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un éclat et surtout uuo dignité do représentation et des grâces rares parmi nos femmes de la cour elles-mêmes, qui ont tant de prétentions. Elle pourrait bien influer sur cette opération tant contrariée, tant balancée, do la signature du traité. » Le 9 août, la reine la reçut à Trianon, et lui offrit une fête nocturne, de tous points semblable k celles de 1781 et de 1782*. Le roi n'y assista point, sans doute pour ne pas donner à ces avances une signification politique trop prononcée, la réconciliation entre les deux nations n'étant pas encore officielle*.
Le séjour du 1" au 6 juin fut le seul que Marie -Antoinette fit à Trianon pendant Tannée 1783. Le jardin était de nouveau livré aux terrassiers, maçons, cbarpentiers, etc., qui construisaient le bameau. Le principal objet* de cette nouvelle création (Voy. pL XVI) était un lac entouré de plusieurs maisons rustiques . Le roi donna, pour l'établir, le terrain au nord-est du jardin anglais, entre l'allée de Saint-Antoine, l'allée du Rendez-vous et le bois des Onze- Arpents' (Woy.pl, III et XI). On le ceignit d'un fossé'. Les maisons se construisirent pendant l'été de 1783. Elles se divisent en deux groupes principaux, séparés par une rivière sortant du lac. Le premier était formé d'un moulin, d'un boudoir, du côté de l'avenue de Saint- Antoine, et, vers celh» du Rendez-vous, d'un grand manoir qu'on appela maison de la reine, et de bâtiments situés en arrière pour le service. Le second groupe comptait cinq fabriques : des logis pour le garde et le jardinier, une grange, un poulailler et une tour avec dos dépendances contenant une laiterie et une pècberie. A l'écart, près du bois des Onze- Arpents, on bâtit une ferme. L'extérieur de toutes ces mai-
t. Le nombre des fagots brûlés fut un peu plus considérable : 5,500, coûtant 1,000 livres. 0* 1878, 1879, t88i, 3064.
2. Le traité de Versailles, signé le 3 septembre 1783, fut proclamé à Paris seulement le 25 novembre, en vertu d'une ordonnance du 3. K. 1719.
4. Une coupe d'arbres fut faite dans la remise en dehors de l'enceinte du jardin anglais, près du temple de l'Amour, le 15 avril, et l'on abattit 71 arbres en deux lignes, le long des Onze Arpents. 0» 1876, 1877, 1880.
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sons fut revêtu, par les peintres Tolède et Dardignac, d*une décoration imitant la vieille brique, la pierre effritée et le bois vermoulu, avec des lézardes et des crépis tombants*. Les planchers et charpentes furent construits d'après une nouvelle méthode, qui n'est pas expliquée dans les pièces de dépense, par Migneron e auteur de Tamélioration des bois, o Sur la hauteur, au coin du bois, Mique proposa de placer une ruine, l'inévitable ruine de M. do Ciararaan, sans cesse rêvée, mais dont le projet était toujours demeuré dans les cartons. Cette fois, ce n'était plus la 44" planche dos Ruines de Balbec qu'il s'agissait de copier. L'architecte avait imaginé un édifice rectangulaire orné de vingtquatre colonnes, douze ioniques et douze corinthiennes, de plusieurs bas-roliefs, dont l'un représenterait le char d'Apollon, précédé de l'Aurore et suivi des Heures, et les autres : des groupes d'enfants figurant les Saisons, avec les Muses en ronde-bosse. A l'entour seraient semés des débris, censés tombés de la muraille. Des fenêtres d'un élégant salon placé au rez-de-chaussée, on aurait la vue du lac, des maisons éparpillées sur ses bords, du hameau de Saint-Antoine- et de toute la campagne vers la butte de Picardie et le bois de Fausses-Reposes. Un charmant modèle en talc et en cire fut préparé par Deschamps*, mais on n'alla pas plus loin, et, bien qu'elle soit marquée sur certains plans contemporains (Voy. pi. XVI), la ruine ne fut pas exécutée.
A la tour qui s'élevait fut donné le nom de tour de Marlborough, qui lui resta. En 1783, tout était à la Marlborough. L'air de la vieille complainte, composée en 1722 à la mort du fameux générai anglais, avait été rajeuni par Beaumarchais pour le Mariage de Figaro, Il avait lu sa pièce, en 1782, au comte et à la comtesse du Nord ; mais la police en interdisait la représentation. Pour amorcer le public, l'auteur mit en circulation la chanson du page, qui fut bientôt dans toutes les bouches. « Par une circons-
1. La peinture coûta 21,899 livres, H sous, 5 deniers, 0* i875-76, 1879, 1882, 1884.
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tance assez bizarre, » disent les Mémoires secrets*, a personne ne savait à la cour cet air niais et plat. Madame Poitrine, seule, la nourrice du Dauphin, l'avait appris dans son village, et, un jour qu'elle le fredonnait, le Roi et la Reine la surprirent et la forcèrent à le chanter; ils s'en amusèrent, voulurent l'apprendre, et les courtisans ne manquèrent pas de singer leurs maîtres, o Tout le monde le répéta bientôt à La Muette. La chanson originale de Marlborough redevint on honneur : Audinot la traduisit en pantomime ; Nicolet la joua sur son théâtre ; au carnaval, on en fit une mascarade. Marlborough devint ce le héros de toutes les modes... ; il y eut des rubans, des coiffures, des gilets, mais surtout des chapeaux à la Marlborough*. » Voilà comment on voit au Petit-Trianon une tour <le Marlborough.
a Madame la nourrice,» Geneviève Barbier, femme Poitrine, était une figure assez originale, dont les allures campagnardes tranchaient sur l'urbanité obséquieuse des gens attachés à la cour. « Elle est bien nommée, » dit madame de Bombelles, a car elle aune poitrine énorme et un lait excellent, à ce que disent les médecins. C'est une franche paysanne, femme d'un jardinier de Sceaux ; elle a le ton d'un grenadier, jure avec une grande facilité, ...ne s'étonne et ne s'émeut de rien. Les dentelles, le linge qu'on lui a donnés ne l'ont pas surprise : elle a trouvé cela tout simple, et a seulement demandé qu'on ne lui fît pas mettre de poudre, parce qu'elle ne s'en était jamais servie. Elle voulait mettre son bonnet de six cents livres sur ses cheveux, comme les autres cornettes. Son ton amuse tout le monde, parce qu'elle dit quelquefois des choses fort plaisantes'.» Elle avait trente-trois ans en i783. Cette année, elle accompagna le dauphin à Trianon pour la dernière fois. On lui donna sa retraite avec une pension de 6,000 livres, dont