DIALOGUE
J'ai un de mes amis qui plaisante avec les choses les plus sacrées, et dont Tesprit de facétie ne s'arrête même pas devant Thabit gris de fer des garçons de la Banque de France. L'autre matin, un de ces honorables employés se présenta chez lui pour toucher un billet.
Mon ami, qui était seul, Taccueillit poliment, et, après avoir soigneusement refermé la porte :
— Asseyez- vous donc, lui dit-il.
Le garçon de banque. — Ce n'est pas la peine. Je viens pour un eflfet.
Lui. — Ah! ah! Voyons cela... Vous devez prendre vos précautions quand vous allez chez les gens?
Le garçon de banque. — Quelles précautions?
Lui. — Vous êtes armé, je suppose.
Le garçon de banque. — Pourquoi?
Lui. — Ehl ehl ce portefeuille, quoique retenu par une chaînette, est fait pour amorcer bien des convoitises... Est-ce que la chaînette tient bien?
Le garçon de banque. — Oh! très -bien.
Mais...
DIALOGUE. 8l
Lui. — N'est-ce pas un garçon de banque "ue Lacenaire a assassiné ?
Le garçon de banque. — Je ne sais pas...
lui. — Oui, oui... c'est un garçon de banque, j^ m'en souviens maintenant. Lacenaire Ta frappé *^ trois coups de couteau.
Xe garçon de banque, mal à son aise. — V^oulez-vous me remettre les fonds, s'il vous plsît?
X.UI. — Les voisins entendirent la chute du c^^arps sur le plancher, suivie de sourds gémisseï^^nts. Il n'y avait pas eu de lutte, à proprement P^^x-ler. On a prétendu cependant que, pour l'actx^ver, Lacenaire avait appuyé son genou sur la P^^îtrine de sa victime.
X-,E garçon de banque. — C'est deux cent soixante francs, monsieur.
I-.UI. — Vous rappelez- vous le nom de ce garçon d^ la Banque?
XwE GARÇON de BANQUE. — Nou, je uc me le r^I>pelle pas.
Lui. — Il était dans toute la force de Tàge.
J^ xie me souviens phis s'il portait une sacoche...
ou. bien un portefeuille comme le vôtre. Ah ! ce
dieitie de portefeuille est fait pour tenter bien du
niOTide !