‹ Le petit Paris: tableaux et figures de ce tempsChapitre 34 sur 104 · LE MANNEQUIN · texte numérisé non relu

LE MANNEQUIN

It la dame à lunettes empoigne le mannequin, l^ soulève et franchit la porte avec lui. Sur le tr^oltoir, elle se heurte à plusieurs passants, — l^ai s'étonnent et s'arrêtent. Elle arrive à sa voitvire et cherche des yeux le cocher.

Xe cocher a disparu.

"Voilà la dame en lunettes qui demeure au bord ivi ruisseau avec son mannequin entre les bras. C>n a vite fait de s'attrouper à Paris; on s'attr*oupe autour d'elle.

Enfin, le cocher accourt en s'excusant : il était ^11 é chercher de l'eau pour faire boire son cheval.

X.a dame en lunettes lui remet le mannequin ^"t lui ordonne de le charger sur sa voiture. Le cc>cher hisse le mannequin, et sur le siège on voit ^I> paraître ce couple embarrassé... Il s'agit main- ^^ixantde coucher le mannequin comme un colis. — Pendant cette opération, le sarrau de toile ^ ^st dérangé; il voltige indiscrètement à la brise. "e loin, l'effet est étrange et prête à sourire.

-Autre embarras : le mannequin est trop grand; ^^^ pieds et sa tête débordent; il faudrait l'a ssu- S^ttir. Le cocher n'y peut rien.

Sur le trottoir, le rassemblement s'est accru.

XJn peu confuse, troublée par les plaisanteries

^"U.! frappent son oreille, la dame en lunettes

s itxipatiente. Le cocher finit par lui rendre son

ïï^annequin. Elle se trouve avec le mannequin

qu'elle tient à bras le corps ; elle paraît hésiter,

comme si elle voulait le reporter chez le mar-

chand de couleurs. Mais ses études en seraiero interrompues; «cette réflexion la décide.

On lui donne le conseil de placer le mannequin avec elle dans le fiacre, qui est à quatre places.

C'est cela !

Le cocher ouvre la portière, tandis que la dam^ en lunettes y introduit le mannequin, en le pous- sant la tête en avant. — Toujours trop grand ! — Déterminée à tout, elle lui courbe le cou, elle luiiplie les genoux, elle le réduit tant qu'elle peut» Il a déjà les trois quarts du corps dans le fiacre- Encore une poussée, et l'y voilà tout eatier.

Grâce à ses jambes pliées, le mannequin ses trouve assis comme une personne vivante ecz face de la dame en lunettes, qui s'est hâtée d^ monter après lui, — rouge, mais triomphante.

Et le fiacre part au galop.

La dame artiste baisse pudiquement les stores

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