‹ Le petit tambour; tableau en un acteChapitre 14 sur 20 · MOUSTACHE, GEORGES · texte numérisé non relu

MOUSTACHE, GEORGES

Ce dernier porte un bouquet à la riaain, et *c dirige ver» la maison de M*c Bontemsi )

Georges , sans voir Moustache.

Tandis que notre nigaud est entre les mains des amis , et qu'je ne sais où est passé ce vieux père Moustache, allons offrir ces fleurs à la jolie petite veuve. Depuis ce matin, je m'occupe du bonheur de son frère, pensons un peu à moi, maintenant.

moustache, d part.

C'est ça, j'en étais presque sûr. Voyez-vous, voyezfous, ce petit blan-bec-là! {Haut.) Dis donc farceur,écoute donc z'ici.

GEORGES

Tiens c'est vous, sergent? (dpart.) Peste soit d'ia rencontre !

MOUSTACHE

Où vas-tu donc comme ça?

GEORGES

Moi? ah! mon dieu nulle part, je me promène.

MOUSTACHE

Diantre ! mais t'as presque l'air d'aller z'en bonne fortune.

GEORGES

Bon , vous trouvez ? et si ça était, qu'est-ce qu'il en serait s'il vous plaît ?

MOUSTACHE

Ce qu'il en serait?.. . mais ça dépendrait de l'objet, vois-tu. ■»

GEORGES

Comment, d'Ia jalousie? dites-moi donc à vot tour, est-ce que vous Tiendriez . . .

moustache.

Pour voir la belle fermière z'et lui déclarer mon amour, rien qu'çà mon p'tit.

GJE0R6ES.

Oui da! eh ! bien mon grand, c'est qu'alors il y a rivalité, voyez-vous.

MOUSTACHE

Rivalité , z'avec toi.

Un peu, mon. . . . ancien.

MOUSTACHE

Tambour, j'ai z'un conseil à te donner.

GEORGES

Et c'est?...

MOUSTACHE

C'est d'battre la retraite. . .

GEORGES

Impossible, j'nai pas ma caisse.

MOUSTACHE

Ehben! vas la chercher, mais vas-y vite, ou bien, morbleu !. . .

GEORGES

Oh! oh! vous l'prenez sur c'ton-là: eh bien, en c'eas, n'y a pas d'morbleu qui tienne, entendez-vous, et j'reste ici, moi.

MOUSTACHE

Ah ! tu n'veux pas obéir à ton chef?

GEORGES

Dans le service militaire , oui ; mais, dans le service civil, c'est une autre paire de manches; or, comme pour le quart-d'heure, nous n'sommes de garde ni l'un ni l'autre, j'ne r'connais en vous qu'un rival; et pour me couper l'herbe sous l'pied, il faut avant m'eouper autre chose , voyez-vous.

MOUSTACHE

Vraiment? ça n'serait pas la moustache^ toujours.

GEORGES

Il est possible, mais c'n'est pourtant pas encore vous qui m' ferez la barbe.

MOUSTACHE

Tapin, tu es trop jeune, pour me damer le pion.

GEORGES

Sergent, vous êtes trop vieux pour me l'soufller.

MOUSTACHE

Tu crois?

GEORGES

Oui, c'est une idée qu'j'ai comme ça. Mais t'nez, je suis un bon enfant , moi; voulez-vous qu'nous nous arrangions là franchement? Nous allons aller trouver la petite veuve, nous nous déclarerons ensemble, et celui qu'elle préférera restera maître du champ de bataille. Est-ce convenu?

MOUSTACHE

Eh bien! j'y consens. Mais pas d'bouquet, z'au moins; combattons à armes égales.

GEORGES

Ah! c'est trop juste. ( // jette son bouquet. Tous deux se serrent amicalement la main, et vont entrer chez Mad. Bontems, A ce moment , on entend de grands éclats de rire, et Us remontent la scène. )

Ah! ah! ce sont les camarades qui ramènent notre olibrius en triomphe.

MOUSTACHE

Que le diable les emporte, par exemple!

GEORGES

Allons, allons, sergent, patience, ce n'est que partie remise; terminons d'abord c't'affaire-là , ensuite, nous nous occuperons de l'autre.

MOUSTACHE

II le faut bien , puisque nous ne pouvons pas faire autrement.

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