La Marck, I
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faveur, s'est déjà procuré, tant en grandes charges qu'en autres bienfaits, pour près de 500,000 livres de revenus annuels. »
(le n*était qu'un commencement. La favorite obtint 400,000 livres, en janvier 1780, afin de payer ses dettes, et au mois de juillet, quand elle maria sa fille, âgée de onze ans, avec le comte de Grammont, une dot de 800,000 livres pour la fiancée, avec le brevet do duc de Guiche pour le futur et la survivance de la charge de capitaine des gardes du corps qui appartenait au duc de Villeroy. Le jour même du retour de Trianon, 20 septembre, le comte de Polignac fut créé duc héréditaire, et la nouvelle duchesse prit le tabouret à la cour, le 24. On n'oublia pasVaudreuil qui reçut une grasse sinécure, la charge de grand fauconnier de France. La fonction n'avait plus d'objet, puisque dopuis longtemps lâchasse àToiseau était tombée en désuétude; on entretenait toujours cependant un équipage de vol, et le titulaire de remploi, qui comptait parmi les grands officiers de la couronne, continuait à recevoir avec solennité les gerfauts d'Islande, envoyés au roi de France par le roi de Danemark, et les faucons de Malte, hommage du grand maître des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. La cérémonie, chaque fois, s'annonçait officiellement dans la Gazette,
Un autre acteur de la troupe de Trianon voulut avoir une part dans h» ministère de la guerre qu'il était question d'enlever au prince de Montbarey. On le chansonna sur l'air de la Belle Bourbonnaise :
Pour vaincre l'Angleterre, 11 est question de faire Ministre et secrétaire Un marquis de hasard, Chevalier d'industrie, Major d'infanterie, Colin de comédie :
C'est monsieur d'Adhémar.
♦ Le couplet fut envoyé à la reine, et les Mémoires secrets rapportent qu'Adhémar dut fournir des explications. 11 convint que,
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quoique issu de l'illustre famille dont il portait le nom, il n'était qu*un pauvre gentilhomme sans fortune, et qu'il s'était vu obligé, en effet, de « se soutenir par des moyens de complaisance, de dévouement, d'adresse, mais toujours honnêtes. On lui faisait, » dit-il, « beaucoup d'honneur en le qualifiant de major, car il n'avait jamais été qu'aido-major. » Quant au titre de Colin qu'on lui donnait, c'était celui dont il se glorifiait le plus, puisqu'il prouvait qu'il « avait contribué aux amusements de Sa Majesté en jouant la comédie avec elle*. » Ce n'était pas d'ailleurs ministre de la guerre que voulait être M. d'Adhénlar, mais adjoint au ministre, et il avait préparé habilement sa candidature à Trianon, entre deux comédies. Il s'y était emparé de madame de Polignac,... « ne la quittait pas d'un pas,... était sans cesse à son oreille. Si elle changeait de place, il la suivait à table, à la promenade, dans sa chambre : il ne l'abandonnait pas plus que son ombre*. » Il ne réussit point cependant. Besenval a exposé tout au long les péripéties de cette intrigue qui finit par la nomination du maréchal de Ségur, et au cours de laquelle les deux amies faillirent se brouiller à mort. On ne peut rien lire de plus affligeant que le récit de la scène qui eut lieu entre elles et où l'on voit la reine, les laniies aux yeux, se jeter aux genoux de madame de Polignac pour la conjurer de lui pardonner quelques paroles amères qui lui étaient échappées, lui disant « tout ce que le regret de l'avoir offensée, tout ce que l'amitié la plus tendre pouvaient inspirer, » afin de la retenir près d'elle au prix même de sa dignité.
Mercy' s'agitait vainement pour essayer d'arracher la reine à cette obsession. Elle lui promettait bien, en quittant Trianon, le 20 septembre, pour se rendre à Marly, de s'y entourer d'une cour plus nombreuse. Mais elle sembla n'appeler plus d'in-
1. Mémoires secrets, 31 décembre 1780. — Lescure, I, 355. — Recueil de la présidente de Rosanbo.