‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 164 sur 362 · janvier · texte numérisé non relu

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reine, lui écrivait plaisamment : « Je vous en prie, mon prince, mon bon prince, n'allez pas subrenatuier mon couplet en lui faisant l'honneur de le chanter par vous-même. » La reine avait eu, pendant qu'on étudiait les rôles, une indisposition qui n'eut pas de suites graves : « Le seul inconvénient, » dit-il, « qui en résultera sera le retard du spectacle de Trianon ». Le correspondant du prince de Ligne se donnait pour beaucoup mieux informé qu'il ne l'était réellement. Au moment où il écrivait, le 13 avril, la représentation du Sage étourdi et do la Matinée et la Veillée villageoises ou le Sabot perdu avait eu lieu depuis deux jours : le H , après deux répétitions*.

La comédie de Boissy, le Sage étourdi, n'est pas mentionnée dans les états de dépenses. On n'en devrait pas cependant conclure absolument qu elle n'a point été jouée; une comédie qui ne nécessite ni orchestre ni décors exceptionnels peut ne donner lieu à aucun règlement de comptes. Mais la pièce est des plus médiocres : elle manque de gaîté, Tinlrigue en est nulle, aucune surprise n'est réservée au spectateur qui prévoit tout à l'avance, elle se conclut par un mariage entre un étourdi de vingt ans et une femme qui frise la trentaine; et c'est cette union disproportionnée que l'auteur voudrait nous donner comme une preuve de sagesse. Les deux principaux rôles sont tenus par des hommes, et il n'y a qu'une jolie scène, entre l'ingénue et un homme qui, quoique âgé de quinze ans de plus qu'elle, en est cependant devenu amoureux et hésite à l'avouer. Le chevalier de l'Isle n'indique pas comment cette pièce était distribuée.

On a vu qu'il parle, sans le nommer, d'un comte *** qui jouait, dans la Matinée et la Veillée villageoises, le rôle de Colin. Il s'agit sans doute du comte d'Artois. La pièce de Piis et de Barré, très amusante d'ailleurs, contient quelques scène3 de nature à rendre tout à fait ingrat le rôle du mari de la jeune première, spectateur de ses ébats amoureux. La mère Thomas, paysanne soupçonneuse, pour empêcher sa fille de courir le guilledoux, met,

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