‹ Le petit Robinson de Paris (volume 2)Chapitre 41 sur 44 · LE DOMESTIQUE A LIVREE VERT ET OB · texte numérisé non relu

LE DOMESTIQUE A LIVREE VERT ET OB

Camille crut convenable d'attendre les explications que lui promettait son cousin, et d'ajourner jusqu'au lendemain sa visite à madame Marbœuf. Il reprit donc le chemin de l'imprimerie. Dès qu'on le vit reparaître avec son chien, chacun lui demanda des nouvelles; l'enfant raconta ce qui s'était passé, et son récit fut l'objet des conversations de l'atelier; le prote y mit un terme en envoyant Camille porter des épreuves chez différents auteurs.

A peine Camille était-il sorti, qu'un domestique en livrée vert et or parut.

— N'est-ce point ici, — dit-il en s'adressant à Gaspard — que travaille un enfant nommé Camille, qui a un chien noir épagneul ?

— Ils sont sortis tous deux, — lui répondit Gaspard.

— C'est de la part de madame Marbœuf.

— Et qu'est-ce qu'elle lui veut, madame Marbœuf?

— Elle le prie de venir de suite lui parler.

— On l'en préviendra.

Le domestique se retira en saluant.

Il était presque nuit lorsque Camille eut fini ses courses; aussi s'empressa-t-il, au lieu de retourner à l'imprimerie, de se diriger vers l'avenue des Champs- Elysées, en compagnie de Fox.

Il fut étrangement surpris de trouver, à son arrivée, la porte de son enclos ouverte ; il courut à sa maison. Jugoz de son étonnement en voyant madame Marbœuf assise sur l'une des deux chaises, M. Raimond sur l'autre; puis, debout, l'aveugle, son fils et la petite Marie ; à côté d'eux le bon invalide de la rue Louis-le-Grand, caressant Fox et l'appelant son Austerlitz.

Madame Marbœuf paraissait émue ; M. Raimond faisait résonner sa canne sur le plancher; l'aveugle se tenait raide, et essayait de deviner, par les mouvements de chacun, ce qui se passait autour de lui ; Paul et Marie pleuraient, mais d'attendrissement et de joie.

Madame Marbœuf prit la parole.

— Approche, mon enfant, approche ! — dit-elle en tendant la main à Camille, — et dis-moi pourquoi tu ne t'es pas rendu chez moi comme je t'en avais fait prier.

Camille allait répondre, lorsque Gustave entra/ l'air sombre et résolu. Chacun fit silence et leva sur lui des yeux étonnés.

Page 1