AVANT-PROPOS. III
des Observateurs, des Ermites. Quelques écrivains privilégiés ont rencontré des fées, des génies, des ombres illustres, qui se sont fait un véritable plaisir de leur servir de cicérone et de leur fournir la clé des charades de la rue et des logogriphes du salon. — De plus humbles s'en sont tenus à un petit vieillard ou à une petite vieille, centenaires pour l'habitude, à l'œil vif, à la voix cassée, au sourire malicieux, au nez barbouillé de tabac, portier ou marquise, gentilhomme ou femme de chambre, un débris du temps passé, qui, entre deux accès de toux, crachait une épigramme ou un portrait.
Je neveux recourir à aucun de ces subterfuges et de ces pseudonymes. Il me plaît de voir avec mes yeux et non avec ceux des autres, et de demeurer seul responsable de mes impressions et de mes opinions.
Je prends plaisir à étudier Paris à toutes ses heures, dans tous ses côtés, à le guetter, à le surprendre. Encore n'esl-ce pas une mince tâche que fai entreprise. J'y emploie à peu près les mêmes procédés que les peintres, — c'est-à-dire que je me contente le plus souvent d'une esquisse saisie