Le petit appentis (b) servait de lingerie
2. OH875,i878, 1880, 1884-85. En 1786, on fitfairepource poulailler mobile 36 toises de filet.
quels elle plaça douze familles pauvres, se chargeant pour toujours de leur entretien complet. » Et prenant le ton de Tenthouthousiasme, il s'écrie : « Us étaient donc Tasile de l'infortune et le temple de la charité, ces jardins qu'une basse et stupide calomnie présente aujourd'hui comme un théâtre de scènes licencieuses et dont l'indigne plagiat nous est donné pour une vérité historique! » Si Weber est de bonne foi, il faut dire qu'il se vante ailleurs faussement d'avoir été admis dans l'intimité de la reine. Quoi qu'il en soit, il n'a pas même le mérite de l'invention. Ce même conte fut débité à des voyageurs anglais, venus en France après la paix d'Amiens. « Notre guide, » dirent-ils, « nous montra « les douze asiles » des pauvres familles que la reine « allait visiter avec son auguste enfant, » et, plus loin, « la cure, qui était habitée par un vieil ermite que cette princesse appelait son curé, et avec lequel elle causait avec cette douce familiarité qui lui gagnait tous les cœurs. Le bon religieux était près d'elle rinterprète de la petite colonie qu'elle avait formée près de sa demeure favorite ; il lui rendait compte des légers incidents qui en variaient l'existence, et l'attention qu'elle portait à ces détails prouvait que ce n'était point par caprice ni par ostentation qu'elle avait fondé cet élablissoment'. » Le guide avait lu la fable des paysans niiséi'ables dans les Anecdotes du règne de Louis XVI, publiées par Nougaret on 1791*. Quant à la cure, l'administration du palais a donné, depuis longtemps déjà, la consécration officieUe a cette bourde, en faisant inscrire sur la maison qui servait de poulailler, au temps de Marie- Antoinette, le nom de/w^Ahytère,
11 suffira d'opposer à ces inventions le témoignage d'un contemporain qui écrivait en 180S. C'est encore le botaniste Duchesne, ancien prévôt des bâtiments du roi, auteur d'un Cicérone
1. Versailles f Faris et Saint-Denis^ ou Une suite de vue d'après des desseins, par J.-C. Nattes; Londres, s. d., in-f", pi., p. 53.
de Versailles' qui abonde en renseignements précieux. « L'architecte Mique, » dit-il, « ne voulut point jouer à la chapelle, il n'en construisit point une imaginaire; mais, au moyen du fossé de clôture, la ceinture de bocages fut entr*ouverte à dessoin de profiler de la vue de la petite église de Saint-Antoine, et les maisons construites à l'entour communiquèrent au hameau de fantaisie un air de vérité*. »
Alain Manesson-Mallet nous en a conservé le souvenir dans une gravure du Traité de géotnétrie pratique^ qu'il a publié en 1702. L'église était, comme on le voit, un édifice très modeste : un clocheton surmontait le pignon de la façade ; le chœur qui paraît d'architecture gothique était plus élevé que la nef. On remarquera que la porte Saint- Antoine n'a pas la même forme qu'actuellement. Je dirai plus loin à quelle occasion elle a été changée.
Duchesne remarque que ces maisons sont « toutes variées de forme, de grandeur, de construction, d'ameublement, aussi
1. In-12, p. 99. L'indicalionde Duchesne eslconfirmée par Alexandre Delaborde dans sa Description den nouvcmtx jardins de la France y qui parut en 1808.
2. Voy. plus loin le plan, c. ix. — Saint-Anloine-du-Buisson était une annexe de la paroisse du Chesnay, qui était alors desservie par Dainar, prieur de La Roche. Registres des baptêmes, mariageà et sépultures, aux archives du Chesnay.