MOUSTACHE, GEORGES
Ce dernier porte un bouquet à la riaain, et *c dirige ver» la maison de M*c Bontemsi )
Georges , sans voir Moustache.
Tandis que notre nigaud est entre les mains des amis , et qu'je ne sais où est passé ce vieux père Moustache, allons offrir ces fleurs à la jolie petite veuve. Depuis ce matin, je m'occupe du bonheur de son frère, pensons un peu à moi, maintenant.
moustache, d part.
C'est ça, j'en étais presque sûr. Voyez-vous, voyezfous, ce petit blan-bec-là! {Haut.) Dis donc farceur,écoute donc z'ici.
GEORGES
Tiens c'est vous, sergent? (dpart.) Peste soit d'ia rencontre !
MOUSTACHE
Où vas-tu donc comme ça?
GEORGES
Moi? ah! mon dieu nulle part, je me promène.
MOUSTACHE
Diantre ! mais t'as presque l'air d'aller z'en bonne fortune.
GEORGES
Bon , vous trouvez ? et si ça était, qu'est-ce qu'il en serait s'il vous plaît ?
MOUSTACHE
Ce qu'il en serait?.. . mais ça dépendrait de l'objet, vois-tu. ■»
GEORGES
Comment, d'Ia jalousie? dites-moi donc à vot tour, est-ce que vous Tiendriez . . .
moustache.
Pour voir la belle fermière z'et lui déclarer mon amour, rien qu'çà mon p'tit.
GJE0R6ES.
Oui da! eh ! bien mon grand, c'est qu'alors il y a rivalité, voyez-vous.
MOUSTACHE
Rivalité , z'avec toi.
Un peu, mon. . . . ancien.
MOUSTACHE
Tambour, j'ai z'un conseil à te donner.
GEORGES
Et c'est?...
MOUSTACHE
C'est d'battre la retraite. . .
GEORGES
Impossible, j'nai pas ma caisse.
MOUSTACHE
Ehben! vas la chercher, mais vas-y vite, ou bien, morbleu !. . .
GEORGES
Oh! oh! vous l'prenez sur c'ton-là: eh bien, en c'eas, n'y a pas d'morbleu qui tienne, entendez-vous, et j'reste ici, moi.
MOUSTACHE
Ah ! tu n'veux pas obéir à ton chef?
GEORGES
Dans le service militaire , oui ; mais, dans le service civil, c'est une autre paire de manches; or, comme pour le quart-d'heure, nous n'sommes de garde ni l'un ni l'autre, j'ne r'connais en vous qu'un rival; et pour me couper l'herbe sous l'pied, il faut avant m'eouper autre chose , voyez-vous.
MOUSTACHE
Vraiment? ça n'serait pas la moustache^ toujours.
GEORGES
Il est possible, mais c'n'est pourtant pas encore vous qui m' ferez la barbe.
MOUSTACHE
Tapin, tu es trop jeune, pour me damer le pion.
GEORGES
Sergent, vous êtes trop vieux pour me l'soufller.
MOUSTACHE
Tu crois?
GEORGES
Oui, c'est une idée qu'j'ai comme ça. Mais t'nez, je suis un bon enfant , moi; voulez-vous qu'nous nous arrangions là franchement? Nous allons aller trouver la petite veuve, nous nous déclarerons ensemble, et celui qu'elle préférera restera maître du champ de bataille. Est-ce convenu?
MOUSTACHE
Eh bien! j'y consens. Mais pas d'bouquet, z'au moins; combattons à armes égales.
GEORGES
Ah! c'est trop juste. ( // jette son bouquet. Tous deux se serrent amicalement la main, et vont entrer chez Mad. Bontems, A ce moment , on entend de grands éclats de rire, et Us remontent la scène. )
Ah! ah! ce sont les camarades qui ramènent notre olibrius en triomphe.
MOUSTACHE
Que le diable les emporte, par exemple!
GEORGES
Allons, allons, sergent, patience, ce n'est que partie remise; terminons d'abord c't'affaire-là , ensuite, nous nous occuperons de l'autre.
MOUSTACHE
II le faut bien , puisque nous ne pouvons pas faire autrement.