‹ Le petit manuel canadien [microforme]Chapitre 8 sur 97 · LO ‘2 13 —= : À I · texte numérisé non relu

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dans les deux provinces aux mêmes époques, la progression qui s'est opérée dans chacune d'elles:

Années Bas-Canada Hant-Canada , a 250,000 70,000 ARR ie 335,000 95,000 5 479,288 157,923 ee 6 à 553,134 236,702

Il était déjà facile-de prévoir, lors -de ce dernier recensement, que la population du Haut-Canada ne tarderait pas à égaler et à dépasser celle du Bas-Canada.

C'est effectivement ce qui avait lieu, neuf ou dix ans après la réunion des deux provinces canadiennes, qui furent de nouveau régies par une même constitution, en vertu de la loi du 23 juillet 1840, comme le prouvent les chiffres qui suivent :

Années Bas-Canada. Haut-Canada OP CPE 697,084 500,000 D 4 à à 890,211 952,000 0 1,111,560 1,396,000

On remarque-que le virement qui s’est effectué en faveur du Haut-Canada, s'est produit entre 1844 et 1852, vers l’année 1850 probablement.

Pendant les quinze dernières années qui se sont écoulées.sous ce dernier régime gouvernemental, qui prit fin avec une nouvelle constitution, le Ler juillet 1867, le Haut-Canada, presque

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la exclusivement anglais et protestant, se prévalant es: de la supériorité du nombre, réclama avec insda tance la représentation législative basée sur la D population, qui l'aurait mis à même de contrôler 0 l'élément français et catholique en grande majorité ô dans l’autre province. De là, des débats très pas- 2 sionnés au Parlement entre les représentants des

mier deux origines, qui faisaient désirer, de part” et nada d'autre, une séparation prochaine.

> du 4 L’Acte de Confédération de 1867 vint mettre fin

à toutes ces luttes. Aujourd'hui le Haut et le

f ou Bas-Canada, tout en étant unis, pour certaines fins,

cana- par les lois communes qui régissent les provinces

une britanniques de l'Amérique du Nord, sont indé-

uillet pendants l’un de l’autre pour tout ce qui se ratent : tache aux questions d'administration locale.

da En Europe, on connaît généralement peu l’A- 00 mérique, et le peu qu’on en sait se réduit le plus 00 souvent à quelques données plus ou moins exactes DO sur les Etats-Unis.

Pour ceux qui trouvent trop lourd le servage auquel les assujettit la constitution du pays qu'ils habitent, la grande république de l’Amérique du Nord est le pays où fleurissent, au souffle de la liberté la plus illimitée, les idées de leurs rêves; pour tout le monde, c’est le lieu des fortunes rapides, et on parle avec admiration de l'accroisse-

ment prodigieux d’une population que-l’émigration étrangère vient grossir tous les jours.

Quant au Canada, les souvenirs les plus précis de la plupart de ceux qui savent qu'il existe, se résument à quelques effrayantes histoires, où des coureurs des bois, des sauvages avides de :chevelures et quelques féroces ours gris jouent des rôles plus ou moins fantastiques, sur une scène couverte de neiges éternelles.

Si, d'un côté, on exagère les progrès qui se mapifestent aux Etats-Unis, on se montre injuste, de l’autre, en faisant fi de ceux qui s’opèrent dans le pays voisin, dignes aussi, à tous égards, d’atti. rer l'attention et d’éveiller la sympathie.

Le Canada, que l’on ne connaît guère et dont on parle peu, s’est développé tout doucement, sans avoir recours à la trompette de la publicité pour attirer lémigration étrangère sur ses plages hospitalières; réduit presque à sa simple force d'expansion, il vu sa population grossir dans les mêmes proportions que celle de son orgueilleuse voisine.

Afin de donner à cette paradoxale prétention le degré de crédibilité qu’elle mérite, nous l’appuierons par des chiffres d'autant plus inattaquables qu’ils émanent des statistiques officielles des deux pays. \ Mais nous ne ferons entrer en ligne de compte,

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dans le parallèle que.nous allons établir entre les Etats-Unis et le Canada, pour prouver notre assertion, que les provinces de Québee et d’Ontario constituant le Canada-Uni, avant l’annexion du Nouveau-Brunswiek, de la Nouvelle-Ecosse, du territoire du Nord-Ouest, de la Colombie anglaise et de l'Ile du Prince-Edouard, qui se sont unis à

| elles en vertu de la Constitution de 1867 et for-

ment maintenant ensemble la Confédération canadienne.

Des reeensements ont lieu tous les dix ans, tant aux Etats-Unis qu’au Canada.

En remontant à l’année 1850, nous constatons que les chiffres de la population des deux pays

i étaient, respectivement :

Etats-Unis . . . . . 23,191,876 âmes.

Haut et Bas-Canada . 1,842,265 —

Ce qui prouve qu’à cette époque la population des Etats-Unis était environ treize fois plus considérable que celle du Canada. ù

Jusqu'en 1860, cette proportion n’a pas varié d'une manière appréciable, puisque les-dénombrements faits en cette année donnent :

Etats-Unis. . . . . 51,443,221 êrnes.

Haut et Bas-Canada. 2,506,775 — On obtient aussi pour l’année 1870, à peu de

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choses près, les mêmes résultats, la population étant alors :

Etats-Unis, de. . . . 38.513.968 âmes.

Haut et Bas-Canada . 2,822,367 —

Il est vrai que les derniers recensements ont quelque peu modifié la proportion, en faveur des Etats. Unis, puisqu'ils donnent :

Etats-Unis. . . . 50,153,000 âmes.

Haut et Bas-Canada. 3,282,255 —

Si l’on considère maintenant, comme il est facile de le prouver par les rapports du bureau des sta. tistiques de Washington, que 11,068,594 immigrants sont venus s'établir aux Etats-Unis, de 1820 à 1881, et que, pendant le même laps de temps l'émigration n’a pas donné au Canada plus de 500, 000 habitants en grande partie d’origine anglaise, on arrivera à la conclusion que dans la population de la grande république il est entré directement près d’un quart d'éléments étrangers qui figurent à peine pour un sixième dans celle des provinces canadiennes.

À l’encontre-des Etats-Unis, dont la population s’est recrutée chez toutes les nations du globe, le Canada n’est peuplé que par les représentants de deux grandes nationalités.

La multiplication des Canadiens d’origine française qui, lors de la cession du Canada à l’Angk.

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terre, ne comptaient guère que 65,000 membres, et qui doivent être aujourd'hui, en comptant ceux qui sont disséminés dans les Etats-Unis, au moins de 1,750,000, tient réellement du prodige.

En face de telles preuves, viendra-t-on dire encore, comme quelques écrivains l'ont prétendu, que la race française est impropre à la colonisation ?

Un fait particulièrement digne de remarque, c’est le développement prodigieux qui s’est pro-

duit depuis quelques années au Manitoba. Dans cette province, la population à augmenté, pendant

la dernière décade, dans des proportions beaucoup plus considérables qu'en aucun état do la République américaine, ayant atteint le chiffre fantastique de 289 pour cent.

Pendant les dix dernières années qui ont séparé les deux derniers recensements, l’augmentation de la population pour tout le Canada a été de 606,065 habitants, c'est-à-dire, plus de 18 pour cent en moyenne, comme l’établit le tableau suivant :

Province Population Population — en 1871. en 182].

Ontario - - - … = - - - - - 1,620,851 - - - - 1,923,228 Québee - - - = - ee - 1,191,516 - - - - 1,359,027 Nouvelle-Ecosse - - - - - - 387,800 - - - - 440,572 Nouvean-Bruuswick - = = - 285,594 ---- 32] 233 Île du Prince-Edouard - - - 94,021 - - - - 108,891 Manitoba - - 11,963 - --.- 65,954

Territoires du Nord-Ouest - 45,000 - - - - 56,446 Colombie britaunique - + - 42,000 - - - - 49,459

Totaux - - - - - 3,678,745 - - - « 4,324,810

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Voici comment se répartit la population entre les différentes provinces :

Provinces. Familles. Hommes. Femmes, Ontario ......ss..s... 366,444. ...976,470....946,758 Québec 254,811. ...678,175. 580,852 Nouvelle-Ecosse........ 79,596....220,533. ...220,034 Nouveau-Brunswick..... 56,948....164,119....157,114 Ile àu Prince Edouard... 17,973... 54,729... 54,162 Manitoba... 14,169... 97,207... 28,747 Territoires du Nord-Ouest. 11,726.... 23,113 ... 28,383 Colombie britannique ... 10,439... 29,503.... 19,956

Totaux... 812,136...2,1823,854. .9,135,956

On voit que la population se partage presque également entre les deux sexes et que chaque famille compte en moyenne plus de cinq membres,

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