‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 154 sur 362 · LK BELVÉDÈRE · texte numérisé non relu

LK BELVÉDÈRE

paille, avec aiîconipagnement de poignards croisés, de cœurs percés de flèches, de colombes qui se becquëtent, de couronnes. Ici pend un médaillon orné d'un groupe d'enfants sur fond noir; ailleurs, Taigle d'Autriche déploie ses ailes : on n'y voit pas les lis de France. Les trépieds et les tables portent, soit de longs vases aux formes variées, soit des brùle-parfums. Sur l'un d'eux sont posés un flacon de vin, un verre et une assi(»lte de biscuits, avec un voih», un chassi^-mouche et un éventail; sur un autre, un singe» lutine des poissons qui nagent dans une vasque de cristal, tandis qu'a côté un écureuil grignote des fruits. La base des murailles est décorée de branches de fleurs, et dans la frise court une guirlande retenue par des boutons d'or. Au plafond, Lagrenée a peint h fresque un ciel bleu sur lequel des Amours jouent avec des fleurs parmi de légers nuages'. Le sol est pavé d'une mosaïque de maibre bleu-turquin, vert, blanc-veiné, rouge*. Le prix total offre un exemple h citer de ce que peuvent devenir les devis d'architecte entre le projet et l'exécution : estimé 23,900 livres, 17 sous, 4 deniers, le belvédère coûta 6i,990 livres, 19 sous, 8 deniers'.

On ne peut rien imaginer de plus coquet, de plus gracieux, de plus frais que ce salon. Au dehors, les alentours étaient, comme ceux du temple, plantés de rosiers-pclote-de-neige, de pommiers-paradis et d'arbustes odoriférants*. Des fenêtres du belvédère, la reine embrassait d'un coup d'œil son petit domaine (Voy. p/. IX). Les arbres ont grandi et leurs branches, qui n'ont pas été élaguées depuis, bouchent les perspectives ménagées par Tart d'Antoine Richard. Le regard portait alors sur le

i. Lagrenée reçut oOO livres. Cet arlisle fut, le 31 aoiU 1781, nommé directeur de l'académie de peinture, sculpture et architecture à Rome. A son retour, en 1787, il obtint un logement au Louvre et une pension de 2,800 livres. 0» lOSo.

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