LE PONT DES ARTS
Bien longtemps avant M. Haussmann, Paris avait eu des velléités d'embellissement, des instincts de coquetterie.
Nos grands-pères se rappellent encore la décoration du pont des Arts pendant les premières années du premier empire. Il était orné dans toute sa longueur d'orangers et d'autres arbustes en caisse, formant avenue. Deux pavillons en fer vitré en occupaient le milieu.
C'était alors un endroit de promenade pendant la belle saison; les élégants dessinés par Carie Vernet s'y coudoyaient avec les élégantes enluminées par Debucourt. Le soir, on y trouvait des chaises et des rafraîchissements.
Le pont des Arts aujourd'hui ne ressemble guère au pont des Arts d'autrefois. Ce n'est plus qu'un pont utilitairey comme tous les autres, une voie de communication parcourue par des gens plus ou moins affairés. Adieu les orangers et les fleurs! Uaveugle du pont des Arts, jouant de la clarinette, avec son fidèle caniche, sébile aux dents, est une légende abolie, comme tant d'autres légendes...
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