CHAPITRE
—20)0 Cu
Jia commune de laquelle dépendait la petite maison habitée par Christine et sa mère, était . située dans une position charmante au pied | d’une belle montagne qui dominait le pays.
Cette montagne était couverte d’une maguifi- » que forêt qui s'élevait en amphithéâtre sur ses vastes flancs, et couronnée par un vieux | château qu’on distinguait de fort loin. Une | tour assez élevée s’élançait du sein des chènes antiques, et imprimait à ce paysage ravissant un aspect magique. Vue à quelque distance, À, Cette tour imposante semblait se perdre dans
| les nues, et était habitée par des corneilles, des hiboux.et autrés oiseaux: Le château, ouvrage gothique, servait alors de demeure à . madame
madame de Waldenheim, et était on fief de
sa famille. Depuis la most de sun époux, a cette dame n’en ava t conservé que la jouis- per sance ; elle occupait avec sa fille Einilie plu- ©
sieurs chambres qu'elle avait fait meubler | de ( dans le goût moderne, et qui offrait un point Mi de vue délicieux. prol
Fixée dans cette solitude, madame de Wal. da denheim avait en quelque sorte renoncé au La monde. L'éducation de sa fille était l'objet de * SA sa sollicitude et occupait tous ses momeus, 47 Sans grande fortune, elle cherchait à inspirer és à la jeune Emilie ses goûts simples et modes. : | tes, afin de la préserver de borne heure de | . ces illusions souvent si dangereuses et si fuaes- © 40e
tes à l’innocence, Elle veillait avec atten- \ Ars tion sur cette tendre plante, lui applauissait PJc ‘ plutôt par ses exemples que par ses paroles BP les obstacies que la jeunesse sans expérience ‘4 ed rencontre quelque fois dans le chemin de la re vie. Emilie, élevée sous les yeux d’une mère ee pieuse, Contracta ces habitudes vertueusés qui À
mant sont une sauve-garde au moment des teuta- me p tions, et qui, jetées de loin dans une terre fer Er tile, ne peuvent manquer de Produire des “ su fruits, Elle était à peu près du même âge $ m'a | que Christine, Celle-ci se rendait proaque DE tous les jours au château pendant l’été pour LS soign. vendre des fraises qu'elle avait cueillies, et ne M sé la
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manquait jamais d'en rapporter fidèlement le produit à sa pauvre mère.
Emilie aimait beaucoup à acheter les fraises de Christine, parce qu'elles étaient toujours bien mûres et déposées sur des feuilles dans un vase propre. Mais depuis huit jours Christine n’en avait pas porté au château, ce qui contrariait un peu Emilie, qui les préférait à tous les autres fruits de la saison. Lorsqu'elle reparut enfin après cette petite absence, la jeune de Waldenheim lui fit des reproches de s'être fait ettendre si longtemps, et Jui dit qu’elle aurait pu en acheter auprès d'autres personnes, mais qu’elle avait préféré s’en passer, parce que lea siennes étaient plus appétissantes, 4 Ainsi, ajcuta-t-elle, si tu veux continuer à avoir ma pratique, reviens plus souvent.
— Ne vous fâchez pas contre moi, ma bon-
| ne demoiselle, lui répondit Christine les Jar-
mes aux yeux ; Ce n’est pas de ma faute si je ne suis pas venue depuis huit jours, je ne de.
mande pas mieux que de vous contenter, vous me payez toujours si généreusement ! mais ma pauvre mère, qui est malade depuis plusieurs mois, a été si souffrante cette semaine qu’il ne m'a pas été possible de la quitter un instant $ mon devoir est de rester aupres d'elle pour la soigner : elle n’a que moi aumonde. Comme la journée d'hier a été plus calme, et que
cette
Celle nuit elle a un peu reposé, je me suis le. vée ce matin avant Je Jour pour cueillir des fraises : cela nous procurera quelques sous Pour acheter un peu de beurre. Si donc à l'avenir je ne revenais pas tous les jours avec des fraises, je vous en supplie, n’attribuez ce retard à aucun autre motif qu’à la maladie de ma mère,” Etelle essuya ses larmes avec Son petit tablier blanc.
‘* Pauvre Christine lui dit Emilie avec émotion, pardonne-moi de t’avoirgrondée : voilà ce que c’est de juger si promptement. C'est une leçon que tu me donues là et que maman m’a déjà faite souvent. Au lieu de te reprendre, je dois au contraire te plaindre. Mais pourquoi
m'as-tu caché jusqu'ici la maladie de ta mère ? L nous aurions pu la soulager depuis longtemps, #
maman aime tant à faire du bien !
— Sans doute, mademoiselle, tout le mon- j.
de sait dans le pays combien madame de Waldenheim est bonne et charitable envers les à Pauvres ; mais j’ai eutendu dire à ma mère 1 qu’il ne fallait pas abuser de la complaisance *
des âmes pieuses, et ne réclame: les secours des autres que quand on ne pouvait plus se
suffire à soi-même. Jusqu'ici nous avons fait ©
de notre mieux pour n’être à charge à person-
Be; nous avons vécu bien pauvrement, mais de nous
je me suis le.
r Cueillir des quelques sous e,. Si donc à les jours avec n’attribuez ce la maladie de larmes avec
ilie avec émodée : voilà ce t. C'est une e Maman m’à reprendre, je lais pourquoi de ta mère ?
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nous À
‘dule, des vases avec des fleurs
2 s'aperçut tout entière.
… faitement ciré, et comme Ja Jeune fille
. ‘'Cu\Tne sommes pas encore tant à plaindre
| ‘is une foule de pauvres gens qui sont réduits
Par leurs infirmités à ne Pouvoir rien gagner :
nous nous reprocherions comme un péché de
: lenr dérober les charités qu'on peut leur faire.”
Ces paroles touchèrent singulièrement Emi.
lie, qui pria Christine de l'attendre quelques
| instans pendact qu’elle se dirigea du côté des
appartemens de sa mère, Un moment après
elle revint, et fit entrer la marchande de fraises dans le salon de sa mère.
| Que de merveilles, qne de beautés s'offrirent ‘aux regards de la Pauvre Christine ! Ce salon 1 était tapissé avec beaucoup d’él gance ; des ieminée sur erbe penrtificielles, rnemens,
laquelle était posés, outre une .
des flambeaux en bronze et d’autre
4 fixèrent d’abord l'attention de la petite fille ;
elle ne pouvaît assez regarder les fauteuils, le
1) canapé, le piano, la harpe, et surtout une
4 glace magnifique dans laquelle Christine
Le plancher était par-
avait
: jamais rien vu de semblable, elle n’osa presque | Pas avancer, de crainte de tomber par terre.
Madame de Waldenheim la reçut avec une
touchante
touchante bonté, et lui demanda des nouvelles de sa pauvre mère.
Christise lui raconta tout ce qu’elle avait déjà dit à Emilie, et mit dans toutes ses expressions tant de candeur et de naïseté, que la dame reconnut aussitôt son bon cœur.
‘ Tu peux être tranquille, ma petite, lui répondit madame de Waldenheim, je vais m’occuper de ta mère ; dis-moi comment elle s'appelle.
— Ma mère s’appelle Rosalie West, et nous demeurons dans la dernière chaumière du village. ”
Christine voulut s’en retourner, mais sa | généreuse bienfaitrice lui adressa encore plusieurs questions, puis lui paya ses fraises beaucoup plus qu’elles ne valaient, fit remplir de | bouillon l’écuelle dans laquelle elle les avait ; apportées, et la laissa partir. ;
‘* Quelle excellente enfant! dit-elle à sa fille, Vois-tu, Emilie, elle est pauvre, mais habillée d’une manière fort décente et propre ; elle aime sa mère avec toute la tendresse dont elle est capable : un cœur si pur et si aimant vaut mieux que Ja plus riche parure, Dis-moi, ma fille ? si je venais à être malade, me soiguerais-tu avec tant de dévoûment ?
— Pouvez-vous en douter, ma chère ma-
ct Croÿez-VOus que j'aurais moins d'attention
>s nouvelles
u’elle avait
toutes ses aiveté, que bon cœur.
tite, lui ré- > vais m’ociment elle
est, et nous umière du
r, mais sa encore plu- ‘aises beauremplir de le les avait
t-elle à sa À uvre, mais LA et propre ; # resse dont A Si aimant L#
Dis-moi, Fi
è, Me soi-
‘hère ma- PE ais Müuins !
d'attention
ER AE EE en ME ET
d'attention pour vous que Christine pour Rosalie ?
—Non, je n’en doute pas, mon enfant, mais
. j'ai seulement voulu te rendre attentive sur la
conduite louable de cette pauvre petite paysanne, et te dire qu’on rencontre quelquefvis plus de vertu dans les chaumières que dans les châteaux. A défaut de richesses, ces gens possèdent souvent des sentimens qui font rougir les grands ; et c’est là un bien qui l’emporte sur tous tes trésors de la terre.
Ainsi Dieu permet que nous recevions quelquefois des leçons de la part de certaines personnes que, dans notre orgueil, nous aurons peut-être méprisées. Imite cette enfant, ra chère Emilie, et sois aussi modeste, aussi vertueuse et aussi bonne qu'elle, et tu ne manqueras pas d’être heureuse un jour. ” Cependant Christine, de retour à la chaumière, exposa avec une joie naïve tout ce qui venait de lui arriver. Sa mère versa des larmes d’attendrissement en apprenant l’intérèt que la bonne dame avait promis de prendre à son sort. Le bouillon, qu’elle fit réchauffer aussitôt, lui fit beaucoup de bien. Elle re.
mercia vivement le Seigneur, qui lui avait ménagé cette occasion de recevoir quelque soulagement, ‘* Regarde, dit-elle à sa fille, comme tout s'enchaîne dans ce monde; Tu t'es
l'es levée ce matiu avant le jour pour aller Cueillir des fraises. Diey bénit aussitot ton dévoñment : tu rencontres mademoiselle de qui te présente à sa mère, e soulasg cette dame, elle s’infor elle m'envoie un
Pour quelques combien Dieu envers leurs Parens. is été Paresseuse, noncha- Jante, récalcitrante, si tu avais d matinée, tu te serais privée, ains tous les bienfaits que
de cette intéressante fa
travail, joi
été l’oceasion dont s’est se
POUr nous jäire sentir ses bo
Vrai qu'il #’abandonne Jamais les siens.
Plus tard des Jours plus serein
Ayons
i seul peut nous
aider efficacement : ilest un si bon père ! il est le plus fidèle, le plus constant des amis, toujours plein de miséricorde envers ceux qui espèrent
Le tine,
soins ména villag manq frapp
ur pour aller aussitôt ton -moiselle de a mère, Ta Jression sur e situation, une petite tre à même ir quelques bien Dieu vers leurs e, nonchani la grasse ue moi, de ns recevoir bitude du oi, a donc Seigneur tant il est ns. Et si nent luire à aimable es €ircon- S faibles + Ayons eut nous.
père ! il des amis, ceux qui espèrent
espèrent en lui. Servons.le avec un redoublement d tégera sans cesse, ” Depuis ce moment la Pauyre Rosalie crut cntrevoir un changement notable dans sa posi. L'avenir se montrait à elle sous des couleurs moins sombres, et l'espérance vint Percer dans son cœur comme ua rayon du soleil sortant Qu sein des nuages. Ce n’était vait inquiétée jusqu'alors, mais elle avait tremblé à l’idée de Christine, si la mort la Séparait de cette pauvre enfant ; et voici que ce sort allait s'améliorer sensible.
ments cette douce pensée Coutribua beaucoup au rétablissement de Rosalie.
Di M