industrie.

Le nouveau vice-roi était accompagné de vingtquatre compagnies du régiment de Carignan, qui revenait de Hongrie où il s'était fort distingué pendant la guerre contre les Turcs. Il emmenait aussi avec lui un certain nombre de bœufs et de moutons et les premiers chevaux * qu’on eût encore vus au Canada.

Dès que le marquis de Tracy se fut rendu un compte exact de la situation, il décida de pousser avec vigueur la guerre contre les Iroquois qui continuaient leurs déprédations. Il fit construire un certain nombre de petits fortins pour mettre un obstacle aux incursions des sauvages et servir, à l’occasion, de refuge aux colons. Puis, à la tête de forces relativement imposantes, il marcha à la rencontre des Iroquois qui, après avoir vainement tenté de lui résister, se virent bientôt dans la

* On assure cependant que le gouverneur de Montmagny on avalé fait venir un de France,

néces eût de pe La des r:

ne l’< Fran ment de qt tribus terrib partie De le com à k€ religie Sou.

habile 1682, quois colonie de l'An n'avaie dant le avait q:

molless

retirer

» te

nécessité de signer un nouveau traité, le seul qui eût quelque durée, puisqu'il donna seize années de paix à la colonie.

La petite vérole, qui fit plus pour la destruction des races aborigènes de l'Amérique du Nord que ne l'auraient pu faire toutes les armées du roi de France réunies, sévit d’une manière particulièrement rigoureuse vers cette époque. Dans l’espace de quelques années, en 1670 spécialement, des tribus entières disparurent frappées par le fléau terrible qui dépeupla, presque complètement, la partie nord du Canada.

De 1672 à 1682 la colonie fut administrée par le comte de Frontenac qui fut rappelé en France À la suite de certains démêlés avec les autorités religieuses. |

Sous l'administration de M. de la Barre, marin habile mais administrateur médiocre, nommé, en 1682, gouverneur de la Nouvelle-France, les Iroquois menacèrent de nouveau l'existence de la colonie. Poussés en sous main par les émissaires de l'Angleterre, ils devinrent plus audacieux qu’ils n'avaient jamais été, etle plus souvent cependant leurs déprédations restaient impunies. Il n’y avait qu’une voix dans la colonie pour blâmer la mollesse de ce gouverneur, qui dut bientôt se

retirer devant le mécontentement général.

34 RÉSUMÉ ILISTORIQUE

Malheureusement, son successeur, M. de Denonville, ne se montra guère plus énergique et ne sub pas profiter des avantages assez considérables qu'il avait remportés, quelque temps après son arrivée, sur ses sauvages ennemis. Il s’endormit dans une fausse sécurité, trompé par la tranquillité apparente que lui avaient gagnée les succès de son expédition.

Ce fut sous l'administration de ce gouverneur qu'eut lieu un des épisodes les plus sanglants de ces époques de guerres sans merci. Dans la nuit du 5 au 6 août 1689, nuit terrible qui a fait donner à cette année le nom d'année du massacre, quatorze cents guerriers Iroquois traversent le fleuve Saint-Laurent, pendant un orage effroyable qui favorise leur projets, débarquent en silence sur l’île de Montréal, cernent les maisons des colons sans défiance, et, à un signal donné, commencent leur œuvre de carnage. Rien ne futépargné ; hommes, femmes et enfants furent impitoyableinent égorgés à la lueur de leurs maisons en flammes. Puis, ces hordes sauvages se répandirent au milieu des populations des campagnes terrifiées, tuant, saccageant, brûlant tout sur leur passage, pour ne se retirer, impunies, que vers le milieu du mois d'octobre.

Cette violation manifeste du droit des gens-et

de 1 qui é gaise inége velle 200,0 Fran penda secou des F aide di par les tenir.

Néa le comi ville, q occupel France, représai dans la furent « Dans prépara de la ]

poussaie tinuels « en trois

de la foi des traités, fut le prélude d’une guerre qui éclata la même année entre les colonies frangaise et anglaise de l'Amérique du Nord ; guerre inégale, s’il en fut, puisqu’à cette époque, la Nouvelle-Angleterre possédait déjà une population de 200,000 âmes au moins, tandis que la Nouvelle- France comptait 15,000 habitants à peine. De plus, pendant que les Anglais devaient attendre des secours effectifs des Iroquois, les ennemis naturels des Francais, ceux-ci ne pouvaient espérer aucune aide de leurs anciens alliés, les Hurons, décimés par les dernières guerres qu'ils avaient eu à soutenir.

Néanmoins, grâce à la fermeté dont fit preuve le comte de Frontenae, successeur de M. de Denonville, qui revenait en 1689, pour la seconde fois, occuper la charge de gouverneur de la Nouvelle- France, les chances de cette campagne, guerre de représailles et d’extermination de part et d'autre, dans laquelle les Iroquois faisaient leur partie, furent souvent partagées.

Dans le cours de l'hiver 1690, M. de Frontenac prépara une expédition contre les établissements de la Nouvelle-Angleterre, dont les habitants poussaient les Troquois à des actes d’hostilité continuels contre les Francais. Il divisa son armée en trois corps ; l’un, organisé à Québec, sous le

een cp nn en

commandement de M. de Portneuf, se composait de cinquante Français et d’une soixantaine de sauvages ; un autre, levé à Montréal, placé sous les ordres de MM. de Saint-Hélène, d’Aiïlleboust et d’Iberville, comptait cent quatorze Français et quatre-vingt-treize sauvages ; le troisième, formé à Trois-Rivières, n’était composé que de vingt-sept Français et de vingt-cinq sauvages commandés pas M. de Hertel. Cette campagne fut heureuse.

Portneuf assiégea et prit Casco (aujourd’hui Portland) dans l’état du Maine ; le corps de M. de Saint-Hélène saccagea Corlar, riche bourgade de plus de quatre-vingts habitations, située à six lieues d'Albany, dans l’état de New-York; enfin, M. de Hertel s’empara de Salmons, aujourd’hui Portsmouth, dans le New-Hampshire.

Les conséquences de cette expédition faillirent être fatales à la colonie française, car les colons de la Nouvellc-Angleterre décidérent de prendre une revanche éclatante. Pendant qu’une armée, forte de trois mille hommes, sous les ordres du général Winthrop, se dirigeait sur Montréal, l’amiral Phipps, après avoir pris Port-Royal et conquis V'Acadie, venait, le 16 octobre 1690, mettre le siège devant Québec avec une flotte de sept vaisseaux montés par deux mille hommes.

Après avoir bombardé la ville, sans succès, pen-

dant maît] Pend prépe tinem ville, côté attaq l'amir vaisse campa cents 1 en res:

assailli pête fu seaux | tèrent, grand’} était pe D'un par la} sur ses Profit péré de Fronten Il donn canadier

mettra mens

dant plusieurs jours, désespérant de s’en rendre maître par la force, il essaya d'employer la ruse. Pendant qu’il faisait faire ostensiblement tous les préparatifs de la levée du siège, il opérait clandestinement une descente à quelques milles de la ville, dans le but de surprendre les assiégés du côté de la terre. Mais, surpris lui-même et attaqué à l’improviste par un bataillon canadien, l'amiral Phipps dut rejoindre précipitamment ses vaisseaux, abandonnant toute son artillerie de campagne sur le rivage et laissant plus de six cents morts sous les murs de Québec. De plus, en regagnant la pleine mer, la flotte anglaise fut assaillie, dans le golfe Saint-Laurent, par une tempête furieuse dans laquelle la plupart des vaisseaux se perdirent corps et biens. Ceux qui restèrent, à moitié désemparés, ne regagnèrent qu’à grand’peine le port de Boston d’où l'expédition était partie.

D'un autre côté, l’armée de Winthrop, décimée par la petite vérole, avait été obligée de retourner sur ses pas sans avoir réussi.

Profitant du désarroi dans lequel le succès inespéré de cette campagne avait jeté l'ennemi, M. de Frontenac décida de prendre l’offensive à son tour. 11 donna le commandement des armées francocanadiennes à M. d’Iberville, gentilhomme cana-

dien, que sa bravoure et ses exploits dans différentes expéditions contre les Anglais et les sauvages ont fait surnommer le Cid du Canada. *

Ce général, après plusieurs combats toujours heureux, sur terre et sur mer, débarqua sur l’île de Terre-Neuve, dans l'été de 1696, et se fit ouvrir les portes de Saint-Jean, capitale de lile, après avoir pris d'assaut les forts qui protégeaient la ville.

Puis, dans le mois Ce-mai de l’année suivante, il s'emparait des lors de la baie d'Hudson, qui redevenait ainsi ;vssession francaise.

Le traité de Ryswick, signé le 20 septembre 1697 entre la France et l'Angleterre, mit fin aux hostilités.

Le traité assurait aux deux nations, respectivement, les territoires qu’elles possédaient avant la guerre, à l’exception de la baie d'Hudson qui restait à la France.

Grâce à lintervention d’un chef huron, nommé Kondarionk, ou le Rat, qui, par la supériorité de son intelligence, avait acquis une influence considérable sur toutes les tribus indiennes du pays, un projet de paix fut arrêté, le 8 septembre 1700,

* M. d'Iberville, après avoir foudé la Louisiane, en 1701, mourut à la Havane, en juillet 1706, commandant du vaisseau le Juste, de la matine francaise.

ee nn

entre franc.

Callié en 16 de la bonne Franc:

avaien temps 4 août La hac années, d'Huds l cout en pare Au de la conserv sur l’im des hom contents les jours rale.

Cham

le lac C Ja rivièrd et Nipiss

uTrs l’île ou- ? ile; ient

inte, qui

mbre | aux

tivept la 1 Tes-

pmmé té de OnSis, un

ourut à

e la ma-

entre les aborigènes et le gouvernement colonial francais, à la tête duquel se trouvait alors M. de Callières, qui avait remplacé M. de Frontenac, mort en 1698. Malgré tous les efforts des émissaires de la Nouvelle-Angleterre pour faire cesser la bonne harmonie qui existait depuis lors entre les Francais et les indigènes, ce traité dont les bases avaient été jetées par M. le Frontenac, peu de temps avant sa mort, fut définitivement ratifié le 4 août 1701 par les délégués de toutes les tribus. La hache de combat qui avait, pendantde longues années, laissé de si sanglantes traces de la baie d'Hudson au golfe du Mexique, fut enterrée, selon la coutume indienne, avec tout le cérémonial usité en pareille circonstance.

Au milieu des combats-continuels-que les colons de la Nouvelle-France avaient à soutenir pour conserver à la mère-patrie ses possessions perdues sur l’immensité du Nouveau-Monde, il & trouvait des hommes patriotiques et entreprenants qui, non contents de combattre pour elle, exposaient tous les jours leur vie pourétendre son influence : morale.

Champlain fut le premier qui, dès 1609, explora le lac Champlain et la rivière Richelieu; en 1618, Ja rivière Ottawa ; en 1615, les lacs Huron, Ontario et Nipissing, et la partie du pays qui forma plus

met,

tard le Haut-Canada. En 1646, le père Dablon remontait le Saguenay, le père Druillettes parcourait les rivières Chaudière, Kénébec, et en 1647, le père de Quen découvrait le lac Saint-Jean.

Dès 1634, Nicolet visitait le Wisconsin et se rendait vers 1639 jusqu’au Mississipi qui ne fut exploré que trente ans après, en 1673, par Jolliet et le père Marquette. * Ces derniers durent laisser eux-mêmes à Cavelier de la Salle le soin de continuer leur œuvre et l'honneur de doter la France, en 1682, des fertiles régions auxquelles il donna le nom de Louisiane.

La colonie jouissait, depuis quatre ans à peine des douceurs de la paix que devait lui assurer le traité de Ryswick, quand la guerre de la succession d’Espagne, dans laquelle l'Angleterre se trouva encore une fois engagée contre la France, éclata en Europe. Naturellement, le contrce-coup s’en fit ressentir sur le continent américain et les hostilités rrrommencèrent de nouveau entre les colonies ..,.aises et la Nouvelle-France. Quoique moins désastreuses pour le Canada que ne l'avait été la guerre de 1687, quoique les avantages

* Le père Marquette, épuisé par les fatigues du voyage, mourut le 19 mai 1675, à l'âge de trente-huit ans, au milieu des bois, sur les bords dé la rivière Michigan, tandisque son compaguon revenait à Québec rendre compte de leur expédition.

fusse velle vant:

tenue luttes Après égaler 1713, aband.

d'Hud Le

domm:

l’'Acad:

Breton traité d dans le presser:

venir & Mais, à réalisère compen:

En 1 sensible à enviro peu pros complète valent di

ent oin r la 8 1l

cine r le Sion.

UV lata s'en ostioloque vait ages rut le

bords uébec

RÉSUMÉ HISTORIQUE 4l

fussent souvent du côté des Français, cette nouvelle reprise d'armes eut pour effet d’affaiblir davantage encore la colonie francaise qui, peu soutenue par la mère-patrie, était épuisée déjà par les luttes incessantes qu'elle avait eu à soutenir. Après une série de succès ct de revers presque également partagés, cette guerre se termina, en 1713, par le traité Utrecht, par lequel la France abandonnait à l'Angleterre le territoire de la Baie d'Hudson et l’Acadie.

Le gouvernement fransals crut pouvoir se dédommager de l'abandon qu'il venait de faire de l'Acadie, en attirant l’émigration sur l’île du Cap- Breton qui ne lui avait pas été enlevée par le traité d'Utrecht. Il espérait que les colons établis dans les provinces concédées à l'Angleterre, s’empresseraient d'abandonner leurs propriétés pour venir se fixer sur cette terre restée française. Mais, à peu d’exceptions près, ces prévisions ne se réalisèrent pas, et la France, de ce côté, ne put compenser les pertes qu'elle avait faites.

En 1722, quoique la population du Canada eût sensiblement augmenté, puisqu'on l’évaluait alors à environ 25,000 âmes, l’agriculture était encore peu prospère, l'instruction du peuple avait été complètement négligée et les finances se trouvaient dans un état déplorable.

M. de Vaudreuil, qui avait succédé à M. de Callières, mort en 1703, pensa qu’il était nécessaire de faire subir quelques changements à l’organisation intérieure de la colonie. En conséquence. il ordonna la révision des lois civiles et criminelles, établit des maîtres d'école dans les endroits les plus peuplés et divisa le pays en quatre-vingt-deux paroisses, dont quarante-huit sur la rive gauche du Saint-Laurent et trentequatre sur la rive droite. Malheureusement ce gouverneur, qui unissait à la plus grande fermeté des qualités inappréciables comme administrateur, mourut en 1725, laissant son œuvre incomplète. Sous son administration les Canadiens remportèrent des succès assez marqués, tant sur les indigènes que sur les Anglais de la Nouvelle- Angleterre ; mais, presque toujours, leur petit nombre les empêchait de conserver les avantages conquis. Ce fut sous son gouvernement qu’eut lieu la malheureuse tentative dirigée sur Québec par la Nouvelle-Angleterre. L’amiral Walker qui était à la tête de l'expédition s’embarquait à Boston, le 30 juillet 1711, avec 6,500 hommes. Vers les Sept-Iles, le 14 août, sa flotte enveloppée par une

brume épaisse fut assaillie par une tempête d’une

violence extrême pendant laquelle huit vaisseaux allèrent se briser sur l'île aux Œufs, où pas moins

de n perd l'ami chem A] gueui térim qui e1 On verne tion d d’insti des Ec La subir 1 nouvea M. de Quoiqu sut tire sources contre 1 gènes.

porté tc Louisbo

* Les for 5,5%; Mon

Or-

3 et les en

auit

nteit ce neté stra-

, iniens sur

relle-

petit

Lages

eut

Lébec

r qui

ston, s les une d’une eaux moins

de neuf cents horames, tant officiers que soldats, perdirent la vie. A la suite de cette catastrophe, l'amiral crut qu'il était prudent de rebrousser chemin.

Après la mort de M. de Vaudreuil, M. de Longucuil, déjà gouverneur de Montréal, remplit l’intérim jusqu’à l’arrivée du marquis de Beauharnois qui eut lieu à la fin d'août 1726.

On doit surtout tenir compte au nouveau gouverneur des efforts qu’il fit pourrépandre l’instruction dans les campagnes. Poursuppléer au défaut d'instituteurs, il fit venir, en 1737, plusieurs frères des Ecoles chrétiennes.

La Nouvelle-France devant, comme toujours, subir les conséquences de la guerre qui éclatait de nouveau entre la France et l'Angleterre en 1745, M. de Beauharnois se prépara à y faire face.

Quoiqu'il ne pût réunir que 11,285 milieiens, * il sut tirer avantageusement parti de ces faibles res-

sources et fit plusieurs expéditions heureuses tant contre la Nouvelle-Angleterre que contre les indigènes. Mais en Acadie, où l'Angleterre avait porté tous ses efforts, il fut moins heureux, et Louisbou1g, après un siège de quarante-neuf jours,

* Les forces militaires-se trouvaient alors ainsi réparties : A Québee 5,5%; Montréal 4,647; Trois-Rivières 1,059.

ee

tombait, le 17 juin 1745, entre les mains des Anglais. Quand, ayant.été remplacé par le comte de la Galissonnière, qui débarquait à Québec le 19 septembre 1747, il dut retourner en France, M. de Beauharnois fut accompagné des regrets de toute la colonie.

Esprit pénétrant et possédant une -instruction très soignée, M. de la Galissonnière, qui prit la place du marquis de la Jonquière, fait prisonnier par les Anglais le 3 mai 1746, quand il venait prendre l'administration de la Nouvelle-France, dont il avait té aommé gouverneur, fit tous ses efforts pour tirer le meilleur parti possible des ressources naturelles du pays. Le traité d’Aix-la- Chapelle, signé en 1748, ayant remis encore une fois les choses dans leur état primitif, il travailla activement à consolider l'influence française sur le continent américain.

M. le marquis de la Jonquière, ayant été remis en liberté, apris deux ans de captivité en Angleterre, était déjà très âgé quand il prit, le 2 septembre 1749, possession de son gouvernement qu’il ne garda pas trois ans. Sous son administration le trafic du ginseng prit une extension considérable, Ce gouverneur, qni possédait de grandes qualités administratives, mourut le 17 mars 1752: et fut enseveli en grande pompe dans l'église

{cs on € vou pl Il e il di de À H s’occ cons annc vent qui?

lin granc ont a

La que armes paréel gouve Nouv para

* Cha le 19 oc de Mont

des mte e 19 [. de oute

tion rit la nnier enait ance, s $C > des ix-la-

une vailla e sur

remis ngle- 2 sepsqu'il ration

sidéandes 1752:

église

es Récollets où reposaient déjà les restes des gouverneurs de Frontenac et de Vaudreuil.

Charles LeMoyne de Longueuil, * depuis 1749

gouverneur de Montréal, prit, en sa qualité de ph :cien officier, l’administration de la colonie, Il espérait être nommé gouverneur-général, mais il dut remettre le pouvoir au marquis Duquesne de Menneville, qui arriva à Québec en juillet 1752,

Homme très énergique, le nouveau gouverneur s’occupa d’abord de rétablir la discipline qui s'était considérablement relächée, pendant les dernières années, dans l’armée canad'enne ; mais il eut souvent à se heurter, dans l’accomplissement de la tâche qui ‘était imposée, contre le mauvais vouloir de Pin ant Bigot à qui on peut attribuer, en grande partie, la responsabilité des évènements qui ont amené la cession du pays à l'Angleterre.

La Nouvelle-France ne comptait guëre alors que treize mille hommes en état de porter les armes. Avec des forces aussi insuffisantes comparées à celles que pouvaient leur opposer alors le gouvernement britannique et les possessions de la Nouvelle-Angleterre, le marquis Duquesne se prépara néanmoins à entrer en campagne, et, se diri-

* Charles LeMoyne, deuxième baron-de Longueuil, n6 à Longueuil le 19 octobre 1687 de Charles LeMoyne et.de Claude Elizabeth Souart, de Montréal, mourut le 17 janvier 1755,

eee ne me mme

geant vers l'Ohio, ils’emparait, le’ 3 juillet, 1754, du fort Nécessité, défendu par Washington, le futur fondateur de la république des Etats-Unis. Mais le 18 juin de l’année suivante, la prise du fort Beauséjour livrait l’Acadie au pouvoir des Anglais. Ceux-ci voyant qu’ils ne parviendraient jamais à arracher du cœur des Acadiens l'amour qu'ils avaient voué à la France, malgré tout ce qu'ils avaient déjà souffert à cause d’elle, décidèrent de les chasser de leurs foyers, afin de rester seuls maîtres du sol. Ils ne tarderent pas à mettre ee projet à exécution, et, dans le cours de l'automne, Lis embarquèrent un grand nombre de ces malheureux sur leurs vaisseaux et les transportérent sur différents points des côtes de la Nouvelle-Angleterre ; les autres, frappés de stupeur, s’enfuirent dans les bois, où beaucoup périrent de faim et de froid.

Pendant-que ces tristes évènements se passaient en Acadie, le général anglais Braddock se préparait, de son côté, à envahir les établissements français de l'Ohio. Il marchait à la tête d’une armée de deux mille deux cents hommes contre le fort Duquesne défendu par M. de Contrecœur, quand, le 3 juillet 1755, sur les bords äe la rivitre Monongahéla qu’il venait de traverser, il se trouva tout à coup en présence d’un petit corps de troupes

quinz fort $ Cham

quesn.

gouve quis « généra le der sur le au moi d’excel

* Le-Gé sures, 1 Pierre

ee mp mere de eee manne mi mn

composé de deux cent vingt Francais et de six cent vingt sauvages, commandés par M. de Beaujeu. Alors, malgré Ki disproportion du nombre, eut lieu, quatre heures durant, un combat acharné, pendant lequel M. de Beaujeu fut tué et le général Braddock * blessé mortellement, mais qui se termina par la déroute complète des Anglais qui laissèrent sur le champ de bataiile treize cents hommes, cinq cents chevaux et treize pièces de campagne.

Mais, quelques mois plus tard, le général Johnson, à la tête Ge cinq mille hommes, battait le baron Dieskau qui avait accepté le combat avec quinze cents hommes seulement, et s’emparait du fort St-Frédéric situé sur la rive nord du lac Champlain.

M. de Vaudreui:, ! successeur du marquis Duquesne qu’il avait remplacé, en juillet 1755, était gouverneur de la Nouvelle-France, quard le marquis de Mortcalm y arriva comme lieutenantgénéral des armées du roi. Ce général, qui fut le dernier défenseur de la domination francaise sur le continent américain, débarquait à Québec au mois de mai 1756, escorté de deux bataillons d'excelientes troupes dont les régiments de la

* Le-Général Braddock mourut ie 13 juillet des suites de sus vies sures, 1 Pierre Rigaud de Vaudreuil était né au Canada,

48 RÉSUMÉ UISTORIQUE

Sarre et du Royal Roussillon faisaient partie. Il était accompagné du chevalier de Lévis, plus tard maréchal de France, du colonel de Bourlamaque et de Bougainville qui se fit, par la suite, un nom si glorieux dans les annales maritimes francaises.

Montcalm se montra déterminé à poursuivre les opérations militaires avec vigueur, ct, moins de trois mois après son arrivée, le 15 août, il prenait Chouagen (Oswego), situé au sud-est du lac Ontario, qui était considéré comme une des places fortes les plus importantes des possessions anglaises. Il y fit seize cents prisonniers, s'empara de cent treize canons, de cinq bâtiments de guerre et d’approvisionnements considérables, ne perdant que trente hommes tant tuésque blessés. Puis, l’année suivante, le 5 août 1757, il mit le siège devant le fort George (William Henry) qui, malgré une garnison dc trois mille hommes, était forcé de capituler après six jours d’une défense vigou-

reuse.

Grâce à deux années de mauvaises récoltes

successives et aux exactions de Bigot, intendant depuis 1748, dont le nom sera exécré tant qu’il restera un descendant de la France sur la terre d'Amérique, la population de la Nouvelle-France souffrait de la plus affreuse disette. L'hiver de 1758-59 fut particulièrement rigoureux et le peu-

lequ et dé dans plain n'ava OPpos de ci milici Lo:

vingthomm générs juin 1 sema] neur, soldats Mai devait campag chait st soldats,

acharné

ple dut être réduit à une ration de deux -onces-de pain par jour.

Les Anglais, voyant l'état d'épuisement dans lequel était tombée la colorie, résolurent d’en finir et décidèrent d'attaquer à la fois, par Louisboure, dans la Nouvelle-Ecosse, Carillon, sur le lac Chaziplain et le fort Duquesne, dans l'Ohio. Montcalm n'avait alors guère plus de six mille hommes à opposer aux armées du général Abercromby, fortr de cinquante mille soldats ct de trente mille miliciens.

Louisbourg assiégé par l’amiral Boscawen avec vingt-quatre vaisseaux de ligne et douze mille hommes de débarquement, sous les ordres des généraux Ambherst et Wolfe, dut se rendre, le 2 juin 1758, après une résistance opinitre de six semaines, pendant laquelle la femme du gouverneur, Mme de Drucourt, donna l'exemple aux soldats de Ja garnison.

Mais à Carillon le corps d'armée d’Abercromby devait subir ün des échecs les plus sérieux de cette campagne. Le général anglais, pendant qu'il marchait sur le fort avec une armée de seize mille soldats, se trouva tout à coup arrêté, le 8 juillet par Montcalm, Lévis et Bourlamaque, à la tête de

trois mille hommes seulement, Après un combat acharné «le quelques heures, pendant lequel les

Français ne perdirent que trois cent soixante-dixsept des leurs, le général anglais dut lâcher pied, laissant cinq mille hommes sur le champ de bataille.

Le fort Du, resne--qui n’avait-qu'une garnison insuffisante, ayant été évacué à l'approche du général Forbes, qui venait en faire le siège avec six mille soldats, fut occupé par les Anglais qui changèrent son nom en celui de fort Pittsburg.

Le plan de campagne des Anglais pour l’année 1759 fut je même que celui des années précédentes ; il fut décidé encore une fois, qne le Canada serait envahi par trois points différents. Ils mirent sur pied une armée de soixante mille soldats, s’est-à-dire plus nombreuse que la population tout entière du Canada qui ne comptait alors que 15,229 hommes en état de porter les armes. Cette armée fut divisée en trois corps qui devaient converger vers Québec, où le coup décisif devait être porté.

Le général Wolfe, avec vingt vaisseaux de ligne, huit mille hommes de débarquement et dix-huit mille marins, devait partir de Louisbourg pour se rendre devant Québec. Le second corps, composé de douze mille hommes, commandés par le général Amherst, devait marcher d’abord sur Montréal ar le lac Champlain. Enfin le

génér homn desce:

march chot, a pour Bou Carillo où il ti taine ] gara af le 25 ; ct ne lo juillet,

général Prideaux, à la tête de cinq à six mille

+ hommes, après avoir pris le fort Niagara, devait ed, descendre le fleuve et rejoindre les deux autres œ corps d'armée sous les murs de Québec.

Montcalm, Lévis et Bougainville attendirent ac Wolfe à Québec; Bourlamaque partit avec deux du mille six cents hommes pour tenter d'arrêter la bis marche du général Amherst, et le capitaine Poujh chot, avec trois cents soldats seulement, fut envoyé

pour défendre le fort Niagara. |

née Bourlamaque s'étant vu obligé d'évacuer le fort +. Carillori, le 20 juillet, se replia sur l’île aux Noix à

où il tint le général Amherst en échec; le capitaine Pouchot défendit vaillamment le fort Niaais, gara attaqué par le général Prideaux qui fut tué, le 25 juillet, en dirigeant les opérations du siège, et ne le rendit qu’à la dernière extrémité, le 26 juillet, après avoir fait sauter ses magasins de munitions.

Mais ie gros de l’action devait avoir lieu sous es murs de Québec devant lesquels la flotte, portant l’armée du général Wolfe, ctait arrivée, le 27 juin. On tenta de protéger la ville qui, du côté de la campagne surtout, ne possédait que des fortifications tout-à-fait insuffisantes, par un camp retranché s'étendant de la rivière St-Charles aux chutes Montmorency.

ms em

Wolfe, après avoir pris connaissance des lieux, débarqua une partie de son armée sur l'ile d'Orléans et occupa, avec le reste, les alentours de Lévis, d’où il bombarda la ville, tandis qu'il ex- * pédiait des détachements qui ravageaient les campagnes environnantes.

Voyant que les généraux français paraissaient décidés à rester sur la défensive, Wolfe résolut de forcer leurs retranchements du côté du saut Montmorency. Le 31 juillet il ouvrit l’attaque avec cent dix-huit pièces de canon ; les Français n’en avaient que dix pour y répondre. Vers le soir, à la tête de six mille soldats, le général anglais s’élançait à la bayonnette pour rompre les lignes

françaises, mais il fut recu par une décharge de raousqueterie tellement meurtrière qu'il dut retraiter précipitamment, laissant six cents hommes

sur le terrain. Après cet échec, mais ayant confiance dans sa force numérique, Wolfe décida de prendre Québec sans plus tarder. Après avoir trompé, par une série de manœuvres habiles, Bougainville qui avait été chargé de surveiller ses opérations, grâce aussi à l’incurie ou à la trahison du capitaine de Vergor, commandant du poste du Cap-Rouge, il parvint à débarquer, dans la nuit du 12 au 13 septembre, à l’Anse au Foulon. Au point du jour, le 13 au matin, l’armée

angl Dutt M immé avec.

Sans a qui 1 5,000 rangés victoir journé deux a même.

bientôt ham, c:

quelqu

coup d

troupes

* En cssa

atteint par cinq heures,

EEE

RÉSUMÉ IISTORIQUE 53

a mens

anglaise se trouvait rangée en bataille sur les Buttes-a-Neveu, aux portes mêmes de la ville. Montcalm, en apprenant cette nouvelle, partit immédiatement de Beauport, où il était campé et avec 4,500 soldats épuisés par une longue marche,

sans attillerie, vint offrir le combat au général anglais qui l’attendait à la tête d’une armée d’environ

5,000 soldats réguliers - parfaitement reposés et rangés en bataille. Grâce à ces circonstances, la victoire ne fut pas longtemps indécise dans cette journée où on vit les commandants en chef des deux armées tomber, mortellement blessés, sur le même champ de bataiile.* Les Français durent bientôt céder, et cette défaite des plames d’Abraham, cause de Ja reddition de Québec qui eut keu quelques jours après, le 18 septembre, donna le coup de grâce à la domination française sur le continent américain.

M. de Lévis devenant, par la mort du marquis de Montcalm, général en chef des armées francaises au Canada, rassembla les débris épars de ses troupes et, dès ie printemps de l’année suivante,

* En essayant de rallier ses troupes, Montcalm, deux fois blessé, fut atteint par un éclat d'obus dont il mourut le lendemain matin sur les cinq heures. Il fut inhumé dans la chapelle du couvent des Ursulines.

Lo général Wolfe avait été tué quelques instants auparavant, sur le ;hamp de bataille, en chargeant à la tête de.ses troupes.

ts ec share tent 4

ae ordi Gode pet ani à à

le 28 avril 1760, prit aur ces mêmes plaines d'Abraham, à Ste-Foye, uno revanche éclatante de la défaite de l’année précédente,

Après un combat homérique de quelques heures, pendant lequel les deux arméos firent des prodiges de valeur, les Anglais Mchôront pied et se rofugidrent derrière les murs de Québec, laissant sur le champ de bataille, plus de mille hommes eb toute leur artillorie.

Alors, comptant sur les secours qu'il avait fait demander en France, eb espirant les recevoir d’un jour à l’autre, M. de Lévis mit le siège devant la ville, Mais, au lieu des renforts qu'il attendait, il aperout, le 15 mai, les voiles d’une flotte anglaise considérable remontant le fleuve Saint-Laurent. La résistance devenait plus que jamais impossible, et le général canadien vit qu'il lui fallait céder devant la coupable indifférence de la cour de Versailles plus encore que devant les forces supérieures de l'ennemi.

Les généraux anglais dirigèrent alors toutes leurs troupes sur Montréal qui n'était pas encore tombée entre leurs mains. Cette ville, défendue par une garnison de trois mille cinq cents hommes seulement, assiégée par les trois armées réunies de Murray, Amherst et Havilland, représentant un effectif d'environ vingt mille hommes, dut capi-

tulor énorg Le ronb « où dog nou ve êtro cc drapea Ce la fière Cham] aupara françai finie, Par ] Louis }

quelque

tant du

64, MEL fusur te

fuit d'un it a it, il aise rent.

ble, ‘Céder Ver-

!’ sup

Jutes ncore ndue mes unies nt un capi-

mn ea ae da

tuler, lo 8 septembre 1760, malgré la défenso énergique de MM, de Vaudreuil et de Lévis,

Les débris de l'arméo francaise au Canada du. rent donc déposer los armes, L'heuro était sonnée où des vaillants pionniers qui avaient fondé une nouvelle France sur lo continent amériçain, allaient êtro condamnés à vivro désormais à l'ombre d’un drapeau étranger et jusqu'alors ennemi,

C'en était fait; le drapeau anglais, flottant sur la fière citadelle de Québec, à la place de celui que Champlain y avait fixé plus d’un sièclo et demi auparavant, disait assez quo l’ère de la domination française dans le Nouveau-Monde était à jamais finie.

Par lo traité de Paris, signé le 10 février 1768, Louis XV cédait définitivement à l'Angleterre les quelques arpents de meige qui avaient déjà bu tant du sang le plus pur de la France.

Ne POS PP EUR EE EE tn

Page 1