CHAPITRE PREMIER
Première idée, de la madiine voyageuse, — Les prédécesseurs de Stephenson. — Watt. — Papin. — Joaffroy. — Foltcn.
Stephenson est le créateur des chemins de fer; il Test incontestablement, c'est une gloire qui ne lui sera jamais disputée.
Est-ce à dire que, de but en blanc, et sans que personne autre y ait contribué, ce grand homme ait, à lui tout seul, opéré cette immense et bienfaisante révolution; qu'un beau jour il ait tiré de sa puissante tète tout ce qui pouvait servir à ses merveilleuses inventions ; et que d'un coup de génie il ait fait sortir de son cerveau locomotives et chemins de fer prêts à fonctionner, comme on voit, dans la mythologie antique, le grand Jupiter faire jaillir de son front Minerve tout armée, prête également pour les œuvres de la paix et pour celles de la guerre ?
Non ; les inventions de ce monde, les grandes surtout, ne s'improvisent pas ainsi. Elles se préparent, elles s^essayent plus ou moins longtemps , plus ou moins obscurément, et parfois sans que ceux-là mêmes qui
les préparent se rendent bien compte de la grandeur de la tâche à laquelle ils travaillent. Elles procèdent par essais, infructueux d'abord, parce qu'ils sont prématurés ou imparfaits; parce que la science parfois, et parfois aussi Tindustrie, ne sont pas assez avancées encore; et qu'il faut, pour la réalisation de chaque progrès, non seulement que ce progrès soit possible en lui-même, mais qu'il vienne à son heure, c'est-àdire que certaines conditions matérielles et morales indispensables existent, que l'état des esprits et des intérêts l'accepte, que le milieuy pour tout dire , s'y prête. PuiSyà de certains moments, quand les temps sont venus, des hommes mieux doués que d'autres ou, ce qui est plus exact peut-être, sachant mieux que d'autres faire usage des facultés dont ils ont été dotés par la nature, reprennent, en y appliquant toutes les ressources accumulées par l'expérience de leurs prédécesseurs, ces essais et ces tâtonnements jusqu'à eux inféconds. Et l'on voit éclore enfin sous une forme pratique ce qui jusque-là n'était qu'un germe, une espérani^e, une vue vague, une utopie : chimère et impossibilité hier, réalité et parfois banalité demain ^
Il en est ainsi pour les chemins de fer; et si l'on prétendait énumérer tout ce qui, de Join ou de près, a pu préparer cette grande invention, il faudrait en vérité remonter bien haut.
Il y a la vapeur d'abord, dont Stephenson a multiplié les applications, mais qu'il n'a pas inventée;
1, C*est ce que Pascal a si admirablement exprimé quand il a représenté Thumanité comme un homme immense qui vivrait toujours et qui toujours apprendrait.
ji Nous travaillons, a dit de nos jours M. Laboulayo, avec les forces de tous les siècles. •
jour OÙ, pour la première fois, l'eau en ébullition a soulevé le couvercle d'un vase. Ce qu'elle est aujourd'hui, elle l'était alors; et ce qu'elle peut, elle le pouvait. Qui le savait? Et si on l'avait su, quel parti en aurait-on tiré?
Il fallait qu'un observateur plus sagace, étudiant cette force captive qui s'agitait dans l'eau et ébranlait en s'échappant le poids qui lui faisait obstacle, songeât à l'empriconner plus étroitement pour en faire la servante docile de l'homme, et à mettre à sa charge les travaux auxquels nos muscles et ceux des animaux ne suffisaient plus.
Il fallait que, l'idée conçue, un corps lui fût donné sous la forme d'appareils appropriés; et pour cela il fallait que l'industrie métallurgique eût atteint un degré d'avancement qu'elle n a pas connu avant le monde moderne. Le même siècle, par la force des choses, devait être à la fois le siècle du fer et le siècle de la vapeur; car sans le fer la vapeur manquerait de corps, et sans la vapeur le fer manquerait d'âme.
Il fallait enfin que la découverte fût admise, sinon de tous, d'un certain nombre au moins , et qu'elle trouvât, soit dans la sympathie des savants, soit dans les besoins de l'industrie ou du commerce, des moyens suffisants de subsister et de se développer.
On sait que tel n'a pas été d'abord le cas, bien que du premier bond, pour ainsi dire, un homme de génie, auquel la France vient de rendre un tardif hommage S Denis Papin , eût franchi bien des degrés intermédiaires.
De celte marmite à laquelle il a laissé son nom, le pauvre grand homme, il avait tiré déjà, on n'y songe
f. Une statue vient enfin d*ètre solennellement élevée à Papin sur rune des places de Blois.
.g.-.g.-.g..g..5. . ...5j..g..ij. .jj..,;. .5. .5. ;a
lavigation i va-
ait été mis sur
d'oublier cela,
''âiçais, c'est Denis
ildaucbàtimeot
mer et de se
Vlustre de l'Alle-
•i aucune science
ses essais; mais
inlre les bruta-
- S" Weser, par su-
j||^|inement,mirent
lit s'emparer de
leur alla bien à
allapoury mou-
, peut-être dans
uis de Jouffroy, In l'appelait par gj Vi, Jouffroy la lîgaudes de cet initier 1 ensemble et le feu > '.
Jcisément après ii, lançant à- son ire le Clermonl,- [ces comme une navigation à va- Iteucé à mettre à 'and et nouveau
H. F. de LesMpt, au
.te^.;*-. .«..«. .«..«..«. .«.
^:#^ïtl»â'iîii'«i'l*î'â*'"=- "
Ht.'
-^r .g^.5f^. j(*-. jj»-.5j. -j j. -j j. -j j. -g. .g. -g. .g.
-Aiilli'M'.ll'MlË.^lSÎ^ à vapeur le
avaient essayé
M|rouler les voi-