‹ Le petit Paris: tableaux et figures de ce tempsChapitre 2 sur 104 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

s'il a des yeux rouges ce jour-là, s'il ne se souvient plus aujourd'hui de la pose d'hier, la faute n'en doit être imputée qu'à lui seul. Peutêtre adviendra-t-il, par suite, que le- Paris de tel article sera fort différent du Paris de tel autre. Pour cela, qu'pn n'aille pas crier à la contradiction, ou pire encore, au paradoxe. — D'ailleurs, Paris m'a tout l'air lui-même d'un paradoxe effréné.

Ceux, qui m'ont précédé ont adopté, pour la plupart, des formes convenues. Les timides, les ingénieux — et quelquefois les philosophes, — se sont déguisés en Persans, en Turcs, en Tartares, en Mogols, en Arméniens, en Japonais, en Chinois et en Cochinchinois. Dans ce cas, Paris s'appelait Ispahan, Bagdad, Constantinople. Le xviii® siècle s'est longtemps amusé de cette mascarade : le sévère Montesquieu et le turbulent Diderot se sont tour à tour affublés du turban et de la robe bariolée aux longues manches pendantes : a Que Mahomet te donne la prudence des lions et la force des serpents 1 » ont-ils dit à M. Jourdain, le bourgeois de Paris.

Ensuite est arrivée la mode des Spectateurs,

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