ABORIGÈNES
La race indigène sauvage qui, il y a à peine trois siècles, peuplait, à l'exclusion de toute autre, les vastes territoires de l’A'nérique du Nord, disparaît tous les jours avec une rapidité remarquable,
Ces fières tribus d’'Algonquins, d'Iroquois, d’Abénaquis, de Hurons, de Sioux et autres, souls
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maîtres de ces contrées, quand Jacques Cartier vint planter sur les rives du Saint-Laurent le drapeau de la civilisation européenne, n’existeront bientôf plus que par le souvenir.
A proprement parler, il n'y a plus guère de sauvages aujourd'hui dans les possessions britanniques de YAmérique du Nord, si ce n’est dans la Colomibie anglaise, le Manitoba, les territoires du Nord-Ouest et la terre de Rupert, où on en compté encore 75,007, éparpillés sur une superficié terri. toriale de 2,984,340 milles (8,186,711 kil.) carrés.
Dans Ontario, Québec, le Nouveau-Brunswick, à Nouvelle-Ecosse et l'Ile du Prince-Edouard, il n’y aurait, d’après le dernier recensement, que 30,775 sauvages, dans les réserves que leur fait le gouvernement, répartis comme suit, dans chacuné de ces provinces :
Ontario. . . . . . . . 15,780 Québec, . . . . . . . 11,071 Nouvelle-Ecosse . . . . . 2,218 Nouveau-Brunswick . . . 1,416 Ile du Prince-Edouard . . . 290
$30,775 Ces sauvages se divisent en différentes tribus ; ils se répartissent ainsi dans les provinces de la Confédération : A Ontario sont les Chippewas, les Mis-
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aissaguas, les Mohawks, les Oneidas, les Ojibbewas les Six Nations, et les Wyandottes. Québec a les Abénaquis, les Hurons, les Algonquins, les Iro. quois, les Montagnais et les Naskapis. La Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick et l'Ile du Prince-Edouard ont les Micmacs. Enfin,.au Nord- Ouest vivent les Cris, les Corbeaux, les Gros Ventres, les Pieds Noirs, les Sioux et quelques autres tribus moins importantes,
Les relations qui traiteat des premiers temps de la colonisation de la Nouvelle-France, évaluent au moins à 190,000 le nombre des aborigènes qui la peuplaient, quand les Français prirent possession du pays. La plupart des tribus qui l’occupaient alors se faisaient la guerre entre elles. Les Iroquois, les plus belliqueux de tous les indigènes de cette partie de l'Amérique, avaient, depuis plusieurs années déjà, entrepris une guerre d’extermination contre les Hurons, leurs voisins, qui habitaient comme eux les contrées qui se trouvent au sud du lac Ontario, et avaient même remporté déjà contre leurs ennemis des avantages signalés. Champlain, qui venait de jeter les fondements de Québec, en 1608, décida de prendre fait et cause pour les Hurons contre les Iroquois. Ces derniers, le plus souvent aidés et poussés par les agents de l'Angleterre, devinrent dès lors les ennemis irré-
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conciliables et acharnés des Francais, et mirent plusieurs fois la colonie naissante à deux doigts de sa perte.
Si on considère que, lors de la fondation de Montréal. qui eut lieu en 1642, c’est-à-dire environ cinquante ans après la première tentative un peu sérieuse de colonisation du Canada par la France, il n’y avait encore que deux cents colons européens, on se rend aisément compte de tous les dangers qu’eurent à courir les premiers occupants de cette colonie délaissée de la mère-patrie, toujours en lutte avec une nation guerrière et cruelle, vivant continuellement sur le qui-vive, la charrue d’une main et le fusil de l’autre.
Mais il y a déjà longtemps que ces farouches guerriers d'autrefois sont réduits à l'impuissance, et quoique, depuis plus de deux siècles, ils aient enterré la hache de guerre et vivent à l’ombre des traités, chaque jour leur race décroît et tend à disparaître.
Que doit-on conclure de cette dégénérescence singulière qui produira avant longtemps, graduellement mais fatalement, l’annihilation complète d’une race puissante et vivace jadis, dans un pays où les descendants des européens qui y ont été transplantés se multiplient d’une manière aussi ie, has QUE a
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