Lescure. Coirespondance secrète, I
o. Voy. le tableau des voyages de la cour : Documents, II, 2.
LES ENFANTS ROYAUX A TRIANON. Î7i
quemment seul à Rambouillet chasser deux ou trois jours ; pendant ce temps, la reine venait, soit à Trianon, soit à Saint-Cloud. A dater de 1785, Marie-Antoinette cherche k se soustraire à la domination exclusive de sa société intime. Elle forme d'autres amitiés : n la duchesse de Fitz- James, » dit la Correspondance secrète\ « jouit de plus en plus des bonnes grâces de la Reine, et elle excite même un peu de jalousie parmi les amis de la duchesse de Polignac. » Rompant le cercle où elle s'était laissée enfermer, la reine rouvre les portes de Versailles à la noblesse, que son indifférence avait tenue à l'écart et qui revient au premier signal. Depuis plusieurs années, presque personne ne demandait plus à être présenté à la famille royale. En 1785, il n'y eut pas moins de trois cent quarante-trois gentilshommes et deux cent quarante et une dames qui sollicitèrent et obtinrent cet honneur*. Versailles reprit son ancien éclat : la reine donna des bals dans l'ancien théâtre de la cour des Princes', et, dans une nouvelle salle* disposée h l'extrémité de l'aile droite du château, des spectacles où fut admise toute la cour. Les fêtes d'été se célébrèrent à Saint-Cloud. On réserva Trianon pour la vie intime. Nous n'y verrons plus ni ces illuminations éclatantes, ni ces représentations de gala dont l'Europe entière avait parlé. A une exception près, il n'y aura même plus de comédie de société. Trianon offrira le tableau d'un château bâti près d'un village, avec une châtelaine se mêlant à Texistenco des villageois, s'intéressant à leurs travaux rustiques, goûtant leurs plaisirs champêtres et innocents. C'est le temps où Florian* fait paraître ses premières pastorales, où Bernardin de Saint-Pierre public ses Études de la Nature et songe à écrire son idylle immortelle de Paul et Virginie.
i. I, 537, 24 février 1785. — Marie-ClaudineSylvie de Thiard de Bissy, épouse de Jacques-Charles duc de Filz-James, colonel du régiment de Berwick, maréchal de camp depuis 1770, gouverneur du Limousin.