‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 131 sur 362 · IU · texte numérisé non relu

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« séparons; je sens que cela arrive déjà : bientôt je ne pourrai « plus vous quitter. Prévenez ce temps-là. Laissez-moi partir de « Fontainebleau, je ne suis pas faite pour la cour; tout le monde « en sait trop ici pour moi. » a ... Ses chevaux étaient mis, » raconte le prince de Ligne. « La Reine Tembrasse, lui prend les mains, la conjure, la presse, se jette à son cou*...; » madame de Polignac consent à rester.

Elle était malade lorsque la reine fit son premier séjour à Trianon, en 1779. Dès qu'elle commença à se remettre, elle lui écrivit qu'elle aurait l'honneur de lui faire prochainement sa cour. « Sans doute, » répondit Marie- Antoinette, « la plus « empressée de nous embrasser, c'est moi, puisque j'irai dès « demain dîner avec vous à Paris. » Elle se rendit en effet, à une heure, rue de Bourbon, chez sa favorite, et dîna en tête à tête avec elle. On remarqua qu'elles demeurèrent enfermées ensemble jusqu'à cinq heures, sans que la princesse de Chimay, dame d'honneur, qui avait accompagné la reine, fût admise à Tentrevue. Pendant ce temps, la suite de Sa Majesté était traitée avec quelques courtisans à trois tables splendidement servies*.

Au mois de mai 1780, la comtesse étant en couches, la cour dut se transporter tout entière à La Muette, afin que la reine eût la facilité de voir plus fréquemment son amie. « Le public de Paris, » remarque Mercy', « n'applaudit pas du tout à ce motif, et le regarde comme une démonstration de faveur trop exagérée. » « Quoique l'histoire de France, » dit à ce sujet la correspondance de Grimm*, « soit en ce genre aussi riche qu'une autre, nous ne croyons pas qu'elle ait encore offert l'exemple d'une faveur à la fois plus intime et plus éclatante. »

Marie- Antoinette, pour l'attacher à sa personne, avait pensé à la faire nommer dame d'atours ou même dame d'honneur*. Mais

\. Mémoires du prince de Ligne et Revue nouvelle, 1846, p. i09.

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