‹ Le petit mouton [microforme]Chapitre 1 sur 7 · TI EE · texte numérisé non relu

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La chaleur était extrème ; le soleil dardait avec force ses rayons sur la terre, aucun vent ne soufflait. La pauvre Christine avait quitté la chaumière de sa mère malade, pour aller cueillir des fraises dans un bois voisin, Cette jeune fille, âgée à peine de dix ans, légère. ment vêtue et la tête couverte d’un chapeau de paille, suffoquait de chaleur; la sueur ruisselait en grosses gouttes de son front, son teint était fortement animé : on eût dit cependant qu’elle n’était poiut sensible à l’ardeur da soleil, tant elle se montrait occupée à cueillir les fraises qu'elle pouvait découvrir, Sou. tenue par l'idée de soulager sa bonne mère, elle se disait : €‘ Si j’ai un peu de mal, j'en suis fortement dédommagée par le bonheur que j'éprouve d’être utile à ma pauvre nt elle

elle est malade et ne peut rien gagner il est juste que je vole à son secours ; elle a eu tant de peine à m’élever, et à présent que je suis assez grande, je dois lui témoigner ma reconnaissance. Pauvre mère, que ne puis-je faire plus pour toi ! ”

Cependant tout-à-coup le soleil s'obscurcit, un vent impétueux s'élève et Christine voit de loin les nuages >’amonceler. Pour ne pas être surprise par l’orage, elle sort de la forêt, suspend à son bras le panier rempli de fraises qu’elle a eu soin de couvrir de feuilles, et reprend le chemin de la maison.

À peine a-t-elle fait une cinquantaine de pas, que le vent mugit avec plus de force et secoue avec violence les antiques arbres de la forêt. La pluie tombe par torrens, et le tonnerre ébranle la voûte du firmament, De larges éclairs sillonnent les airs et répandent une affreuse clarté dans ces sombres bois à travers lesquels les rayons du soleil avaient de Ja peine à percer.

Christine, sachant combien ilest dangereux de se placer sous les arbres au moment de lorage, se cacha sous une haie d'aubépines, attendant que laverse fût passée. Elle y était aCcroupie depuis quelqu:: momens, lorsqu’elle entendit des cris pinintifs semblable à ceux. que Peussergit un petit enfant Surpris par ja piuie

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‘ Serait-il possible ! se dit-elle, un enfant pourrait-il se trouver par là exposé À l'orage ? il faut que j'aille pour m'informer de ce que cela peut être.” Et aussitôt, sans faire attention à la pluie, aux éclairs et au tonnerre, elle se dirigea vers l'endroit d’où étaient partis les cris.

‘‘ Ah! pauvre petite bête! s’écria-t-elle, viens, je vais prendre soin de toi. ”

C'était un petit agneau, tout trempé par la pluie et tremblant de froid. “ Ce serait dommage, si tu allais périr icis je t’emporterai chez nous et je te donnerai à manger; maman ne s’y opposera pas j'en suis sûre. ”

Vivement émue à la vue de ce pauvre ani- (mal, Christine l’essuie avec son tablier, le

‘prend dans ses. bras pour le réchauffer, et se prépare à le porter à la maison ; mais Ja pluie

icontinuait à tomber, et il fallut se remettre sous la haie d’aubépines, Qu’il tarda à la petite fille de voir arriver la fin de l'orage ! chaque minute lui paraissait une heure. Enfin le vent cessa d’agiter les arbres, le ciel redevint ‘serein, et Christine vola dans les bras de sa mère pour lui montrer le petit mouton. La joie qu’elle ressent d’avoir trouvé l’agneau ne lui laisse pas le temps de respirer ; eile se pré-

d’elleemême

d'elle-même, regardez done le joli petit mouton que Je viens de tror.ver dans ln forêt! Ce pauvre animal était transi de froid, je suis sûre qu’il aurait péri cette nuit si je ne l'eusse em. porté. N'est-ce pas, vous me permettrez de Vélever? Oh! vous verrez jen aurai bien soin, il ve manquers de rien. Regardez comme ‘‘ est doux ! je vais lui donner un peu de pain. ”

La mère examina le mouton et le trouva charmant ; maïs elle ne partagea point Jes seutimens de Christine, et lui dit : ‘Tu n'y penses donc pas, ma fille ? ce petit mouton ne peut restér chez nous, parce qu'il ne nous appartient pas ; je crois qu’il appartient au fermier de la métairie voisine, car il n’y a que lui qui élève des moutons dans cette commune :

ce petit animal se sera égaré dans la forêt, et aura été oublié au moment de l’orage, comme cela arrive souvent quand les troupeaux sont surpris par une pluie subite. Il faut que tu le reportes ce soir même à la ferme, le bien d’autrui ne doit pas séjourner même pendant une nuit dans notre maison, cela serait une injustice. Nous sommes pauvres, mais nous devons rester honnêtes.

— Vous êtes donc bonne-là vous, dit au même moment un maçon qui était orcupé à réparer un mur dans le jardin, et qui avait suivi

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suivi celte couversation entre la mère et sa jeuue fille ; pourquui êtes-vous si scrupuleuse ? Savez-vous ce que nous allous faire ? quauil il fera nuit, nous tuerons ce mouton et nous le partagerons: sa chair est délicate et nous procurera au moins deux bons diners ; nous vendrons la peau ensuite, Et d’ailleurs, quel mal cela pourra-t-il faire au fermier qui est un homme rick£:£? il a plus de cent moutons dans ses bergeries, ct ue s’apercevra pas de la perte de ce petit animal. Vous craignez peut-être qu’on ne parvienne à le savoir ?

rassurez-vous pleinement, car je n’irai pas vous dénoncer moi, je saurai garder le silence comme ce mur.” Et il appliqua une truellée de mcrtier contre la muraille,

‘6 Que dites-vous donc là, monsieur } répliqua la malade ; vous voulez nous faire faire une injustice. Ce mouton ue nous appartenant pas, nous ne pouyons le garder sous aucun prétexte ; et quand même ie fermier eu aurait encore mille et qu’il ne le saurait jamais, ce ne serait pas moins un vol.

— Vous avez raison, maman, s’écria Christine, ce petit animal reste toujours la propriété de son muître. Dieu, qui voit tout, saurait 1Ôt ou tard nous puuir de cette mauvaise action. Pauvre petit! te tuer!

non, uon, je ne t'ai pas ramassé dans la forêt

pour

Lire

Pour te voir égorger ici. Non, il ne t’arrivera pas de mal; je vais te rendre à ton maître. ” Pinstant même elle prend le mouton, le Couvre de son tablier, et se met en route pour le porter à la ferme, Sa mère, si heureuse e voir cette Promptitude à obéir, Ja suit des JEUX et remercie je. Seigneur de jui avoir donné un enfant si docile. ; 0 arrivant à la ferme, Christine se dirigea

tout de suite vers Ja porte de la maison, devant laquelle était assise la fermière au milieu de ses enfans, Cette intéressante famille contemplait avec attention un brillant arc-en-ciel dont les nuances, fortement dessinées, con:

trastaient d’une mauière frappante avec les fuages grisâtres du firmament. C'était un beau spectacle que celui de ce bel arc s’élançait mujestueusement dans Je tandis que ses bases Paraissaient s’api Jusque dans les entrailles de la terre. ‘Toute a nature, comme recréé après l’orage qui Veuait de passer, semblait se remettre de la longue agitation qui l'avait bouleversée.

Lair était frais et pur, le soleil dorait de ses derniers rayons les sommets des mon.

tagnes voisines, et laissait derrière lui d’im. menses bandes rouges qui donnaient à ce tableau un aspect magique, Les enfans de le

fermière n’avaient jamais rien va d'aussi impo-

sant

t’arrivera

maître. ” Routon, le oute pour heureuse a suit des lui avoir

e dirigea n, devant nilieu de lle conc-en-Ciel ées, con:

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sant. Tout-à-l'heure le ciel paraissait si terrible, et maintenant tout est redereou calme, Les oiseaux, se balançant sur les branches des arbres, semblaient aussi fêter à leur manière ce retour de la nature à l’ordre et à !a tranquillité. ‘ "Tout cela vous parait bien extraordinaire, leur dit la mère, et cependant tout cela est nécessaire, Il ne peut pas toujours faire beau temps, il faut qu’il s'élève de temps en temps des vents et des orages, parce qu’ils nous amènent de la pluie qui féconde la terre et fait germer les plantes, tout comme ils purgent l’air des mauvaises exhalaisons, Ce bel arc-en-ciel, que vous admirez tant, annorce la fin de la tourmente. Dieu le montra aussi à Noé après le déluge, en signe de réconciliation avec le genre humain, qu'il promit de ne plus punir par les eaux. Si le tonnerre prouve la puissance du Créateur, l’arc-en-ciel montre son amour infini envers nous. Jamais nous ne saurons assez reconnaître sa bonté. ”

Cependant la nuit déscendait à pas lents des voûtes célestes, et l’arc-en-ciel cessa de briller, Christine, qui avait écouté la conversation de la fermière et de ses enfans, s'était tenue à l'écart, n’osant point les interrompre, parce qu'elle savait que cela ne convenait point.

| Eofin

Enfin, comme on allait se séparer, elle découvrit son tablier, présenta son petit mouton, et exposa devant tout le monde comment elle l’avait recueilli dans la :êt au moment de l'orage,

‘€ ‘Tu es une brave enfant, lui dit la femme, tu agis bien loyalement de venir encore si

tard nous rapporter ce petit animal. Cette délicatesse te fait honneur ; quand à ton âge on a de si bons principes, on ne peut manquer d’av oir du bonheur par Ja suite,

—Oui certainement, dit à son tour le fermier, ta conduite est digne d'éloges. Prenez. la jour modèle, mes enfans, et tâchez de devenir un jour aussi honnêtes que cette pauvre fille, 11 vaut mieux n'avoir que peu de choses dans sa possession que d’être riche et d’acquérir son bien par des voies injustes, Cette probité est un plus grand trésor que tous les moutons de la terre, ”

Les enfans étaient frappés de cette conduite de Christine, et regardaient cette der. nière avec ravissement, lorsque Francois, le fils aîné du fermier, courut à l'écurie, en ouvrit la porte, et fit sortir une brebis : dès que l’agneau aperçut sa mère, il se mit à bêler et à bondir de joie. La petite fille ressentit de son côté un vif transport en assis.

fäñt à une scène si touchante. ‘* J’épronve

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plus de plaisir, dit-elle avec émotion. d'avoir pu rendre cet agneau à sa mère, que je n'en aurais goûté de le conserver chez moi, quoique Je l’aime beaucoup. (C’est comme si on fae menait un enfant égaré à sa mère.

—Vois-tu, reprit le fermier, puisque tu as V’âme si honnête, je veux te dédommager :; ce petit mouton est à toi, je te le donne ; mais

ans ce moment il est encore trop jeune pour

pouvoir se passer du lait de sa mère. Nous le garderons ici encore pendant une quiazaine de Jours, et quand il sera plus grand, Francois te le portera. Avec un peu de soin tu pourras l'élever, et lorsque tu iras cueillir des fraises tu le mèneras paître ; tu pourras de même, en tricotant, Je laisser courir sous tes Yeux. Pendant l’automne tu ramasseras un peu de foin, et tu le nourriras ainsi facilement en hiver. Quand un jour il sera élevé, il vous donnera du lait, ce qui sera un avantage pour vous dans votre ménage ; sa laine vous servira À faire des bas. ”

Christine, si heureuse, fit ses adieux à la famille du fermier, et se disposa a s'en retourner auprès de sa mère ; mais la fermière, ne voulant point la laisser partir sans Jui donner quelque chose, lui apporta du lait dans une terrine avec un petit pain que la petite fille Mmangea aussitôt. Elle reçut en outre une » douruine

ve

douzaine d'œufs frais :t un morceau de beurre €nvelophé dans vue .euille de chou ÿ la bonne fermière Jui dit en outre: 4: Porte ces œufs et ce beurre à ta mère, salue-la bien de notre part, et dis-lui que nous prierous Dieu pour sa guérison, et lorqu’elle aura besuin de quelque chose, reviens nous trouver, nous tâcherons de la soulager dans ses peines. ”

La jeune enfant, au comble de la joie, porta gaîment les objets qu’on venait de lui donner, et vola vers la chaumière de sa mère Pour lui rendre compte de tout ce qu’elle avait entendu. Le cicl était redevenu brillant, et la lune montrait ce soir pour Ja première fois son croissant argenté au milieu des plaines azurées du fismament.

La nature était rafraichie par la pluie, et les fleurs des prairies xoisines exhalaient au loin leur doux parfum. Jamais Christine n'avait joui d’un bonheur pareil à celui qui inondait son âme, L'idée de se voir bientôt et possession d’un petit mouton lui Causait tant de joie qu’elle aurait voulu que les quinze Jours se fussent déjà écoulés. Elle formait mille projets au sujet du petit animal, et, occupée de ces pensées, elle se trouva devant la chaumière de sa mère, Sans trop savoir comment,

En entrant dans la inaisou, ejle courut dans

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la joie, t de lui sa mère qu’elle u brilour Ja milieu

uie, et ent au iristine lui qui ientôt ausait juinze ormait il, et, evant savoir

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-es bras de sa bonne mère, et lui raconta avec empressement tout ce qu'elle savait, 66 Tu viens de reconnaître ce que je te dis toujours, que rien n’est à Comparer à la joie que donne une bonne conscience, Le Souvenir du bien que nous faisons l’emporte sur toutes les Jouissances que nous pouvons ambitionner,. La paix de l’âme est mille fois préférable à tout ce que la terre peut nous offrir : avec elle on est riche, quand même on ne possède rien ; Sans elle tout le reste n’est qu’une vaine fumée, Restons toujours fidèles aux vérités de la religion, conservons Sans cesse notre Cœur pur, et tôt ou tard le Seigneur saura nous récompenser, Tu es encore bien jeune, mon enfant, mais il faudra mourir un jour; et quel terrible poids au moment de la mort, quand on a des injustices à se reprocher !

Ce mouton que tu voulais garder ce -soir est peu de chose, et Cependant cela t’aurait com- Promise aux yeux de Dieu 5 Car il est certain que rien d’injuste et de souillé n’entrera dans le royaume des cieux. ”

Ces paroles d’une mère, alors en proie à une maladie, ne furent point perdues pour Christine, qui les 8rava profondément dans sa mémoire, Depuis ce Jour la jeune enfant <oMpta les heures éties momens où elle devait

recevoir son petit mouton. Comme elle n’a-

Vait

vait point d’almanach pour marquer les jours, de

14 elle eut recours à un autre moyen afin de ue bo

{ point se tromper : elle consulta tous les soirs, ré | avaut de se coucher, la lune qui croissait, et se 4

| dit: * Quand la lune sera pleine, Francois |

m’apportera mon mouton. ”? )

Ces quinze jours lui parurent un siècle, gp ‘on

tant elle était impatiente de revoir l'agneau . de

| Souvent elle en parla à sa mère, qui saisit cette | Cra

| occasiun pour lui rappeler la modération qu'il

faut mettre dans nos désirs. ‘“ Tout ne peut à Hp:

pas aller au gré de notre volonté, lui dit-elle ; ÿ don

Dieu suscite de temps en temps des obstacles EL

à notre impétuosité naturelle qui nous emporterait trop loin. Plus d’une fois dans le cours de la vie tu seras obligée de remercier le Seigneur de n’avoir point cédé à tes désirs et exaucé tes vœux, car nos passions ne nous permettent pas toujours de juger sainement des choses et nous regardons souvent comme un mal ce qui est un véritable bien pour nous. Ainsi, aie patience, ton mouton arrivera. ”

Et en effet, au moment où Christine s’y attendait le moins, le jeune François vint frapper à la porte de la chaumière et présenta l'agneau. ‘ Oh! qu'il est devenu grand!

| qu'il est joli! s’écria Christine, examinant le || pefit animal et le couvrant de baisers : on di- | rait que ce n'est plus le même, Regardez donc

es jours, fin de ue les soirs, ait, et se François

| siècle, ’agueauisit cette ion qu’il ne peut dit-elle ; bstacles Dus emdans le ercier le lésirs et Je nous inement comme ur nGUS.

rai?

ine s’y nt fraprésenta grand !

nant le on diegardez docc

DA

donc maman, comme sa laine eit blanche et bouclée ; je vais en avoir bien soin, et je vous réponds qu'il ne manquera de rien.

. … Je voulais l’apporter il y a déjà quelques Jours, dit François ; mais mou père s’y est opposé, parce que ce petit aniwal aurait pu tomber malade si on l'avait séparé tout-à-coup de sa mère ; mais à présent cela u’est plus à craindre, il est assez vigoureux.

--— Je te remercie bien, lui répondit Chris tive, de l’avoir si bien élevé : mais je vais te donner à mon tour ? Je n’ai rien nous sommes 81 pauvres! Sais-tu une chose? la première laine que nous aurons de ton moutou sera pour toi; maman me permettra de t’en tricoter une paire de bas : n'est-ce pas, maman ?

7 Certainement, et c’est bien le moins que t: pourras faire pour reconnaître les bontés de la famille charitable qui t'envoie un si beou mouton. Ecoute, mon petit ami François, remércie mille fois tes bons Parens : dis-jeur que Nous n'avons qu'une chose à leur offrir, ce sont nos prières. Si Dieu les exauce, ils se

ront amplement dédommagés de ce qu'ils font Pour nous, ”

François partit content d’avoir procuré tant

de joie à Christine et à sa vertueuse mère.

de rassasier de regar-.

La jeune fille ne put der #0n mouton, et après lui avoir donné un peu

come dt

peu de nourriture, ‘le le conduisit dans une petite étable attenant à la maison. L’animal devint depuis ce moment l’objet de ses soins, et après sa mère elle n’uima rien au monde tant que son mouton. Celui-ci devint bientôt si familier, qu’ilsuivait Christine comme un petit chien, prenait dans sa main le pain qu’elle lui donnait, et buvait du lait dans son écuelle.

Souvent la mère, témoin du plaisir que ce gentil animal causait à sa fille, li demandait sielle n’était pas bien aise d’avoir écouté ses conseils en rendant le mouton à son maître, et Christine de lui répondre aussitôt : ‘ Oui, maman, je suis contente, et je promets tous les jours au bon Dieu, dans ma prière, de suivre toujours vos avis et d’obéir à votre voix, comme le mouton obéit à la mieane ; car je sais que vous m’aimez encore bien plus que j'aime ce petit animal. ”

Et Christine tint parole : tous les jours elle donna à sa mère de plus grandes consolations etaugmenta en sagesse et en vertu. Constamment oceupée de tout ce qui pouvait contribuer à lui rendre la santé, elle ne quittait son lit que pour les soins qu'exigeait le ménage et pour se procurer les alimens nécessaires.

“ Elle a eu tant de mal pour m’élever, se disait-elle quelquefois, n’est il pas juste qu’à mon tour je me sacrifie pour elle ? et malgré

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mes

mes efforts, je ne pourrais jamais reconnaitre | toutes ses bontés, Combien de nuits elle à

passées autour de mon berceau quand j’étais petite! Ne faut-il pas aussi que Je veille maine tenant auprès de son lit pour la soulager dans | Ses infrmités? Une bonne mère est un si | grand trésor, qu’il faut chercher à le conserver à tout prix.

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