CHAPITRE I
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Camille, arrivé au no 37 de la rue Laffitte, passa tout droit devant la loge de la portière et monta au premier. Il allait sonner ; mais, trouvant la porte entrouverte, il s'arrêta indécis. Bientôt des paroles assez vives, échangées entre madame Marbœuf et une antre personne arrivèrent jusqu'à lui.
— Je vous dis de sortir de chez moi et de n'y remettre jamais les pieds I — s'écriait madame Marbœuf.
— Mais si je le trouve, si je vous le ramène ? . . . — lui répondait-on.
— Je le recevrai lui, qui n'a rien ft se reprocher ; mais vous, je ne vous en chasserai pas moins comme un mauvais sujet que vous êtes. Retirez-vous monsieur I
— Madame. . . songez. . •
— Je ne vous connais plus, monsieur ; retirez-vous I Et, comme sans doute on ne paraissait pas tenir compte
de son injonction, madame Marbœuf éleva de nouveau la voix, et du ton le plus impératif :
— Sortez I — dit-elle, — ou je vous fais chasser par mes gens!
Au même instant la porte s'ouvrit ' toute grande ; un jeune homme pâle, l'œil hagard, passa devant Camille. C'était Gustave.
— Que viens-tu faire ici ? — lui dit celui-ci d'un accent irrité.
— Voir madame MarbœuÇ — répondit tranquillement Camille. ! \\ * -
— Sors ! sors ! cette femme est un monstre ! — s'écria Gustave.
Et, -avant que Camille ait eu le temps de se reconnaître, Gustave le prit par le bras et l'entraîna avec lui.
En descendant l'escalier, et comme ils atteignaient la dernière marche, les deux jeune» gens heurtèrent un gros monsieur qui montait.
— Un moment dono ! — dit le gros monsieur, posant sa main sur l'épaule du plus jeune.
Camille leva, les yeux, le gros monaiem? et l'enfant s'écrièrent à la fois :
— Cest vous, monsieur Raimondl
— Cest toi mon petit gardien 1 Quelast ce jeune homme? -~Mon cousin. - ; , •
— Et que viens-tu faire ici?
— Allons, allons 1— interrompit Gustave en ibrçant Camille à le suivre pour l'empêcher de répondre.
Dès qu'Us furent dans la xue, . Camille n'eut rien de plus pressé que de questionner Gustave ; mais celui-ci le quitta brusquement en lui disant :
— Tu sauras tout. Adieu.