‹ Le petit manuel canadien [microforme]Chapitre 37 sur 97 · TION · texte numérisé non relu

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étant une soupape de sûreté au moyen de laquelle le trop plein d’une population trop compacte échappe tous les ans aux horreurs du paupérisme, est cause aussi, en grando partie, do la suprématie commerciale incontestable que cette puissance a acquise sur toutes les autres en Europe.

À l'encontre de certains agents recruteurs intéressés, nous dirons d’abord que le Canada est loin d’être un pays de Cocagne, où les ouvriers fainéants et incapables gagnent, en arrivant, des salaires considérables qui leur permettent, tout en ne faisant rien, d’amasser en peu d'années des fortunes prodi. gieuses. Loin de J4 Ce pays offre, il est vrai, de grandes ressources à l’émigration étrangère, et le gouvernement fait d'immenses sacrifices pour y attirer les cultivateurs et les ouvriers européens; mais ceux qui viendront s’y établir ne doivent s’attendre à, y réussir qu’en tant que, travailleurs infatigables, ils sauront de plus se soumettre aux lois et aux coutumes qui y sont en vigueur.

Il y a dans toutes les émigrations du monde deux classes bien distinctes : l’une respectable et utile, et l’autre préjudiciale aux pays vers lesquels elle se dirige. La première se recrute parmi les travailleurs honnêtes et laborieux qu’une louable ambition pousse, et qui ne craignent pas de détendre les liens qui les attachent au sol natal

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190 ÉMIGRAYION ET COLONISATION ,

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. pour aller chercher en pays'étranger l’aisance et quelquefois la fortune pour leur famille; l’autre se compose de déclassés, ouvriers inaptes à quoi quo ce soit, après s’êtro dits bons à toutes choses ; beaux parleurs pour la plupart, qui partent avec l'idée fixe de faire des dupes et de vivre aux dépens des habitants des pays où ils émigrent, tout en heurtant leurs sentiments les plus chers et traitant même leurs convictions traditionnelles de préjugés ridicules.

Aux bons cultivateurs, aux honnêtes et habiles artisans qui so sentent l'énergie suffisante pour aller demander à un pays lointain une aisance relative qu'ils ne peuvenÿ acquérir chez eux, nous pouvons assurer sans crainte qu'au Canada ils trouveront, pour les y recevoir, une population bienveillante et amie.

Mais à ceux que nous venons de qualifier de déclassés, nous pouvons dire sans hésiter: reste chez vous, car au Canada vous végeteriez comme vous avez toujours végété dans votre pays; et, dans votre misère, vous reprocheriez au peuple qui vous aurait accueillis cette pauvreté, conséquence naturelle de votre propre incurie.

Ceci posé, abordons maintenant le côté statistique de la question,

Personne n'ignore que l’émigration européenne

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MIGRATION El COLONISATION 191

est le plus puissant des moteurs qui ont poussé les Etats-Unis à cette immense prospérité matérielle dont ils jouissent aujourd'hui. Les relevés officiels que nous avons consultés sur le chiffre des émigrants, venus de toutes les contrées d'Europe apporter à la grande république américaine le contingent de leur travuil et de leur industrie, nous perwettent d'avancer que le nombre en à été de plus de dliæ millions sept cent nville, de 1820 à 1881.

JLest vrai de dire que l’émigration au Canada est loin d’avoir opéré encore sur des bases aussi larges ; mais il est juste de faire remarquer qu'avaut 1670, rien où peu de chose avait été tenté pour attirer vers ce pays l'élément étranger auquel est dû l'accroissement rapide de la population des états voisins.

En jetant un coup d'œil sur les chiffres suivants, on se formera une idée de l’émigration étrangère au Canada pendant les cinq dernières années. On verra qu’elle tend a augmenter dans des proportions assez considérables, grâce en partie, au courant quise dirige vers le Manitoba et le Nord-Ouest. Il n’y est question que des émigrants qui s’y sont fixés.

D’après les relovés qui ont té faits, on estime que le contingent fourni par chacun des différents peuples de l’Europe, respectivement dans le montant annuel de l’émigration au Canada, peut se chiffrer ainsi:

Angleterre . . . . .:. 48% Suède et Norvège . . . , 26« Ecosse . . . . . . ,. 10« ATIANdér 4.5 #0 ee ns 124 Autres pays . . . . . ,. 4

Il est incontestable que le Canada présente autant, sinon plus, d'avantages à l’émigration agricole, qu'aucun pays du monde.

Des milliers d’acres de forêts vierges dans les provinces de Québec, d’Oniario, du Nouveau- Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse offrent des profits immédiats aux colons qui viendront les exploiter, et les immenses prairies du Manitoba et du Nord-Ouest ne demandent qu’ être déchirées par le soc de la charrue pour produire les moissons vraiment extraordinaires dont il a été question dans un précédant chapitre.

Les avantages incontestés qu'offrent particuliérement à la colonisation ces territoires qui bientôt :

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ÉMIGRATION ET COLONISATION & 193 seront traversés par le Pacifique Cunadien, voie ferrée gigantesque qui reliera l'Atlantique au Pacifique, viennent à peine de se révéler que déjà une émigration considérable, * sans précédents peut-être, se porte vers ces régions lointaines et se dispute chaque pied de ces vastes terrains qui, il n’y a pas bien longtemps encore, étaient regardés comme une charge inutile pour les autres provinces de la Confédération.

Tous ceux qui, depuis quelque temps, ont visité le Nord-Ouest, depuis les gouverneurs du Canada

jusqu'aux plus infimes reporters, en ont parlé dans

les termes les plus enthousiastes.

Voici même ce qu'en disait dernièrement un écrivain influent, dans la Tribune de Chicago,

journal que l’on prend rarement en flagrant délit

de compliments exagérés sur le compte du Canada.

Après avoir parlé des progrès prodigieux de Winnipeg f qui, naguères encore, était une bourgade sans importance, il continue ainsi :

# La raison de ces progrès est la prodigieuse fertilité du so), fertilité bien supérieure à eclle de li vallée de lx rivière Rouge, dans le Dakota Crits égiou susceptible de développements saus bornes,

* On porte à 42.000 le nombre des émigrants qui se sontrendis au Manitoba et au Nord-Ouest dans le cours de l'année ItE3,

t La population do Winnipeg qui, lors du recensement de TES1, était de 7,985 babitauts, est évaluée aujourd'hui (1£r4) à euvilun 54,5%

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inconnue pendant longtemps et que l’on supposait généralement couverte de glaces, est plus productive que les plus riches pays agricoles de l'Amérique du Nord.”

Puis, plus loir :

‘La production du blé au Manitoba et dans les territoires qui s'étendent au nord et à l’ouest de Winnipeg, prouve les propriétés éminemment productives de ces contrées. J'ai devant les yeux les rapports de quatre années des récoltes du DI6 dans cent cinquante

localités, qui donnent les moyennes suivantes : 1877, 26% minots ; minots; 1879, 264 minots ; Deus 29 minots. es chiffres sont très satisfaisants, si où les see à ceux fournis par la culture dé cette céréale, dans les Etats de l'Union les plus propres à cette et qui donnent par acre : Minuessota, 17 mi-

nots; Wisconsin, 14; Peusylranie, 15; Massachussctts, 16.

Il semble hors de dont 1e n raison des rela- he tions commerciales que le Canada nous depuis quel- re que temps avec les aies pays, une émigration C: étrangère saine, qui prendra, d'ici à peu d’années, lo

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À l'exception d’une garnison d’environ 2,000 hommes entretenus par le gouvernement impérial, à Halifax, il n’y à pas de troupes régul‘res au Canada. son . nb cependant des forces volontaires assez consid'rables, qui, par leur équipe-

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à 60 ans peut être appelé sous les armes pour la défense du territoire, mais dans ce cas là seulement,

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