Paris, 186i, in-S», 14 avril
d'avril 1779. Que dire encore de ce passage des Mémoires inédits du comte Esterhazy, cités par M. Feuillet de Couches*? « Dès que la reine commença à être en convalescence, on lui conseilla d'aller s'établir à Trianon... La reine y alla. Sa maison y venait tous les jours, et on nous donna des logements au Grand^Trianon. La comtesse Jules était tombée malade à Paris peu après la reine et avait aussi la rougeole. La comtesse Diane resta avec madame Elisabeth, et les trois semaines que nous passâmes à Trianon furent bien agréables, uniquement occupées de la santé et de l'amusement de la reine : de petites fêtes simples dans un lieu charmant, dans une belle saison, des promenades en calèche ou sur l'eau, point d'intrigants, point d'affaires, point de gros jeu. Il n'y avait que la grande magnificence qui régnait, qui pût faire croire qu'on fût à la cour. » Le style est médiocre, et, quant à l'originalité des détails, c'est dans le genre des descriptions de la baronne d'Oberkirch : « Je fus le matin de bonne heure visiter le Petit-Trianon de la reine. Mon Dieu, la charmante promenade! que ces bosquets parfumés de lilas, peuplés de rossignols, étaient délicieux! Il faisait un temps magnifique, l'air était plein de vapeurs embaumées, de papillons ailés d'or aux rayons de ce ciel printanier. Les jardins sont délicieux, rien n'y manque : les ruines, les chemins contournés, les nappes d'eau, les cascades, les montagnes, les temples, les statues, enfin tout ce qui peut les rendre très variés et très agréables*. » C'est une manière commode et peu compromettante d'écrire des mémoires. Le récit attribué au comte Esterhazy est pourtant encore trop précis. Pourquoi l'auteur s'est-il risqué à parler de temps et de logement, transformant neuf jours en trois semaines et les fameux externes de Mercy en messieurs internes. Voilà un document historique dont il sera prudent de n'user qu'avec une extrême circonspection.
i. Louis XVI, Marie-Antoinette et Madame Elisabeth; Paris. 1764-1775, 6 ▼. in-8MV, 21.