L'AFFAIRE DU COLLIER ET TRIANON
Ln fenuièrc. — Le bouc bluuc. — Le comte de Nellenbourg.
Recueil des vue» de Trianon.
Acquittement du curdinol. — Motifs de cette décision.
Visites supposées de la femme Lamotte à Trianon.
Les premiers soleil» de 1786 virent le hameau mirant dans le lac sa parure, maintenant achevée, de verdure et de fleurs. La ferme de son côté s'était complétée. Elle avait rct^u une fermière, en décembre 1785 : la femme de Valy qu'il avait fait v(»nir de Touraine avec ses enfants. De nouveaux hôtes lui arrivèrent de Fribourg, le 28 mai suivant, après un voyage qui ne manqua point de péripéties émouvantes. Au mois de février 1786, Valy avait représenté à la reine que le bouc mis dans ses écuries n'était pas bon, « attendu que sur sept chèvres il nV en avait pas une de pleine, » et demanda à le changeur. « S. M. répondit qu'elle le voulait bien, mais surtout que le nouveau ne fut pas méchant «»t qu'il fût tout blanc. » Valy commanda alors à Duriaux, messager de Paris en Suisse, de lui amener « un bouc tout blanc, très beau en tout, pas méchant, à quatre cornes,... et une chèvre blanche et bonne laitière, pleine. » Duriaux fit la commission vi acheta à Fribourg un bouc avec sa mère. Celle-ci mit bas deux chevreaux en route, et il fallut les placer dans une petite voiture spéciale accrochée au grand char de la messagerie. Ils arrivèrent cependant tous & bon port, et Duriaux réclama
SOS LE HAMBAU.
pour le voyage, la nourriture et les soins, 379 livres, 14 sous, dont il n'était pas encore payé le 19 décembre*.
Le 11 mai 1786, la reine reçut la visite de son frère Ferdinand, gouverneur de la Lombardie, et de sa femme Marie-Béatrice d^Este, qui voyageaient sious le titre de comte et comtesse de Nellenbourg*. Ce prince avait dû venir, du vivant de Marie- Thérèse, et sa sœur songeait alors à le loger au Petit-Trianon*. Cette fois, il y dîna seulement avec le roi, le 17 mai. Il parut sans doute charmé de cette résidence, car la reine, pour lui en rappeler le souvenir, fit exécuter à son intention par le dessinateur Péchon et le peintre Châtelet des vues de son jardin. Un duplicata en fut envoyé à la princesse des Asturies.
Ces albums ne furent pas les seuls. Nous avons vu qu'en 1779, Marie-Antoinette avait envoyé à Gustave III une collection de dessins du jardin anglais*. Des recueils semblables furent faits eu 1780, 1782, 1783 et 1785, par Châtelet; en 1781 et 1782, par Maréchal et Forget; en 1784, par Fontaine et Baltar, élèves de l'académie d'architecture'. L'inventaire dressé, le 12 août 1792*, dans l'appartement de Bonnefoi, relève « un petit dessin d'une illumination » qui représentait sans doute une fête nocturne à Trianon. La reine commanda à Van Blarenberghe et à d'autres peintres des miniatures représentant sa résidence favorite, pour des dessus de tabatières et de drageoirs'. C'est ainsi que forent peintes les charmantes vues du hameau dont nous donnons plus haut la gravure. La reine avait favorisé son architecte de deux
i. Arch. liai. 0^ 1875.