VIII. Habitation. Hôtd. -j
au-dessous du rez-de-chaussée est la cave. Le vestibule se trouve à l'entrée du rez-de-chaussée. Il y a un ascenseur et plusieurs escaliers par lesquels on monte aux étages supérieurs. Une rampe empêche qu'on ne tombe.
Chaque appartement comprend un plus ou moins grand nombre de pièces et de chambres; ainsi on distingue le salon, la salle à manger, le cabinet de travail, les chambres à coucher, la cuisine. Toutes les pièces ont des croisées (ou fenêtres).
Notre mobilier est tout neuf (ou flambant neuf, ou tout flambant neuf); celui de notre salon est en peluche, celui de la salle à manger est en chêne. Les tables, le canapé, les fauteuils et les chaises (rembourrées) du salon sont du meilleur goût. Les meubles en bois de palissandre, d'acajou, de noyer, etc., ne sont plus à la mode; on n'en voit (ou trouve) que rarement dans les salons riches. Le piano (à queue) nous a coûté les yeux de la tête; c'est la plus belle pièce de notre mobilier. Le tapis de Turquie (ou de Smyrne) qui couvre le plancher du salon, est un cadeau de mon oncle Jules. Sur la (tablette de la) cheminée, il y a une pendule, deux grands vases, deux candélabres à plusieurs branches, des photographies et des bibelots. Devant la cheminée, il y a des pincettes, un tisonnier, une pelle, un seau à charbon et un écran.
Il y a quelques années encore, nous avions des lampes à pétrole pour éclairer nos pièces;
mais à présent, notre maison est éclairée au gaz,
-2 Vlir. HabitaUon. Hôtel.
Au plafond du salon se trouve un beau lustre à trois branches. Chacune de ces branches est munie de deux becs de gaz; ce sont des becs Auer ou becs incandescents à manchon chimique^). Ce manchon est assez fragile, mais il donne à la flamme un éclat extraordinaire. Uéclairage électrique est entré en concurrence avec les autres moyens d'éclairage, mais il coûte encore assez cher. Les places publiques, les rues, les grands magasins, les gares, les hôtels des gens riches, etc., sont éclairés à l'électricité. La lumière électrique est produite par le courant électrique qui chauffe à blanc le conducteur (c.-à-d. un filament de charbon) renfermé dans un petit vase de verre appelé ampoule. Récemment, Y éclairage à V acétylène a commencé à gagner du terrain.
Nous avons Veau à tous les étages.
Les murs des pièces sont tendus de papier et décorés de tableaux (de grandes peintures à l'huile et de belles gravures) et d'une grande glace. Les rideaux et les stores sont blancs.
En hiver, nous chauffons toutes nos pièces; la plupart sont pourvues d'un poêle à feu continu ou d'une cheminée, — Beaucoup de maisons sont chauffées à l'aide d'un calorifère (ou chauffage) central à air chaud ou à eau chaude. La chaleur, qui se produit dans le sous-sol de l'édifice, se répand, par des conduits ou par un réseau de tuyaux, dans toutes les pièces qu'on désire chauffer.
ï) Le manchoD Auer se compose de 99 p. o/^ (prononcez pour cent) de thorine (Th O2) et de i p. % de cérine (Ce 0%
vin. Habitation. Hôtel. c-y
Ma chambre à coucher contient un lit (en bois, en cuivre, en fer), une table, une armoire, une toilette (ou un lavabo, dont la tablette est en marbre) avec une cuvette, un pot à eau et une carafe remplie d'eau fraîche, des serviettes, une éponge, du savon, etc. Dans les tiroirs du lavabo, on serre les objets de toilette (voir page 36). Au-dessus du lavabo, il y a un miroir. Une grande armoire et un placard (pratiqué dans le mur) renferment mes vêtements. Les tiroirs de la commode en face de la toilette contiennent mon linge de corps: mes chaussettes, mouchoirs, chemises, faux cols, manchettes et cravates.
Mon //'/ est bon; c'est un lit en fer sur lequel se trouve un sommier élastique. Chez les (gens) pauvres, une paillasse, c.-à-d. un sac rempli de paille, tient lieu de sommier élastique. Le matelas (au-dessus du sommier) et le traversin sont remplis de crin. Les draps sont en toile, les couvertures, en laine; la courtepointe est ouatée et piquée; rédredon (ou le couvre-pieds) et Toreiller sont remplis de duvet. Ordinairement, les lits français sont surmontés d'un ciel de lit (ou d'un baldaquin) d'où descendent les rideaux. Devant mon lit, il y a une descente de lit, c.-à-d. un petit tapis sur lequel je pose les pieds en descendant du lit. Proverbe: Comme on fait son lit, on se couche.
Il n'y a que les familles riches qui habitent à elles seules une maison entière. La plupart des gens louent un appartement dans une grande mai-
c . Vm. Habitation. Hatel.
son. Le loyer (ou le terme) se paye par trimestre (3 mois). Avant de déménager, il faut que le locataire donne congé au propriétaire à moins de payer le terme suivant.
A Paris, la porte d*entrée de beaucoup de maisons reste fermée toute la journée, mais — particularité qui surprend les étrangers — es locataires n'ont pas de clef (ou clé) pour entrer; il faut donc sonner. Le concierge tire le cordon, et la porte s'ouvre. Pendant la nuit, et lorsque le gaz est éteint, la personne qui franchit le seuil de la porte d'entrée doit donner son nom au concierge; ce dernier connaît tous ses locataires. Pour sortir, on lui crie: Cordon, s* il voies plaît! ou Porte, s'il vous plaît! Sur quoi il tire le cordon. La loge du concierge est à proximité de la porte d'entrée. Le concierge est une sorte de factotum dans la maison dont il a la g-arde; il est chargé de la tenir propre et de monter le courrier (les lettres); il loue les appartements et perçoit les loyers. A son entrée dans la maison, le locataire donne au concierge les arrhes (ou le «denier à Dieu»), c.-à-d. un don proportionné à l'importance de la location. Au jour de Tan, le concierge reçoit des étrennes de ses locataires.
Certains locataires (sous-)louent une ou deux chambres meublées à des sous-locataires, qui sont ordinairement des célibataires. Ils payent une somme fixe par mois. Généralement, ces chambres se louent service compris. Un petit nombre de célibataires prennent des chambres non meublées